jeudi 22 août 2019

L'éclosion

J'ai lu L'Éclosion de Claire Huth



4ème de couverture

Enfermée dans son cocon d'habitudes, Virginie ignore tout des changements à l’œuvre dans sa vie. Le papillon sait-il qu'il va éclore ?

C'est l'éternelle histoire de l'Univers qui conspire pour qu'on obtienne exactement ce dont on a besoin.

De bouleversements en prises de conscience, Virginie acceptera-t-elle de quitter sa routine rassurante pour conquérir son ciel ?

Mon avis


Je lis régulièrement des livres de développement personnel, pour puiser des forces ou des ressources afin de mieux vivre mon quotidien. Je n'avais pourtant pas souvent lu un roman de développement personnel, et c'est bien ce qu'est L'Éclosion de Claire Huth.

On y suit une femme qui pense avoir fait son trou dans sa vie : elle a son logement, son travail... Elle pourrait s'en satisfaire. Mais, peu à peu, parfois malgré elle, des changements prennent place dans son quotidien. Elle va pleinement se rendre compte qu'il peut être meilleur que ce qu'elle vit. Et qu'elle a droit, elle aussi, à attendre plus de sa vie.

J'ai beaucoup aimé l'institut dans lequel Virginie va se retrouver à postuler. Qu'est-ce qu'il doit être plaisant de travailler dans une entreprise qui vise non seulement à fournir un cadre de travail réellement adapté à ses salariés, mais qui œuvre également pour le bien de l'humanité ? (ils peuvent m'engager quand ils le veulent).
J'ai beaucoup apprécié aussi toutes les petites pistes de progression qui sont fournies tout au long de l'ouvrage, comme des amorces pour susciter notre curiosité, nous donner envie d'essayer à notre tour certaines pratiques, sans pour autant nous forcer la main ou nous asséner trop d'informations dessus. Le tout se mêle avec une belle harmonie dans le roman, et ce n'a pas dû être facile à réaliser pour l'autrice, alors, bravo !

C'est un ouvrage apaisant, parce qu'il n'est pas moralisateur, ni excessivement optimiste. Il donne envie d'être plus attentif autant à soi qu'à ce qui nous entoure, sans nous faire la leçon. Et, surtout, de cette manière, il nous donne à croire que cela est possible !
D'ailleurs, depuis, j'ai acheté moi aussi une orchidée, comme la protagoniste du roman, et j'espère bien qu'elle va survivre (pour une fois... j'ai une triste expérience avec les plantes vertes d'intérieur) !

mardi 20 août 2019

Les larmes des Aelwynns

J'ai lu Les Larmes des Aëwynns : le prince déchu de Myriam Caillonneau



4ème de couverture


À la fin de l’ère du chaos, les Aëlwynns ont offert aux hommes une pierre permettant de contrôler la magie et depuis, la paix règne sur le royaume d’Ysaldin. Alors que ce fragile équilibre est menacé par la malnoire, le roi accuse les mages de faciliter la propagation de cette maladie mystérieuse et les déclare hors la loi.
Ignorant tout du danger qui guette ses semblables, Adriel se prépare à devenir mage à part entière, conscient que cette épreuve peut lui coûter la vie.
Au nord du royaume, le mercenaire Kenan est pris pour cible par de mystérieux mages noirs.
Au même moment, dans une vallée isolée, Elyne découvre que son fils est atteint de la malnoire. Osera-t-elle braver le décret royal pour le sauver ?
Et si le sort du royaume dépendait des décisions de ces trois personnes aux objectifs si différents ?

Mon avis


Fut un temps, j'ai lu beaucoup de Fantasy. Beaucoup, beaucoup de Fantasy. Tellement que j'en ai fait une overdose, et que je ne pouvais plus en lire sans me dire "ah non, encore des mages et des apprentis, des gens qui doivent renverser le trône, au secours". Depuis, je m'y suis remise, mais à dose homéopathique : je choisis mes lectures avec beaucoup de précaution. Et si j'ai l'impression que cela va trop être un scénario et des personnages déjà lus 100 fois, je repose immédiatement l'ouvrage.

Je vous rassure tout de suite : ce n'est pas le cas avec Les Larmes des Aëlwynns (un mot tellement facile à dire et à écrire, n'est-ce pas ?). Alors, oui, on a bien un jeune mage qui n'a pas achevé sa formation (mais qui est quand même loin d'être débutant) et un guerrier plus fort que fort. Avec un méchant vraiment très méchant (pour le moment, je ne lui ai pas encore trouvé d'excuse... mais je continue à chercher). Mais on a surtout aussi Elyne, qui se retrouve piégée dans cette aventure parce qu'elle veut juste protéger son fils. Et avoir une mère de famille comme héroïne d'un roman de Fantasy, déjà, ça me plaît !

Les trois personnages sont d'abord séparés, ils suivent chacun leur voie. Il arrivera bien sûr un moment où ils seront regroupés (on n'attend que ça... en sachant pertinemment que ce ne sera toujours que le début des ennuis pour eux). Mais cette première partie laisse le temps à chacun d'entre eux d'exprimer sa personnalité, et à nous d'apprendre à les connaître, ce qui est plutôt agréable. J'ai mes préférés dans les personnages (je me demande lequel sera le vôtre), mais j'ai apprécié de cheminer avec chacun d'eux, en me demandant comment ils allaient se sortir du sac d'embrouilles dans lequel ils étaient.
Ajoutez-y des pouvoirs un peu extraterrestres, des portails dimensionnels (oui, j'ai pensé à Stargate, j'avoue), des rebondissements que vous ne verrez pas tous venir (certains épisodes de la fin m'ont fait hurler) et vous avez là une belle aventure à découvrir.

En plus, la suite vient tout juste de sortir !

samedi 17 août 2019

Trinkets

J'ai lu Trinkets de Kirsten Smith



4ème de couverture

On peut tout voler... sauf l'amitié. 

Vous connaissiez les Alcooliques Anonymes, sachez que les Voleurs à l'étalage Anonymes existent aussi : c'est là que MoeElodie et Tabitha se sont rencontrées. Car elles ont beau aller au même lycée, ce n'est pas pour autant qu'elles se fréquentent.
Tabitha est la reine de sa promo, à la fois crainte et vénérée. Moe, quant à elle, traîne avec les fumeurs de joints, tandis qu'Elodie fait partie de ces invisibles qui n'appartiennent à aucun groupe.Par-delà les préjugés et les apparences, le vol à l'étalage va les rapprocher et, qui sait, peut-être les faire changer ?
Le roman à l'origine de la série Netflix. 


Mon avis


La couverture et le résumé de ce livre m'ont intriguée. Et j'ai donc plongé tête baissée dans ce roman très facile à lire. Les chapitres alternent les points de vue des trois personnages, qui sont a priori très différents les uns des autres. Nous avons une petite fille riche et trop gâtée, une fille dont la mère est morte et qui ne pardonne pas tout à fait à son père de lui avoir trouvé une belle-mère, et une troisième fille qui joue la rebelle, mais dont l'on sent très vite que c'est plus une posture qu'une véritable envie.

Le seul point commun entre ces trois filles : elles suivent un programme obligatoire de désintoxication pour les kleptomanes. Et, en rébellion contre ces adultes, contre ce monde qui ne fait pas vraiment sens pour elles, elles vont continuer à voler, se lançant des défis, et se rapprochant peu à peu.

Au fur et à mesure, elles vont apprendre à voir au-delà de l'étiquette que les autres leur accolent. Et, mieux encore, elles vont se débarrasser elles-mêmes de ces étiquettes. Et ça, c'est plutôt bien mené.

Alors, oui, le roman se lit très vite, il n'y a pas de temps mort, il est facile d'avancer dedans et il ne demandera pas trop de réflexion. Mais il fera passer un bon moment, ses personnages sont crédibles, et c'est déjà pas mal pour un week-end pluvieux avant la rentrée, non ?

Et comme c'est aussi une série adaptée par Netflix (un jour je l'aurai), voici la bande annonce juste pour vos beaux yeux

Bienvenue à Korototoka

J'ai lu Bienvenue à Korototoka de Anne Ostby



4ème de couverture


Sina, Maya, Ingrid et Lisbeth reçoivent un jour une lettre qui vient chambouler leur vie monotone. Elle leur a été adressée par Kat – Kat l'aventurière –, une vieille amie de lycée qui n'a eu de cesse de voyager, une fois son diplôme en poche : " Viens ici ! Laisse derrière toi tout ce qui n'a pas marché. " Et les voici prêtes à tenter le coup. Après tout, à l'approche de la retraite, pourquoi ne pas tout plaquer pour aller vivre dans une plantation de cacao aux îles Fidji ? À nouveau réunies à l'autre bout du monde, au milieu de l'océan Pacifique, les cinq amies vont se lancer dans la fabrication de chocolat. Bienvenue à Korototoka, où il n'est jamais trop tard pour réaliser ses rêves.

Mon avis


Dès le départ, ce qui m'a intéressé dans ce titre, c'est l'aspect "allons vivre l'aventure au bout du monde entre copines". Très vite, dès les premières pages, je me suis rendu compte qu'un autre détail allait être à prendre en compte : les copines en question ont dépassé l'âge de la retraite. Ce type de personnages reste rarement représenté dans la littérature, et j'avoue que c'était assez rafraîchissant de suivre l'histoire de cette bande de femmes, qui ont vécu, qui ont des rides et des rhumatismes, mais qui sont encore capables de s'enthousiasmer pour vivre et faire de nouvelles choses.

On découvre donc ces quatre femmes venues des pays froids, en train de s'installer sur une île ensoleillée près de leur ancienne amie de lycée. Elles vont réapprendre à cohabiter, se faire à de nouvelles cultures, faire le bilan de leur vie et démarrer une nouvelle entreprise. Tout ça en l'espace de quelques mois à peine. Le temps passe très vite, les chapitres nous font passer d'un personnage à l'autre pour nous offrir tous leurs points de vue, les secrets de chacune se révèlent au fil des pages... On se rend compte que vivre ailleurs est un beau rêve, mais qui comporte aussi sa part de difficultés. Qu'il faut être en paix avec soi-même pour se reconstruire ailleurs, et qu'il n'est jamais trop tard pour le faire.

J'ai bien aimé l'aspect un peu dépaysant de l'ouvrage. L'écriture, à la manière nordique, garde une certaine distance avec les émotions des personnages, mais cela ne nous empêche pas de les comprendre. L'ouvrage donne même la parole à une native de l'île, ce qui nous permet de prendre un peu de distance, de voir la vie de ces femmes comme les autochtones les perçoivent, et c'est un procédé très intéressant.

bref, c'est un joli voyage, avec des personnages que l'on voit trop peu en littérature !

mercredi 17 juillet 2019

Underlondon


J'ai lu Underlondon de Simon Lelic




4ème de couverture


Personne ne sait qu’elle existe.
Mais, si tu es paumé,
si tu n’as nulle part où aller,
la Tanière saura te trouver.
 
Cachette. Quartier général. Société secrète.
Appelle-la comme tu voudras.
Pour nous, les ados d’Underlondon,
c’est un peu tout à la fois.
 
C’est notre foyer. Notre secret. Nos règles.


Tu nous rejoins  ? 

------- 
 
En une nuit, la vie d’Oliver bascule.
Il doit fuir son foyer, traqué par les assassins de sa tutrice.
Heureusement, un certain Dodge le sauve  in extremis
 
Guidé par le jeune homme à travers les sous-sols de Londres,
Oliver découvre la Tanière, un abri où des ados ont créé leur propre univers.
Malheureusement, ce n’est pas la paix qui l’attend là-bas, mais la guerre.
 
Danny, le leader d’une bande rivale,
accuse les membres de la Tanière d’avoir enlevé son fils.
24 heures. Et pas une seconde de plus.
C’est le temps qu’ils ont pour le retrouver. Sinon, l’un des leurs mourra…

Mon avis :


Un monde souterrain, des enfants livrés à eux-mêmes... Voilà déjà de bons ingrédients pour commencer une histoire. Dans celle-ci, nous suivons Oliver. Oliver a 13 ans, ses parents sont morts dans un attentat, il est élevé par une policière qui est kidnappée, puis assassinée à deux pas de lui. 
Sauvé in extremis par un gamin des rues, il découvre un univers parallèle, sous Londres, avec des gangs qui s'entredéchirent et une bande de gamins qui tente de survivre et de s'éduquer, abandonnés par les adultes.
Le mode de vie décrit dans la Tanière est un peu utopique, et le personnage d'Oliver sonne parfois bien enfantin pour ses 13 ans, mais la tension est présente au fil des pages. Il y a de l'action, un peu d'enquête, des traitres à découvrir, un attentat à empêcher... 
Ce livre est une bonne approche des romans d'aventure et d'espionnage, pour des jeunes lecteurs. La méchante est certes un peu caricaturale, mais l'ensemble se lit très bien, sans temps mort. Il est impossible de s'ennuyer en le parcourant, et on s'amusera à chercher, comme Oliver, qui est le traitre et comment sauver Londres. 

Il faut noter que c'est un tome 1, ce que j'ai complètement occulté en lisant le livre. Ce qui laisse prévoir d'autres aventures d'Oliver, et une reconstruction de son monde, même si cet ouvrage se suffit déjà presque à lui-même. 

Si seulement Lucie

J'ai lu Si seulement Lucie de Vincent Egel



4ème de couverture

Depuis l'enfance, Lucie porte un secret. Sa tête est pleine de "si" qui l'empêchent parfois de faire des choix. Lorsqu'elle rencontre Jim, elle voit en lui une sorte d'extraterrestre. Elle le déteste tout de suite car elle sait qu'elle pourrait tomber amoureuse de lui.
Jim vit dans ses rêveries. Il s'intéresse à des sujets qui n'intéressent personne et vice-versa. Lorsqu'il croise le regard de Lucie, il sait qu'elle est différente des autres filles. Il sait aussi, à ce moment-là, que sa vie va changer.

Mon avis :


Ce livre m'a accroché dès les premières lignes. Par la qualité de son écriture, d'abord, qui m'a plongée droit dans le cœur des deux personnages principaux. Par les thématiques abordées, ensuite.
Au fil des pages et des chapitres qui alternent, on suit Jim, un garçon attentif et un peu distant, et Lucie, qui vient d'emmenager dans son immeuble.
Lucie est prise au piège d'un lourd secret qu'elle porte en elle, qui l'empêche de profiter de la vie. Elle se sent responsable des disputes incessantes de ses parents, incapables de s'aimer comme de l'aimer, et elle est persuadée qu'elle porte malheur. Elle cherche sans cesse autour d'elle les signes qui lui confirment.
Jim aura fort à faire pour l'apprivoiser, pour percer les barricades qu'elle élève autour d'elle.
Une grande partie de l'intérêt du livre repose dans les non-dits, dans ce secret qui pèse sur Lucie. Mais l'écriture, à fleur de peau et d'émotions, porte véritablement ce récit.
J'ai été triste de devoir laisser les personnages à la fin de ce court roman, après une fin qui m'a semblé abrupte, trop courte. Mais j'ai été heureuse de faire ce petit bout de chemin avec eux.

the perfect date

J'ai lu The Perfect date de Steve Bloom



4ème de couverture

BROOKS RATTIGAN NE LE FAISAIT PAS POUR L’ARGENT.
DU MOINS, PAS DANS UN PREMIER TEMPS.
 
Lorsque Brooks s’était porté volontaire pour escorter la cousine de Burdette à la fête des anciens, c’était avec les plus nobles intentions – venir en aide à un ami, sans compensation. Mais lorsqu’il reçoit un pourboire de 300 $, la rumeur se répand rapidement parmi les familles fortunées des alentours. Brooks y voit l’opportunité de gagner de l’argent. Il propose ses services impeccables d’escorte à des parents poules reconnaissants et très riches qui souhaitent que leurs filles vivent cette expérience «  une fois dans leur vie  » pour leur dernière année.
 
En plus, Brooks peut utiliser cet argent. Il a besoin d’un tuteur pour améliorer ses notes en vue du baccalauréat. Ainsi, il espère intégrer l’université de Columbia, sa seule chance de quitter sa ville ouvrière et de gravir l’échelle du succès comme il le désire si ardemment. Alors, même si le chemin qu’il emprunte le mène à rencontrer quelques petites déceptions et à enfreindre quelques principes moraux, où est le mal  ?
 
Malheureusement, Brooks n’avait pas prévu la démente Célia Lieberman…
 
Ou la charmante Shelby Pace.


Mon avis


Je m'attendais à une histoire plaisante et facile à lire en optant pour cet ouvrage. Avec un peu de romantisme dedans, pour tout dire.
J'ai été rapidement surprise par le ton du narrateur : la langue est très orale, très légère, cela ne fait pas du tout littéraire. Ce qui pourrait être un argument positif mais je dois dire que la personnalité du narrateur, profondément égoïste, ressortait encore plus fort par ce choix, et que j'ai donc eu beaucoup de mal à m'attacher à lui.
Il est totalement aveugle à tout ce qui n'est pas lui, néglige ses amis, voit le monde changer tout en restant focalisé sur ses propres problématiques... Bref, il était agaçant, et le type de narration choisi ne faisait rien pour arranger cette impression.
Les scènes se succèdent, sans surprises majeures. On voit très vite où toute l'histoire va nous mener et, malgré tout, certaines scènes ou changements dans les relations semblent un peu trop rapides. Il n'y avait en fait pas d'évolution dans les ressentis du personnage principal, il passait d'un état à l'autre très rapidement, y perdant en crédibilité.
Bref, ce livre est une déception pour moi, alors que l'histoire, pourtant, reste relativement intéressante. D'ailleurs, il a été adapté en film sur Netflix et la bande-annonce est déjà plus dynamique (avec plein de changements par rapport au livre, évidemment...)



lundi 8 juillet 2019

Fanny Cloutier, tome 1 : L'année où j'ai failli rater ma vie

J'ai lu Fanny Cloutier, tome 1 : L'année où j'ai failli rater ma vie de Stéphanie Lapointe




4ème de couverture


J'ai souvent entendu dire que la chose la plus difficile dans la vie c'est de commencer quelque chose. Alors 3-2-1: GO! Je m'appelle Fanny Cloutier, j'ai quatorze ans, presque quinze. Les deux choses que je sais faire le mieux dans la vie, c'est dessiner dans mon journal intime ou bien subir les décisions excentriques de mon père. D'ailleurs, il doit bientôt se rendre à l'étranger pour tenter de développer une invention personnelle. Et moi, je vais devoir aller chez ma tante, Lorette. Comment je vais faire pour m'intégrer à cette famille et à une nouvelle école ? Aucune idée !

Mon avis


J'avoue que j'ai un coup de cœur pour le Canada, alors dès que je peux lire un livre qui se passe dans ce coin du monde, je pars toujours avec un a priori positif. Et je n'ai pas été déçue par cette histoire farfelue et tendre à la fois.
Fanny a du caractère, c'est une adolescente qui n'a pas envie de s'en laisser conter. Elle vit seule avec son père depuis le décès de sa mère, alors qu'elle était encore toute petite. Ils sont proches l'un de l'autre, même s'il est très distrait. Alors quand il lui annonce qu'il va partir au Japon mais que, elle, elle va rester au Canada et aller passer l'année scolaire chez une tante dont elle n'a jamais entendu parler, elle n'est pas du tout ravie.
Je n'ai pas eu trop de pitié pour ce père qui envoie sa fille, en bus, dans un endroit où elle n'a jamais mis les pieds, avant de s'envoler pour plusieurs mois. Mais par contre, j'ai savouré les aventures de cette ado qui va en profiter pour déterrer quelques secrets de famille. Et aussi pour se rendre compte que les jugements que les ados portent les uns sur les autres sont souvent bien à côté de la plaque !

Le livre se lit très vite, aidé en cela par une mise en page très colorée et dynamique. Il y a des dessins, des gribouillis, des feuilles à déplier... Chapeau bas aux personnes qui ont conçu la maquette, et à l'éditeur qui a suivi. Ca fait du bien de voir des livres qui sortent de la présentation ordinaire.

Le roman est riche en aventures et en rebondissements, il y a un vrai mystère dans le passé de Fanny et j'ai mené l'enquête avec elle, sans jamais deviner où elle allait nous emmener.
C'est une lecture plaisante (d'autant que d'autres tomes et d'autres dépaysements, peut-être, sont encore à découvrir !)

jeudi 20 juin 2019

L'arrache-mots


J'ai lu L'arrache-mots de Judith Bouilloc


4ème de couverture


«  La phrase s’écoula de ses lèvres lentement, intelligiblement. Les enfants retinrent leur souffle. Au cœur de la bibliothèque de Pergame, la magie opéra encore une fois. Les caractères se décollèrent de la page en tremblotant, ils virevoltèrent sous le nez de la jeune femme avant de dessiner quatre silhouettes distinctes. Les gamins pouvaient reconnaître le marchand d’habits accoutré d’un magnifique pourpoint, et ses trois filles, dont l’une était vêtue avec moins de fanfreluches que les autres... c’était la Belle.  »

La jeune Iliade a un don merveilleux  : le pouvoir de donner vie aux mots et aux histoires. Ce don fait d’elle la bibliothécaire la plus célèbre de tout le royaume d’Esmérie.
Le matin où elle reçoit une demande en mariage presque anonyme, elle n’est sûre que d’une chose : son prétendant est un membre de la famille royale  !
Bien décidée à comprendre qui s’intéresse à elle et surtout, pourquoi cette personne lui propose un contrat de mariage si avantageux, Iliade se rend dans la capitale. Là-bas, elle découvre les fastes de la cour… et la froideur de son fiancé. Pourtant, elle finit par s’attacher et à lui et se retrouve, bien malgré elle, propulsée au cœur d’intrigues et de complots auxquels rien ne la préparait.



Mon avis


La première chose qui m'a très rapidement frappée quand j'ai lu ce roman, c'est quand est typiquement dans l'esprit de la Passe-Miroir de Christelle Dabos (mais avec un positionnement un peu plus jeunesse). Si vous avez lu ce dernier, vous retrouverez le même type d'environnement et d'interactions. 
La deuxième chose, ce sont tous les auteurs français (et leurs œuvres) cités au fil des pages. Ce qu'on ne voit pas si souvent en fantasy. 
La troisième, c'est que ce roman est une pure déclaration d'amour aux livres et à la lecture. Le principal rêve de l'héroïne, c'est de rentrer dans la plus grande bibliothèque du royaume. 

Ensuite, même si le parallèle avec La Passe-Miroir m'a parfois un peu gâché ma lecture, le scénario reste bien construit, avec des rebondissements auxquels je me suis laissée prendre. J'ai pris du plaisir en le parcourant. 
Mais...
Mais je l'ai parfois un peu trouvé faible dans la construction de l'univers ou dans certaines réactions des personnages. J'aurais aimé, je crois, que ce soit un peu plus creusé, un peu plus fouillé. Il m'a juste manqué cela pour être véritablement emportée par ma lecture...

Un petit grain de sable

J'ai lu Un petit grain de sable de Petra Hülsmann.



4ème de couverture :


Sans être maniaque, Isa, 27 ans, a une vie bien réglée. Voilà onze ans qu’elle travaille chez la même fleuriste, déjeune chaque midi dans le même restaurant vietnamien et regarde chaque soir un épisode de son feuilleton préféré.
Mais un petit grain de sable vient enrayer la belle mécanique... M. Lee a fermé boutique et le resto bobo branchouille qui a ouvert à la place ne sert pas de soupes de nouilles !
Le premier réflexe d’Isa est de prendre en grippe son nouveau voisin. Quel type prétentieux, ce Jens, et arrogant ! Mais n’est-il pas aussi terriblement séduisant ? Et célibataire...

Mon avis :


Je ne suis pas une grande experte de la littérature allemande, mais je commence de plus en plus à apprécier les auteurs et autrices de nos voisins.
Il y a beaucoup d'humour dans le personnage de cette fleuriste psycho-rigide qui veut que rien ne change dans sa vie. Elle a un planning bien établi (tel jour, c'est la lessive, tel jour la visite au cimetière... et surtout sa soupe de nouilles chinoises tous les midis). Quand son restaurateur préféré ferme et qu'un nouveau chef qui aime les expérimentations culinaires prend sa place, Isabelle est désespérée.
Mais quand elle est désespérée, elle n'est pas du genre à se laisser faire. Ça non : Isabelle va dire ses quatre vérités à ce cuistot qui refuse de lui préparer une soupe toute simple ! Quitte à se heurter de front à un homme un peu bourru qui n'a pas non plus pour habitude de céder facilement.
Dans ce maelstrom, il y a aussi son conseiller financier auquel elle voudrait bien faire les yeux doux, ses meilleurs amis qui ont décidé de quitter la ville et de l'abandonner pour aller vivre à la campagne et son feuilleton préféré qui est annulé.
J'ai beaucoup aimé Isabelle, sa naïveté, sa candeur, sa détermination aussi. De même que les personnages qui gravitent autour d'elle. Les événements s'enchaînent, on s'attache de plus en plus aux personnages, on a parfois envie de les pousser dans une certaine direction (bon, c'est une romance, c'est le jeu, non, de former ses paires de couples ?)... toujours avec cette touche de légèreté et de fraîcheur qui fait du bien.
Une lecture que je vous conseille pour l'été (oui, le dépaysement, c'est aussi juste de l'autre côté du Rhin).

mardi 4 juin 2019

La vie rêvée de Chloé Chevalier

J'ai lu La vie rêvée de Chloé Chevalier de Céline De Rosa



4ème de couverture :

Chloé a dix ans et vit à Paris avec ses parents et son jeune frère Ethan, de deux ans son cadet. C'est une préadolescente bien en avance sur son âge, une solitaire férue de civilisations anciennes et de lecture qui, dès que l'occasion se présente, s'isole dans sa chambre.
Des amis, elle n'en a pas. Des amis, elle n'en veut pas vraiment. 
À son âge, elle est déjà consciente que le monde n'est pas si beau... 
Ses parents décident de quitter le douillet seizième arrondissement de la capitale et leurs professions plus qu'enviables pour vivre une belle expérience en Australie. Leur façon de voir la vie va changer. Du tout au tout. Mais ce n'est que le début d'une longue série d'histoires extraordinaires. 
Un livre pour se distraire, voyager et apprendre... des tas de choses !!! 
Pour les curieux... petits et moins petits !

Mon avis :


J'avais beaucoup d'attente pour ce roman. Des voyages, de la découverte, du dépaysement, les difficultés d'adaptation à l'idée de partir ailleurs... Il y a certes un peu de tout cela, mais j'ai pourtant été globalement déçue.
Le ton est vraiment celui d'un roman jeunesse, mais avec des lourdeurs et des répétitions qui prennent un peu, à mon sens, les jeunes lecteurs pour beaucoup plus distraits qu'ils ne le sont. Le roman est présenté comme un journal intime, mais adressé aux lecteurs, et la narratrice, régulièrement, rappelle ce qu'elle a déjà dit plus tôt, au cas où, elle le précise, on aurait oublié. Ce que j'ai trouvé un peu maladroit, pour ma part, et ampoulé.
Ce personnage était pourtant intéressant, cette jeune demoiselle de 10 ans, en avance pour son âge, curieuse, monomaniaque, qui a du mal avec les interactions sociales (limite Asperger, je pense). Son regard sur ce voyage pourrait être passionnant. Sa candeur, par moments, est véritablement touchante. Mais l'autrice ne parvient pas à maintenir ce ton, et oscille entre un faux ton d'adulte qui veut se faire passer pour un enfant et celui qui est la vraie voix de son héroïne.
En ce qui concerne l'aspect voyage, il reste survolé. On découvre un peu la culture de l'Australie, mais c'est donné par moments d'une façon un peu encyclopédique, comme si tout d'un coup l'autrice se rappelait que ce livre était là pour nous apprendre des choses. Et comme il ne se passe pas de nombreux événements à part ce voyage, le roman est un peu plat.
C'est dommage, parce qu'il y avait de vraies bonnes idées, et que le thème est génial. Mais ces maladresses font que j'ai décroché très vite du récit, et que je ne lirai sans doute pas la suite, alors même que j'adore l'idée de ces voyages en famille...

jeudi 30 mai 2019

La librairie des rêves suspendus


Grâce à Netgalley, j'ai pu lire en avant-première La librairie des rêves suspendus de Emily Blaine


4ème de couverture


Sarah, libraire dans un petit village de Charente, peine à joindre les deux bouts. Entre la plomberie capricieuse de l’immeuble, les murs décrépis et son incapacité notoire à résister à l’envie d’acheter tous les livres d’occasion qui lui tombent sous la main, ses finances sont au plus mal. Alors, quand un ami lui propose un arrangement pour le moins surprenant mais très rémunérateur, elle hésite à peine avant d’accepter. C’est entendu  : elle hébergera Maxime Maréchal, acteur aussi célèbre pour ses rôles de  bad boy  que pour ses incartades avec la justice, afin qu’il effectue en toute discrétion ses travaux d’intérêt général dans la librairie. Si l’acteur peut survivre à un exil en province et des missions de bricolage, elle devrait être capable d’accueillir un être vivant dans son monde d’encre et de papier… 

Mon avis


Je ne lis pas très souvent de la romance. Mais comment voulez-vous résister quand on vous allèche avec une romance qui met en scène une amoureuse des livres ? Sarah ne vit que pour les livres, par les livres... Elle n'est pas du tout prête à faire entrer Maxime dans sa vie, cet acteur écorché vif qui parle avec ses poings. Et lui n'a pas plus envie de se retrouver dans le giron de cette libraire effarouchée par son ombre.
Pourtant, ils vont être forcés de cohabiter.
On a là les principaux ingrédients d'une romance, les personnages sont en place, ouvrez le rideau...
J'avoue que j'ai pris du plaisir à côtoyer ces personnages. Ils sont attachants, avec leurs failles, les moments, surtout, où ils arrivent à se dépasser eux-mêmes. 
J'ai un peu regretté certaines facilités dans le roman, un manque de suspense (un fleuriste faisait battre le cœur de notre libraire, l'acteur se méfie de lui, sans expliquer pourquoi... j'aurais voulu que cela aille un peu plus loin). 
Certains épisodes m'ont fait lever les yeux au ciel et pourtant j'ai continué ma lecture, et si je l'ai continué, c'est parce que je l'ai appréciée. Parce que, oui, on s'attache à ces deux héros, même si le scénario est parfois un peu convenu. Et on se demande même (tout en sachant que, forcément, ça finira bien puisque c'est une romance) comment ils vont réussir à vivre quelque chose ensemble. Là encore, la solution choisie par l'autrice n'est pas forcément celle que j'aurais préconisée. Mais je suis un peu comme ça : j'aime la romance, parfois, et aussi parce qu'elle ne ressemble pas à ce qu'on ferait dans la vie. Lire pour rêver, c'est bien aussi, non ? 

L'asperge

J'ai lu L'asperge de Sarah Morant


4ème de couverture

Tiens la porte pour la personne qui se trouve derrière toi. Dis bonjour d'un signe de tête à tes professeurs. Souris si tu croises le regard de quelqu'un.
J'ai toujours eu besoin de Post-it pour savoir comment réagir. Ne pas être trop froide. Ne pas parler trop fort. Rire au bon moment. Quand on n'a pas les codes, le monde est très compliqué à comprendre. Et quand on ne comprend pas le monde, comment peut-on se comprendre soi-même ? Peut-être qu'un jour je trouverai quelqu'un ne cherchera pas à me rendre "normale". Quelqu'un avec qui je n'aurai pas besoin de ces fichus Post-it. Cela dit, peut-être que je le connais déjà…

Mon avis :

Quand j'étais adolescente, j'ai dit pendant des années que je voulais travailler avec des enfants autistes. C'était l'époque où on lisait Torey L Hayden et où je m'émouvais pour tous ces enfants en souffrance.
Puis j'ai grandi, je me suis sentie moins capable de m'en occuper, et j'ai fait autre chose. J'avais l'impression de ne pas être à la hauteur pour les aider, ce qui ne m'a pas empêché de garder un intérêt pour ces parcours atypiques (mais quel parcours l'est).
J'apprécie donc beaucoup, depuis quelque temps, de voir apparaître sur les rayons des livres qui mettent en avant des personnages autistes. Ou Asperger, qui est l'une des formes de l'autisme, comme dans le livre de Sarah Morant.
C'est une très belle histoire, accessible à tous, qui donne envie d'arrêter de mettre de côté quelqu'un juste parce qu'il ne ressemble pas à ce qu'on connaît. Je me suis attachée à ces personnages, j'avais envie de les protéger, de les aider à grandir... et ils se débrouillaient très bien tout seuls. Ou, plutôt, Sarah Morant les aidait à se débrouiller.
Je trouve que les différences de son personnage sont très bien montrées, avec beaucoup de délicatesse, et ce n'est pas facile à faire, donc j'applaudis des deux mains.
Il voulait que sa jumelle comprenne à quel point tout le monde était différent. C'était le plus beau cadeau de la génétique, et le plus enrichissant aussi.

L'histoire est bien construite et malgré quelques ellipses qui m'ont parfois gênée (mais c'est vrai parce que je suis difficile), elle se suit sans encombre.
C'est à la fois une romance et une histoire d'acceptation de l'autre (je n'aime pas le mot "tolérance" qui limite trop à mon sens).
Il voulait regarder sa petite copine et pouvoir dire que ça n'avait pas toujours été facile, mais qu'ils s'étaient choisis. Et qu'ils se choisissaient encore chaque jour qu'ils passaient ensemble.

Bref, je vous la conseille pour un moment de douceur et de tendresse.

Elevation

J'ai lu Elevation de Stephen King



4ème de couverture

Dans la petite ville de Castle Rock, les rumeurs circulent vite. Trop vite.
C’est pourquoi Scott Carey ne veut confier son secret à nul autre que son ami le docteur Bob Ellis. Car avec ou sans vêtements, sa balance affiche la même chose, et chaque jour son poids diminue invariablement. Que se passera-t-il quand il ne pèsera plus rien ?
Scott doit également faire face à un autre problème : les chiens de ses nouvelles voisines ont décidé que sa pelouse était le lieu idéal pour faire leurs besoins. Entre le couple et Scott, la guerre est déclarée. Mais lorsqu’il comprend que le comportement des habitants de Castle Rock, y compris le sien, envers les deux femmes mariées met en péril le restaurant qu’elles ont ouvert en ville, il décide de mettre son « pouvoir » à contribution pour les aider.

Mon avis


Ce n'est plus un secret pour personne que je suis une fan de Stephen King. Une fan plutôt de la première heure : j'ai adoré ces titres d'avant les années 2000, je ne suis pas toujours emballée par les plus récents.
Mais je suis quelqu'un de fidèle, et je ne peux m'empêcher de regarder quand il ressort quelque chose. Et là, cette nouvelle (donc courte) ne pouvait échapper à mon attention.
Stephen King est généralement très douée dans l'écriture de textes brefs.
Ici, dans Elevation, comme c'est l'une de ses spécialités, il fait comme souvent allusion à certains événements ou personnages issus de ses autres textes (vous retrouverez au passage Gwendy et la boîte à boutons).
Cette histoire était bien. C'est du Stephen King, quand même. Les personnages sont (très) bien construits, l'ambiance de cette petite ville est toujours incroyablement juste.
Et pourtant, je n'ai pas réussi à accrocher totalement au thème de l'histoire, à cet homme qui perd de la masse sans explication. Ce qui m'a agacée, parce que ce qu'il vivait était intéressant. Mais je suis encore parfois un peu trop cartésienne et je n'aime pas quand on me dit "c'est comme ça, il n'y a pas de sens, pas d'explication, et puis c'est tout" (cela dit, avec Stephen King, quand il donne une explication, ce n'est pas toujours convaincant non plus, donc c'est peut-être mieux).
Néanmoins, pour le plaisir de retrouver sa plume, lisez-le. Pour la découvrir, il existe d'autres textes qui seront plus efficaces, selon moi.

jeudi 16 mai 2019

Ali

J'ai lu Ali de Shealynn Royan


4ème de couverture

« Jeune fille brune, 1,70 m, aux yeux ambrés (qui prennent la couleur du sang quand elle a faim), âgée de 400 ans et des poussières, aimerait rencontrer âme sœur immortelle pour passer le reste de sa très longue (infinie, en fait) vie en sa compagnie. Pas sérieux, humains et enchanteurs s'abstenir. » Si j'étais parfaitement honnête, je préciserais que je passe mon temps à mentir et à fuir pour tenter d'échapper à l'O.D.E. qui a décrété que je suis un prédateur de trop dans la chaîne alimentaire. Enfin, ce n'est pas comme si j'allais réellement publier cette petite annonce. Je dois me faire une raison, ma vie est tragiquement complexe et ne laisse aucune place à l'amour. En tout cas, j'en étais persuadée, jusqu'à lui... Comment survivre dans ce monde qui nous considère comme des monstres ? Entre la peur et la haine, il n'y a qu'un pas que l'ordre des enchanteurs a franchi depuis des siècles. Ali et ses amis vont s'opposer de toutes leurs forces à cette injustice, car personne ne devrait décider de qui peut vivre et de qui doit mourir.

Mon avis

Je ne lis plus trop d'histoires de vampires. J'ai l'impression que le thème a été surexploité, et j'en suis un peu lassée, pour tout dire (ça m'arrive souvent avec certains thèmes, puis ça me revient). Et pourtant, je me suis laissée emporter par Ali.
Cela ne s'est pas passé tout de suite. Au début, mon esprit un peu trop sarcastique a juste commenté "oh, encore une histoire d'une pauvre vampire qui ne supporte pas ce qu'elle est" (oui, parfois mon esprit n'est pas sympa du tout). Et puis les autres personnages sont entrés en scène, la sensibilité d'Ali a réussi à me toucher... et j'ai trouvé cet Emrys, qui débarquait dans sa vie, assez attirant.
Je crois que ce qui m'a le plus plu dans ce livre, c'est tout l'univers créé autour. Ces enchanteurs qui pourchassent les vampires, que l'on devrait logiquement soutenir et que pourtant on a juste envie de détester. Ces êtres mythologiques qui attendent dans la marge et qui surviendront peut-être dans un prochain roman du cycle (car je me suis laissé dire, dans l'oreillette, qu'il pourrait y avoir une suite à Ali). Ces familles, avec leurs secrets. Cet amour contre lequel il est impossible de lutter (mais, genre, vraiment impossible. Moi qui ne crois pas au coup de foudre, j'ai été servie !)
Bref, vous l'aurez compris, l'autrice a réussi à m'emporter dans son monde. Elle me redonnerait presque envie de relire des histoires de vampire. Elle m'a surtout donné envie de me balader du côté des villes visitées par son personnage et d'avoir des copines aussi sympa que cette dernière.

mercredi 15 mai 2019

Le Pavillon des orphelines

J'ai lu Le Pavillon des orphelines de Joanna Goodmann


4ème de couverture

Dans le Québec rural des années 1950, Maggie, père anglais et mère française, tombe enceinte de son jeune voisin, fermier, qu'elle aime éperdument. Quand ses parents l'apprennent, ils forcent Maggie à abandonner son bébé dès la naissance et à rentrer dans le droit chemin. Élodie grandit à l'orphelinat dans des conditions précaires. Quelques années plus tard, une loi déclare que les orphelinats deviennent administrativement des hôpitaux psychiatriques. La situation empire dramatiquement pour Elodie, déclarée alors, comme des milliers d'autres orphelins québécois, malade mentale... 
De son côté, Maggie s'est mariée à un homme d'affaires impatient de fonder une famille. Malgré tout, elle ne peut oublier Élodie. Mère et fille parviendront-elles à se retrouver ?

Mon avis


La couverture de ce roman m'a interpellée, et puis, très vite, la quatrième de couverture a retenu toute mon attention. Le Québec, une histoire de famille, la situation des orphelins il y a quelques décennies.
Très vite, j'ai accroché au personnage de Maggie, qui ne rêve que de l'approbation de son père mais qui tombe amoureuse d'un garçon que celui-ci méprise. Ce jeune canadien français, issu d'une famille pauvre, ne fait pas le poids par rapport aux ambitions de son anglo de père. Le cœur est pourtant plus puissant... et les parents de Maggie décident de tout faire pour séparer leur fille chérie de celui qui ne peut être qu'une graine de voyou.
Cette histoire d'amour malmenée est l'un des enjeux du roman. Mais le principal, c'est bien celui qui concerne le sort d'Elodie, la fille illégitime de Maggie et de son tourtereau, déposée à l'orphelinat sans autre forme de procès. Les orphelinats sont tenus par des bonnes sœurs, qui n'ont que du mépris pour ces enfants issus du péché (et donc aussi coupables que leurs parents, apparemment). Alors, quand en plus elles ont l'occasion de gagner plus d'argent en transformant les orphelinats en hôpitaux psychiatriques, quitte à faire passer tous ces bambins pour des malades mentaux, ce n'est pas un souci pour elles. Ni pour le gouvernement en place, qui les y encourage.
Le parcours d'Elodie dans ces institutions est glaçant. La quête de sa mère pour la retrouver est poignante.
On n'est pas dans un roman d'action, mais dans une chronique sans fards sur tout une époque. L'aspect humain est au cœur de cette histoire, et c'est bien de cœur qu'il s'agit ici, avec cette mère qui se sent incomplète sans l'enfant qu'elle a été forcée d'abandonner, et qui tente de construire sa vie malgré tout, quitte à sortir du carcan des conventions.
Certains des passages du roman m'ont fait penser au film Philomena


C'est effrayant de voir comment, en jugeant les autres, en restant fermes sur des positions par crainte d'être soi-même jugés, on peut perdre toute humanité. Ce livre, comme ce film, pointe du doigt des drames qui auraient tellement dû être évités...
Cette lecture est émouvante, vous allez vous énerver contre certains personnages en tournant les pages, vous allez souhaiter que tout se termine bien... Les années y passent parfois trop vite, c'est le seul reproche que je ferais à l'ouvrage. Pour le reste, je vous laisse le découvrir.

vendredi 10 mai 2019

Les Filles d'Ennismore

J'ai lu Les Filles d'Ennismore de Patricia Falvey



4ème de couverture

Rosie a huit ans, elle est fille de métayer ; quand elle sera grande, elle servira la famille Ennis, comme sa mère et sa sœur avant elle. Victoria a sept ans, elle est la fille de lord et lady Ennis ; quand elle sera grande, elle quittera le domaine d'Ennismore pour faire un beau mariage.
En attendant, Victoria se sent seule et rêve de partager ses secrets avec la fille du métayer qu'elle a rencontrée dans le parc de la propriété. Et pourquoi pas ? C'est décidé, dès septembre, la petite paysanne partagera les leçons de la demoiselle du château.
Mais, dans une société écrasée sous le poids des conventions et des hiérarchies, est-il bien raisonnable de semer des aspirations égalitaires dans le cœur des jeunes filles ? Car un vent de révolte souffle sur l'Irlande et cette amitié qui éclôt pourrait bien bouleverser leur vie ainsi que celle de leur entourage... Rosie et Victoria trouveront-elles la force de lutter contre la marche de l'Histoire qui menace de les déchirer ?


Mon avis


Si vous avez aimé Downton Abbey, vous devriez tout autant apprécier cet ouvrage. On est à la même époque, au début du siècle dernier, dans une demeure de l'aristocratie anglaise, au cœur de l'Irlande. L'ambiance est la même (il y a jusqu'à la gouvernante revêche qui rêve en secret de la chute de la famille noble).
Et là, nous allons suivre les parcours de Rosie : fille de métayer, elle devient la compagne de jeu de Victoria, la jeune aristocrate de la grande maison, suite à un caprice de cette dernière.
Rosie est méprisée, pile entre deux mondes. Elle goûte au luxe et à la culture sans pouvoir en faire partie. Et, alors que les années passent, elle est parfois déboussolée, en train de chercher sa place alors que tout s'effondre autour d'elle.
Le livre nous fait plus découvrir la vie des pauvres irlandais, coincés dans un monde où ils ne sont rien, où ils n'ont rien. Rosie va connaître tous les aspects de cet univers, au moment où la révolution gronde.
J'ai bien aimé ce voyage dans le temps. Parfois Rosie m'a agacée par ses colères et son intransigeance, ou même par sa naïveté. Mais c'est parce qu'elle est humaine, avant tout, et donc imparfaite. Et, malgré tout, j'avais envie qu'elle s'en sorte, qu'elle finisse par trouver sa voie. Et, évidemment, son grand amour (car il y a peu de romance dans tout cela, ne l'oublions pas).
J'ai frémi avec elle quand l'homme de sa vie a embarqué sur le Titanic (avant elle, même, mais ça elle ne pouvait pas le deviner). J'ai eu peur alors que les combats tuaient des civils autour d'elle. Ou quand la guerre a envoyé ses proches à l'étranger. Ce roman nous plonge en plein dans l'Histoire, la grande, avec ses douleurs et ses pertes, mais aussi avec ses espoirs portés par des gens enthousiasmés par leur cause.
C'est donc un beau voyage temporel, même si je n'ai pas plus que cela accroché au personnage.

mardi 7 mai 2019

La route de Savannah Winds

J'ai lu La Route de Savannah Winds de Tamara McKinley


4ème de couverture

Une terre lointaine aux nombreux secrets...Quand Fleur apprend que son nom est couché sur l'héritage d'une tante qu'elle n'a jamais connue, elle ne peut qu'accueillir la nouvelle avec enthousiasme. En effet, sa relation amoureuse s'effrite et elle est prise dans l'étau d'un grave conflit familial. À la lecture du journal de sa tante, qu'elle croyait disparu depuis de longues années, Fleur embarque pour un voyage à travers le temps, à la découverte du Gulf Country, dans le Nord-Est australien, entre savane et forêt, où se niche le ranch Savanah Winds. Mais ce dont Fleur ne se doute pas, c'est que ce qu'elle pourrait découvrir là-bas aura des répercussions dévastatrices sur sa vie...Des années 1930 à nos jours, ce roman explore les liens familiaux, les rivalités et la force d'un amour qui dure.

Mon avis


Ce que j'aime avec les livres, c'est qu'ils nous font voyager. Dans le temps comme dans l'espace. Ici, c'est en Australie que Tamara McKinley nous entraîne, sur les pas à la fois d'une femme presque de notre époque, mais aussi d'une tante qui a vécu dans les années 30.
Il y a des espaces sauvages, des aborigènes, des secrets familiaux, des aventures... Tout cela vibre entre les pages, des paysages écrasés de soleil se dessinent entre les lignes.
Et il y a aussi de l'amour, parfois maladroit, souvent intense... La relation entre Fleur et son compagnon est très belle. J'ai eu envie qu'ils parviennent à dépasser leurs désaccords, qu'ils trouvent des solutions.
C'est aussi une histoire de mystère. Même si certains se devinent finalement assez vite, par déductions, j'ai quand même eu envie de lire jusqu'aux dernières pages pour confronter l'inventivité de l'auteur à mes intuitions. Le tout est plutôt bien mené, il faut le dire.
Les personnages sont attachants. Y compris les personnages secondaires, ce qui est assez rare pour être souligné. Ils ne sont pas tous d'une importance cruciale pour l'histoire, mais ils font tous avancer le personnage principal. J'aurais presque préféré que l'héroïne soit plus la tante, son passé m'a fascinée, mais le parcours de Fleur est touchant. Plus contemporain, on y retrouve plus notre époque (enfin, avec quelques années de moins malgré tout).
J'avoue pourtant que c'est plus l'aspect dépaysant qui a remporté mon adhésion pour ce titre. Si vous voulez rêver de grands espaces, vous en trouverez ici.

lundi 29 avril 2019

I still see you

J'ai lu I still see you de Daniel Waters


4ème de couverture

Depuis l'Événement, voir les gens qui sont morts fait partie de la vie. Et, au grand dam de Veronica, plutôt que de disparaître, les fantômes semblent gagner en présence... et en puissance.  

Sauf que Veronica en a assez. Avec son  ami Kirk, elle voudrait déterrer les causes de ce phénomène. Mais rien ne l'aurait  préparée au combat qui l'attend. 

Car au lycée, l'un des professeurs de Veronica,  dévasté par le fait que sa défunte fille ne soit pas revenue d'entre les morts, est hanté par une idée fixe : sa fille  attend peut-être un corps tout frais pour se réincarner. Et celui de Veronica semble parfait...


Mon avis :


J'ai bien aimé découvrir cet univers très sombre et plein de mystère à la fois. Les changements de perspective amenés par les différents narrateurs apportent un souffle de fraîcheur à ce qui devient bien plus qu'une histoire de fantômes.

Il y a une tension progressive qui se met en place, à mesure qu'une date cruciale sur le calendrier se rapproche. On voit les liens se créer, et on se sent impuissant, un peu comme l'un des esprits qui s'exprime dans ce titre.

J'aurais bien aimé en savoir plus, comprendre mieux les sources de cet univers. Là, j'ai l'impression d'avoir suivi un épisode d'une série, certes intrigante et qui a maintenu mon intérêt, mais sans avoir obtenu de réponse à mes questions.
Mais ce qui veut dire aussi que je me suis laissée captiver, justement, et que j'ai trouvé ce monde crédible.

Les drames des héros étaient touchants, même si j'ai déploré qu'une certaine distance s'installe et que je ne me sente pas plus attachée à eux, au final. J'avais envie qu'ils gagnent, mais je n'ai eu aucun mal à les laisser partir à la fin du livre.

Le roman traite aussi, en réalité, de la manière dont nous gérons nos deuils et les morts de notre vie. Cet aspect-là est plutôt bien traité, avec différentes manières de vivre les choses.

Bref, un bilan en demi-teinte pour une histoire distrayante et bien menée.

Le livre a été adapté en film, et cette bande annonce vous en dira un peu plus sur l'ambiance du roman (même s'il y a des divergences dans l'histoire)

jeudi 4 avril 2019

La fille de l'eau

Il était temps que je vous parle de La fille de l'eau de Aidan Fox


4ème de couverture

Naëli et Joan se sont lancés dans un défi qui relève de la folie pour leur jeune âge : participer à la Coupe des Sept Principautés, la plus longue et la plus dangereuse jamais inventée. Au cours de leur périple, ils doivent traverser chacune des îles de l'archipel, et conserver un bon classement pour rester en lice. Tout en faisant face à des concurrents peu scrupuleux.Mais ils possèdent un atout caché : le don d'hydromancie de Naëli. Sa maîtrise de l’ancienne magie de l’Eau représente un avantage stratégique certain. Un avantage qui ne lui servira pas que dans le cadre de la compétition. Car un sombre complot se trame dans les coulisses de la Coupe cette année. Des concurrents disparaissent sans laisser de traces, d’autres sont victimes de sinistres attentats.À mesure que la course progresse, le mystère s’épaissit. Et la simple épreuve sportive se transforme en une investigation inquiétante recelant de lourds secrets.

Mon avis


C'est d'abord la couverture qui m'a attirée vers ce livre. Puis son résumé, avec un personnage principal féminin, une course qui semblait déjà semée d'embûches. Ensuite, c'est ma fille qui a voulu le lire, avant moi, et qui m'a dit "il est trop bien, maman, je peux avoir la suite ?". Je me suis dit que je tenais là un ouvrage qu'il fallait absolument découvrir.
Et je n'ai pas regretté de l'avoir fait. Déjà, le personnage principal est touchant. Elle est à la fois très forte et fragile, puissante mais sans croire en elle. Un mystère l'entoure, lié à son don, qui donne envie d'en savoir plus sur elle, sur ses origines, sur son destin...
La course, ensuite, épique à souhait, avec ses découvertes de paysages variés, mais aussi de coutumes et de contrées différentes. C'est à un véritable voyage vers un monde imaginaire que nous convie ce roman. Et c'est là où l'on sent qu'un véritable travail a été effectué sur la construction de ce monde : il y a de la géopolitique dedans, du commerce extérieur, des peuples qui forment une population aux multiples facettes. Ils cohabitent les uns avec les autres, ce qui ne veut pas dire qu'ils s'acceptent toujours vraiment (comme dans notre monde, en fait). Les machinations sourdent en coulisses, le pouvoir est-il dans les bonnes mains ?
Par moments, je l'avoue, ces épisodes plus sérieux m'ont inquiété : j'avais peur qu'ils soient trop nombreux, trop longs, que les explications (nécessaires) sur ce monde ne me fassent sortir du récit. Mais il n'en a rien été, l'auteur retrouve à chaque fois le fil de son histoire, sans jamais s'attarder trop longtemps sur ce qui en constitue la trame.
Il y a de l'action entre les pages et, à chaque fois que je me suis dit "oh, attention, ça risque de devenir répétitif", hop, le rythme repartait dans une nouvelle direction.
Il y a du mystère aussi, avec des manipulations, des personnages qui avancent masqués... Je comprends ma fille :il faudra absolument lire la suite pour en savoir plus !
Puis il y a des personnages bien construits. En dehors de l'héroïne, les personnages secondaires ont une véritable épaisseur. Je me suis attachée à certains d'entre eux, je les visualise, j'ai envie de plus les suivre, de connaître leur histoire à eux. Et ça, cela arrive trop rarement dans les romans qui présentent une troupe de personnages.
On a là un roman entre la fantasy et le steampunk, un mélange étrange mais réussi, qui vous fera plonger dans un univers très riche !

Vous pourrez retrouver l'auteur sur Facebook, Twitter ou Instagram...

vendredi 29 mars 2019

Comment larguer un bad boy

J'ai lu Comment larguer un bad Boy de Sereine M



4ème de couverture


Riley a 21 ans, est étudiante en droit et promise à un brillant avenir. Son seul problème, actuellement, c’est son copain : Sledge. Le bad boy par excellence… avec qui elle vit depuis trois ans.
Or, un mauvais garçon, aussi séduisant soit-il, reste un mauvais garçon. L’idée selon laquelle un homme peut changer et devenir le parfait petit copain est un mythe. Il n’est pas attentionné, fume à l’intérieur, se moque des règles de propreté. Et il vous fait du mal, sans même le savoir.
Riley est donc déterminée à le larguer. Pour cela, elle a un plan infaillible : tout faire pour que lui la quitte. Sauf que les bad boys, en plus de tous leurs défauts, ont une caractéristique que Riley ignorait : ils sont coriaces et… obstinés !


Mon avis


Je n'aime pas critiquer trop férocement des livres. Mais là, vraiment, il y a beaucoup de choses à redire sur ce titre (à tel point que je me demande sincèrement s'il y a eu des corrections éditoriales).

L'histoire pouvait être originale et amusante, cela dit. Enfin un roman qui ne nous montre pas la jeune fille pure et prude qui tombe amoureuse du bad boy et se laisse malmener par lui parce que, vous comprenez, elle l'aime trop (vous me voyez lever les yeux au ciel, là ?)
Non, là, enfin, on a une jeune femme qui décide qu'elle mérite mieux que son bad boy, qui a compris qu'il ne changerait pas. Mais comme elle est encore un peu nunuche, elle ne va pas le quitter elle-même, elle va tout faire pour qu'il saute le pas à sa place.

Et voilà l'héroïne qui multiplie les tentatives (ratées) pour se faire détester de son chéri. Autant vous dire que, très vite, c'est elle qui devient agaçante. Tandis que lui est finalement plutôt attendrissant : quoi qu'elle fasse, il continue à lui trouver des excuses et à l'aimer. Et pour le côté bad boy, on a vu pire. En gros, il laisse traîner ses caleçons sales, il passe du temps avec ses copains, et le pire qu'il fasse, c'est (accrochez-vous) de fumer une cigarette à un moment donné !

Si ce n'était que cela, l'histoire était un peu niaise, un peu répétitive, avec un personnage principal très énervant, mais distrayante. Non, d'autres éléments m'ont un peu trop fait tiquer. Par exemple des soucis de concordances des temps : en décrivant une action, la narratrice intercale parfois un verbe au passé parmi tous ceux au présent. Sans qu'il y ait de raison valable pour cela. Elle traite aussi à plusieurs reprises son copain de nymphomane (le personnage se présente comme faisant des études de droit, plutôt éduquée... donc cette erreur de vocabulaire est choquante).
Quant au style... il comporte tellement de longues phrases sans queue ni tête que cela en devient vraiment épuisant à lire. Il n'y a pas de sens du rythme, le ton est plat et répétitif.
Par ailleurs, l'histoire est censée se passer aux États-Unis, mais est très clairement écrite par une Française (il y a une mentalité qui ne trompe pas, certaines réflexions ou même actes...)
J'avais l'impression de lire une ébauche de roman sur Wattpad (je ne critique pas, il y a de très bonnes choses sur Wattpad. mais pas uniquement). Et, après vérification, ce roman a bien d'abord été commencé sur cette plateforme, par une adolescente de 15 ans.
Donc je peux comprendre que l'histoire ait eu du succès, et que les éditeurs l'aient repéré. Pourquoi pas. Mais un minimum de travail dessus aurait été bienvenu (et je ne peux m'empêcher de penser à des critiques faites à l'auto-édition par rapport à l'édition traditionnelle, qui ont de moins en moins lieu d'être, en fait, comme le prouve ce titre).
Il y a de l'idée dans le titre, je pense que son autrice va certainement encore évoluer dans les années à venir. Sauf que, pour moi, ce roman n'était pas publiable en l'état et je trouve ça vraiment dommage de l'avoir proposé tel quel.

jeudi 28 mars 2019

J'ai lu Le Bruissement du papier et des désirs de Sarah McCoy


4ème de couverture


1837, île du Prince-Édouard, au large du Canada. Marilla Cuthbert, 13 ans, mène une vie tranquille dans le cadre enchanteur de la campagne, avec ses parents et son frère aîné, Matthew. À la mort brutale de sa mère adorée, Marilla se jure de veiller toujours sur son père et son frère.



Cette décision va entraîner sa vie entière. Désormais, elle se consacrera aux autres. Sacrifiant son amour pour John Blythe, elle décide de se battre auprès des plus démunis, les orphelins en particulier. Visionnaire, elle se révolte contre les mœurs de son temps et rejoint les rangs d'anciens esclaves affranchis afin que soit abolie la traite des Noirs. Mais ce combat pour la liberté a un prix : l'hostilité croissante de l'ordre établi. Chaque jour qui passe fait courir à Marilla un danger sans cesse plus grand.


Mon avis


Dès que j'ai vu le résumé de ce roman, j'ai tout de suite voulu le lire. Retrouver Marilla, un personnage de l'un de mes livres préférés, je n'allais pas manquer cette occasion. En plus, cela faisait plusieurs fois déjà que les titres de Sarah McCoy me faisaient de l'œil. J'avais donc toutes les raisons de craquer.

Et nous revoilà aux pignons verts. Les pignons verts avant Anne, bien avant (autant vous le dire tout de suite, j'ai lu toute la série, du premier tome à ceux qui parlent de ses enfants). Ce livre respecte le caractère des personnages tels qu'ils sont décrits, même si on les retrouve beaucoup plus jeunes.
Marilla a 13 ans au début du roman. Elle voudrait partir lire dans les prés, mais elle fait d'abord son travail à la maison. Bref, elle est déjà sérieuse, mais avec une pointe d'allégresse et d'impertinence, qu'elle avait un peu étouffé avec l'âge. Et qui est bien rafraîchissante à lire.
On retrouve aussi Matthew, toujours aussi affectueux, timide et attentionné (il est impossible de ne pas aimer Matthew). Un certain John Blythe, qui fait battre le cœur de Marilla. Et puis Rachel Lynde (oh que c'est amusant de la découvrir petite fille après l'avoir jugée et critiquée quand elle répond à Anne des décennies plus tard).
En ayant aimé les livres d'Anne d'Avonlea, vous serez forcément ravis de redécouvrir ces paysages et ces personnages des années plus tôt.

Mais même sans cela, le roman est intéressant. On y voit la vie au Canada, sur une petite île. Ses déchirements politiques et sociaux (le roman réussit même à parler des esclaves noirs en fuite). La petite et la grande Histoire se mélangent, le tout avec beaucoup d'humanité.
J'ai juste regretté par moments certains passages accélérés du temps, des années qui s'envolent d'un coup, d'un chapitre à l'autre. Mais c'est surtout parce que j'avais envie de passer le plus de temps possible en compagnie de ces personnages.

Ce qui est fou, c'est que, même en connaissant la fin de l'histoire, en sachant quelles romances allaient ou non se conclure, je ne me suis pas ennuyée un seul instant. Et ça, c'est ce que j'appelle du talent.