mardi 19 mai 2020

Avril - Tome 1

J'ai lu Avril, tome 1 de Léa Como




4ème de couverture

Avril est furieuse ! Inscrite par son père dans un internat, Schooltime, perdu au fin fond du Texas, la voilà obligée de quitter sa meilleure amie, son lycée et sa vie bien rangée. Pourtant là-bas, l'accueil qu'on lui réserve ne pourrait être plus chaleureux. Elle attire même l'attention de Jeff, un garçon séduisant qui semble déterminé à se rapprocher d'elle.
Mais sous des apparences tranquilles, Schooltime regorge de secrets. Avril va très vite le découvrir, le danger rôde dans cet internat coupé du reste du monde. Bien décidée à percer le mystère des lieux, Avril se lance dans une enquête qui risque de lui coûter très cher…


Mon avis


Le thème du livre était intéressant : un internat plein de mystère, caché en pleine nature... Malheureusement, j'ai trouvé que le style ne répondait pas au suspense attendu. Pour tout dire, il le surjouait même un petit peu.

tout commence quand Avril, une jeune française, est envoyée dans un pensionnat américain. Son père, du jour au lendemain, part travailler au bout du monde et, plutôt que d'emmener sa fille avec lui, il décide de la mettre en internat. Pourquoi ? C'est une question dont la réponse tarde à venir.
Avril se retrouve donc dans cet internat, où tout le monde parle français. Une chance pour elle (mais alors, pourquoi devoir aller à l'étranger si ce n'est même pas pour apprendre les langues ?).
Elle y rencontre des étudiants venus de plusieurs parties du monde. Elle tombe littéralement dans les bras, dès son premier jour, du séducteur de service.
Bref, ce personnage est vite agaçant. Elle surréagit dès qu'il se passe quelque chose, mais ne se pose pas les bonnes questions. Elle passe son temps à craquer sur mister beau gosse tout en cherchant à le repousser au maximum.
L'intrigue ne tourne pas seulement autour d'eux. On a promis du mystère, et il y en a. Pourquoi tous les étudiants de dernière année disparaissent ainsi définitivement après leurs examens, par exemple. Mais le personnage principal est tellement centré sur ses propres impressions que l'intrigue passe un peu derrière. Et autant vous dire que ces dites impressions sont un peu répétitives.
J'avoue qu'il est très difficile de lire un ouvrage (assez épais, qui plus est) dont le personnage principal est tellement cruche et exaspérant. Quand elle découvre quelque chose, quand elle s'enfuit, elle surjoue tout ce qui se déroule.
Bref, ce n'est pas une réussite pour moi... et je ne lirai pas le tome 2.

mercredi 13 mai 2020

Ma vie sur mars

J'ai lu Ma vie sur Mars de Antoine Brivet et Sylvie Baussier


4ème de couverture

17 septembre 2111 : ça y est, c'est le grand départ. Après des semaines d'entraînement intensif, ma mère et moi partons avec d'autres scientifiques nous installer sur Mars ! Même si je suis habituée aux voyages dans l'espace, là, c'est une autre histoire. Nils, le seul garçon de la mission, n'est pas non plus très rassuré. Et surtout, réussirons-nous à cacher nos petits - enfin, pas si petits ! - secrets ? Parés au décollage... il va y avoir du mouvement pendant le voyage !

Mon avis


Il s'agit là d'un livre jeunesse très rapide et facile à lire pour les jeunes lecteurs. On y suit deux jeunes enfants envoyés en mission sur mars avec leur famille. Sauf que dans leurs valises, ils ont emmené des éléments non autorisés. Alors que le voyage pourrait tourner à la catastrophe, c'est pourtant grâce à l'ingéniosité de ces enfants, et à leurs compagnons surnuméraires, que tout se passe bien.
Les pages se lisent vite, avec de grandes illustrations. Les deux personnages principaux sont un peu interchangeables, mais leur énergie est rafraîchissante.
Et puis, c'est un thème qui n'est pas encore très souvent abordé pour cette tranche d'âge, donc cela rend l'ouvrage encore plus intéressant. D'autant que, tout en restant largement abordable, le livre aborde certains thèmes liés à la spécificité des voyages spatiaux.

2105 Mémoire interdite

J'ai lu 2105 Mémoire interdite de Anouk Filippini


4ème de couverture

« Et si, une fois par an, deux jeunes gens passaient du statut de pauvres humains à celui de Dieux immortels ? Et si, une fois par an, deux Vulnérables, destinés à une vie monotone et brève, rejoignaient le clan de ceux qui possèdent le plus grand des privilèges : le temps ? » En 2105, il n'existe plus que deux classes sociales : les Lastings - des privilégiés qui à l'adolescence reçoivent un sérum leur permettant de vivre 400 ans - et les Vulnérables, les citoyens ordinaires. Une fois par an, un grand concours est organisé pour permettre à de jeunes Vulnérables de recevoir le précieux sérum. Les épreuves portent sur leurs capacités cérébrales. Contre l'avis de sa mère, la jeune Sophia décide de participer, mais elle est bientôt assaillie par des visions troublantes qui semblent surgir d'une époque taboue pour le gouvernement mondial : les années 2000. Pour survivre, Sophia va devoir choisir entre l'oubli et la mémoire. Une dystopie sur le thème de la mémoire et de la manipulation. Une héroïne touchante qui entre en rébellion contre un système oppressant.

Mon avis


 Je suis une grande fan de dystopie. Je ne pouvais donc manquer d'avoir envie de découvrir celle-ci. Le postulat de base était intéressant : entre ces gens qui vivent 400 ans et les autres, moins bien lotis, qui ont une durée de vie normale et qui doivent les servir, vivre dans de moins bonnes conditions...
Plus pour faire plaisir à son amie (qui sera bientôt traitée pour vivre 400 ans) que par désir réel, Sophia s'inscrit au jeu qui permet de bénéficier du traitement prolongateur de vie, offert une fois par an à un jeune normal. 
Et c'est là que tout part en vrille... Sophia développe une maladie étrange et son amie l'entraîne dans la clandestinité pour la soigner.
Sophia est d'abord un personnage très passif. Elle est quand même prête à accepter de vivre 400 ans juste pour ne pas contrarier son amie, alors qu'elle sait qu'elle devra dire adieu à sa mère, qu'elle adore, si elle gagne le jeu. Elle la suit ensuite, presque sans poser de questions, quand son amie lui fait rejoindre un camp de rebelles. Enfin, des rebelles bien passifs, qui ont juste décidé de ne pas accepter le traitement, mais qui ne veule surtout pas faire plus de vague. 
L'importance du jeu, qui ouvre le livre, semble alors toute relative... alors même qu'il est au centre de l'intrigue. Et c'est cette dichotomie entre une pression réelle et une lubie, entre une révolution nécessaire mais que personne ne veut faire, qui m'a surtout gêné dans l'ouvrage. 
Ça, plus une fin qui retombe étrangement à plat. 
C'est dommage, parce que le titre était prometteur, mais je n'ai jamais vraiment réussi à accrocher, faute de trouver un fil conducteur réel qui susciterait la tension.

La grâce du dindon déplumé

J'ai lu La grâce du dindon déplumé par Juliette Rontani



4ème de couverture

Angélique Bouchon porte très mal son prénom. Grincheuse, sarcastique, piquante et solitaire, son bonheur réside au fond d'un paquet de chips barbecue englouti devant une bonne série. Avec sa voix rauque, ses grosses lunettes et sa dose explosive d'auto-dérision, elle ne passe jamais aussi inaperçue qu'elle le voudrait. Elle a une famille foutraque, des amies expansives, des copains pas malins, elle "fréquente" un garçon ténébreux qu'elle aimerait sortir des ténèbres, mais pas totalement non plus. Enfin, elle va vous raconter...

Mon avis


Si j'ai bien aimé le caractère du personnage principal, je suis un peu plus dubitative quant aux aventures et au style de l'autrice. Les pages se suivent très vite, on est dans un langage parlé, censé retranscrire directement les pensées d'une adolescente. Peut-être parce que je n'en suis plus une, j'avais parfois un peu de mal avec le ton qu'elle employait ou ses opinions. 
Certains faits allaient aussi vers l'exagération (notamment concernant la pauvreté de sa famille).
Pour le reste, l'histoire est plaisante à suivre. On se demande comment elle va se sortir de ses amours, qui elle choisira entre les deux garçons qui soudain s'intéressent à elle, si elle arrivera à être  heureuse, mieux dans sa peau.
Mais... J'ai l'impression de ne pas avoir eu de réponse à mes questions principales. La fin retombe un peu comme un soufflé, j'avais cette impression qu'il me manquait quelque chose. 
Je reste donc assez mitigée sur l'impression que m'a laissé cet ouvrage. D'un côté, il présente une verve rafraîchissante. De l'autre, il sent plus le roman Wattpad que l'ouvrage qui mérite d'être remarqué. (et après vérification, c'est le cas, il est bien sorti d'abord sur Wattpad). 
 

La creperie des petits miracles

J'ai lu La Crêperie des petits miracles de Emily Blaine



4ème de couverture

Adèle a tout quitté  : Paris, le grand restaurant dans lequel elle travaillait, la pression constante des cuisines, la misogynie du chef qui la bridait chaque jour un peu plus. Pour échapper au burn out, elle s'est réfugiée chez une amie de sa grand-mère, à Saint-Malo. Dans la crêperie de Joséphine, elle reprend petit à petit ses marques, restant loin des cuisines mais s'occupant du service et des clients. Dans ce cocon gourmand et chaleureux, elle devient celle à qui l’on demande des conseils d’écriture pour un discours municipal, un dossier de candidature ou une lettre de réclamation. Alors, quand la crêperie est menacée de fermeture, Adèle est prête à tout pour empêcher que ce  bastion d'humanité et de bienveillance ne disparaisse. À tout, y compris à convaincre Arnaud Langlois, puissant homme d'affaires fraîchement divorcé, de devenir son associé. 

Mon avis


Un roman qui parle d'amour, de nourriture et de Saint-Malo ? C'est plutôt un bon départ pour la gourmande que je suis.
J'ai donc pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures d'Adèle et d'Arnaud. Les chapitres alternent leurs points de vue, et on suit donc leurs questionnements et leurs ressentis au fur et à mesure. J'ai beaucoup aimé Adèle, sa candeur, son mélange de fragilité et de force. On sent très vite qu'elle a un passif lourd et celui-ci se dévoile peu à peu. Son plus gros défaut : elle ne sait pas baisser la garde. Laisser quelqu'un rentrer dans sa vie et la sortir de sa cuisine ? Impossible, pour elle.
Un peu forcée par le destin, elle va rencontrer Arnaud. Lui, c'est un homme d'affaires. Un pur, un dur, un pas tatoué, mais un divorcé. Il ne veut plus de femme dans sa vie... Et pourtant dès la première rencontre, ou presque, il tombe sous le charme d'Adèle.
Sa passion soudaine est un peu rapide (j'ai toujours du mal avec les coups de foudre), mais sa belle est plus réticente, et insiste pour laisser de la distance entre eux.
Elle a besoin de lui pour créer son restaurant, il a besoin de son restaurant pour pouvoir la revoir...
Evidemment, c'est une romance, donc on sait comment cela va finir. Mais j'ai beaucoup aimé l'entourage d'Adèle, ses amies pour lesquelles elle se dévoue... et j'ai très envie de goûter sa cuisine, qui semble tant enchanter les gens.
Bref, un roman qui se dévore, pour passer un bon moment. Il contient quelques facilités, mais cela fait du bien, parfois, de juste se laisser aller. 

jeudi 7 mai 2020

Génération offensée

J'ai lu Génération offensée de Caroline Fourest



4ème de couverture

«  C’est l’histoire de petits lynchages ordinaires, qui finissent par envahir notre intimité, assigner nos identités, et censurer nos échanges démocratiques.  Une peste de la sensibilité. Chaque jour, un groupe, une minorité, un individu érigé en représentant d’une cause, exige, menace, et fait plier.
Au Canada, des étudiants exigent la suppression d’un cours de yoga pour ne pas risquer de «  s’approprier  » la culture indienne. Aux États-Unis, la chasse aux sorcière traque les menus asiatiques dans les cantines et l’enseignement des grandes œuvres classiques, jugées choquantes et normatives, de Flaubert à Dostoïevski. Des étudiants s’offusquent à la moindre contradiction, qu’ils considèrent comme des «  micros-agression  », au point d’exiger des «  safe space  ». Où l’on apprend en réalité à fuir l’altérité et le débat.
Selon l’origine géographique ou sociale, selon le genre et la couleur de peau, selon son histoire personnelle, la parole est confisquée. Une intimidation qui va jusqu’à la suppression d’aides à la création et au renvoi de professeurs. La France croyait résister à cette injonction, mais là aussi, des groupes tentent d’interdire des expositions ou des pièces de théâtre… souvent antiracistes  ! La police de la culture tourne à la police de la pensée.  Le procès en «  offense  » s’est ainsi répandu de façon fulgurante. «  L’appropriation culturelle  » est le nouveau blasphème qui ne connaît qu’une religion  : celle des «  origines  ».  »C. F.Sans jamais vouloir  revenir à l’ancien temps, Caroline Fourest trace ici une voie authentiquement féministe et antiraciste, universaliste, qui permet de distinguer le pillage de l’hommage culturel.

Mon avis


Ce livre m'a parlé parce qu'il touche à des questions que je me pose régulièrement. Quand les réseaux sociaux fustigent certains artistes parce qu'ils parlent de domaines qui ne les concerneraient pas directement (faut-il être noir pour parler du racisme ? Homosexuel pour camper un personnage qui l'est ?), la question du mélange des cultures devient un sujet de débat.
Certes, tous ceux qui craignent l'appropriation culturelle ne pourront pas être d'accord avec Caroline Fourest, qui est nettement de parti pris, et ne s'en cache pas. Son parti pris est pourtant celui de l'universalisme, et elle le défend en présentant toutes les dérives possibles de la ghettoïsation de la culture.
Entre la crainte de l'invisibilisation, celle de se faire déposséder de leur histoire et les combats militants, de nombreux mouvements poussent leur lutte jusqu'au paroxysme. Comment peut-on contraindre des célébrités à présenter des excuses publiques parce qu'elles portent des tenues ou des coiffures issues de certaines civilisations, faire renvoyer des universitaires parce qu'ils évoquent des sujets d'ouverture au monde, interdire le yoga parce que c'est un pillage de culture indienne ? C'est pourtant ce qui est déjà en train de se passer. Dans son livre, Caroline Fourest témoigne d'une censure poussée à l'extrême et qui, justement, fait le jeu des extrêmes. Quand, au lieu de chercher à relier les peuples et les différences de chacun, on ne les autorise que par certains représentants, le risque est grand de les voir encore plus rejetés.
Le livre n'a que peu de nuances. Clairement, son autrice ne comprend pas cette volonté de réduire la représentativité d'une culture à ceux qui en sont les héritiers. Elle est pourtant d'accord pour dire qu'il faut respecter cette culture, que certains excès sont malvenus... mais qu'il faut surtout l'ouvrir, au plus grand nombre, pour ne pas limiter la circulation des pensées.
C'est un ouvrage à charge, certes. Mais c'est surtout un ouvrage édifiant, qui nous ouvre les yeux sur les dérives de ce qui est déjà en train de se passer, à travers de nombreux exemples concrets et souvent affolants.
Un livre à lire pour réfléchir...

Sur le même sujet, je vous invite d'ailleurs à lire aussi les textes de Jo Ann von Haff : Comment ajouter de la diversité dans ses romans, Vous êtes écrivain, vous êtes légitime,   ou Pourquoi je ne veux pas d'un James Bond noir, sans oublier son livre sur la Diversité décomplexée

L'art d'échouer

J'ai lu L'art d'échouer de Elizabeth Day


4ème de couverture

Avec beaucoup d'humour et une courageuse sincérité, Elizabeth Day s'inspire de ses propres déboires personnels, mais aussi de son célèbre podcast How To Fail qui a vu défiler des célébrités telles que Phoebe Waller-Bridge, Alastair Campbell et David Nicholls, pour nous livrer un puissant manifeste aux accents féministes et s'élever contre les diktats de la perfection.

À l'heure des réseaux sociaux, difficile d'échapper à ce flux constant de photos de stars en bikini, de bébés joufflus et de plages paradisiaques. Si la vie ressemble vraiment à une série de hashtags tonitruants, #lovemyjob, #holidays, #bestmum, alors tant mieux ! Mais quand le travail pèse, que la charge mentale s'accumule, quand la tristesse et la colère s'installent, que le bébé tant attendu ne vient pas et qu'on est sur le point de signer les papiers du divorce, comment ne pas voir sa vie comme une succession de ratages ?

Ce sentiment d'échec, Elizabeth Day, brillante journaliste, l'a longtemps éprouvé. Jusqu'à ce qu'une rupture amoureuse dévastatrice la pousse à tout reconsidérer : et si échouer était en réalité une chance unique de se réinventer ?

Mon avis


Un livre qui nous répète qu'échouer ce n'est pas dramatique, je crois que c'est salutaire pour notre monde où l'échec est fustigé dès l'enfance avec les notes à l'école. En parlant de ses propres expériences, mais aussi de celles de célébrités qu'elle a interviewées, Elizabeth Day nous prouve que non, ce n'est pas dramatique de se planter parfois. On peut se tromper. On peut faire des mauvais choix. Ou ne pas être parfait en tout. Et ce n'est pas grave.
Elle ne s'érige pas pour autant en donneuses de leçon ou comme un guide de vie. Elle ne nous dit pas que nous allons réussir notre vie en apprenant de nos échecs, et comment y arriver. Elle met juste en évidence qu'un échec n'est justement que cela. Qu'il ne résume pas tout ce que l'on est, ni tout ce que l'on peut faire. Et qu'est-ce que ça fait du bien de l'entendre !
Ce livre est dédramatisant au possible, tout en narrant des expériences qui ont été parfois traumatisantes. Ce mélange très réussi, et les courts chapitres, essentiellement tournés vers le concret, avec juste la bonne mesure d'introspection, fait que le livre se lit très vite. C'est peut-être un essai, mais il est vraiment accessible à tous.
Sans jamais chercher à nous pousser, Elizabeth Day parvient à nous dire qu'il ne faut pas laisser nos échecs nous arrêter. Et rien que pour cette raison, cela vaut le coup de lire son livre !

mercredi 15 avril 2020

Terre de Brume

J'ai lu Terre de Brume de Cindy van Wilder



4ème de couverture

Dans un univers envahi par la brume, deux jeunes femmes unissent leur magie pour sauver le monde de la destruction. Depuis l'enfance, Héra vit dans le sanctuaire des Prêtres de l'Eau, où elle apprend à maîtriser sa magie pour devenir guerrière. Au cours d'une mission, elle rencontre Intissor, une soeur de Feu venue avertir les habitants d'un terrible danger. Mais il est déjà trop tard : une vague de brume, peuplée de créatures ni mortes ni vivantes, frappe le sanctuaire. Et elle frappera encore.


Mon avis


Je crois que j'ai déjà lu presque tout ce que Cindy van Wilder a écrit, toujours avec beaucoup de plaisir (il me manque La lune est à nous, qui est dans ma wish list depuis un moment et que j'adorerais découvrir).
J'avais hésité un peu sur Terre de Brume, à cause de l'aspect Fantasy. J'ai lu énormément de romans de ce genre à une période, au point de m'en dégoûter. Maintenant, j'en lis beaucoup moins, et j'y vais toujours avec beaucoup de circonspection. Pourtant, j'aurais pu plonger dans celui-ci sans aucun souci.
Et quand je dis "plonger", ce n'est pas par hasard. Imaginez un monde sans eau, où les bateaux flottent sur la brume, avec la crainte d'y tomber (pas de poissons à pêcher, ici, ni de plongée sous-brumarine... la brume mord, elle attaque et détruit, elle est tout sauf accueillante). Il y a encore un peu d'eau pourtant, mais elle sert surtout à la magie. Car certains habitants de cet univers détruit sont des magiciens. Ils maîtrisent les éléments (eau et feu sont les plus connus, et les prêtres de l'eau sont les plus reconnus, les plus nobles, ceux qui manquent le moins au quotidien.
Dans ce monde, vous suivrez d'abord Héra, qui fait partie des magiciens de l'eau. Orpheline, elle ignore que sa mère était elle aussi une prêtresse, et qu'elle est morte en tentant de sauver leur monde. En effet, chaque acte magique génère aussi, systématiquement, de la brume. Avant la naissance d'Hera, toute cette brume était conservée dans des réservoirs. Un jour, ces réservoirs n'ont plus pu contenir la brume et c'est ainsi qu'elle s'est répartie sur l'ensemble de la terre, la réduisant à quelques portions congrues. Et certains, dont la mère d'Hera, pensait que cet accident était en réalité un acte criminel.
Très rapidement, Héra va rencontrer Intissar. Intissar, elle, maîtrise le feu (avec quelques petits pouvoirs particuliers en plus...). Toutes les deux, elles vont devoir lutter contre de nouveaux événements, qui menacent grandement leur monde. Elles devront apprendre à se connaître, à se respecter, tout en dépassant les limites que leurs congénères leur ont posées.
Tout est bien pesé dans ce roman. Aussi bien la relation entre les personnages que l'univers dans lequel elles évoluent. Il n'y a pas un chapitre en trop, pas un moment où l'on s'ennuie... Et les bases de cet univers sortent allègrement des clichés de la fantasy que je ne veux plus lire (pas de jeune et pauvre héros qui rencontre un mentor et découvre qu'il est l'objet d'une prophétie en parcourant le monde, par exemple). C'est intéressant, parce que c'est novateur, parce qu'il y a surtout des personnages féminins (relisez l'article sur le sexisme en fantasy pour comprendre pourquoi c'est bien)... et parce que c'est bien, tout simplement !

D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que cette histoire va être adaptée en podcast radiophonique (j'ai hâte de l'entendre !)

mercredi 8 avril 2020

L'Incroyable histoire de Charlie Kairn

Grâce à Librinova, j'ai reçu L'Incroyable histoire de Charlie Kairn  de Christophe Tsunoda


 
4ème de couverture
Charlie fait partie de ces cumulards, pas bien terminé, avec un défaut de fabrication important, il voit le jour dans une famille dysfonctionnelle.
Devant ce cumul de malchances, deux possibilités, soit renoncer et se retirer du jeu, soit résister et bâtir sa vie seul.
Très vite, dès le plus jeune âge, Charlie fait son choix il va apprendre à se battre pour se construire.
Se battre face à sa famille, face à lui-même, et face aux autres qui sont tout sauf bienveillants.
C’est lui qui va décider et qui choisira ceux qui vont l’aider.
Dans ce livre Charlie règle ses comptes, « vide son sac », il raconte sans tabou avec ses rires et ses larmes, comment il a pris sa vie « à bras le corps », sa famille, ses amis, ses amours.
En France d’abord, mais trouvant les lieux un peu « étroits » il part… L’Australie dans un premier temps, et puis, et surtout, la rencontre la plus marquante, le Japon.
Ce sera une rencontre avec un pays, une civilisation mais aussi des personnes qui vont lui permettre de prendre sa revanche et de devenir enfin l’adulte maître de sa vie qu’il a toujours voulu être.


Mon avis

J'avoue que je reste assez dubitative face à cet ouvrage. J'ai beaucoup aimé l'aspect dépaysant du séjour du héros au Japon (le passage en Australie manque un peu de relief à mon goût). Et il y a là un récit de vie assez bien construit, avec un parcours de résilience certain. 
Mais on a parfois du mal à voir où l'auteur veut en venir. Il y a des redites sur certains passages, et de larges ellipses ailleurs. Il est relativement facile de s'attacher au personnage principal, à ses déboires et, en même temps, une certaine distance se crée, que je ne saurais expliquer. Peut-être parce qu'il y a trop de choses lourdes d'un côté, et en même temps trop de choses qui fonctionnent tout de suite de l'autre. Ça fait beaucoup pour une seule personne, et l'histoire en perd en crédibilité. 
On a là une succession d'épisodes, avec une volonté parfois d'aller dans le pathos, mais presque sans réel fil rouge. 
Par ailleurs, la fin arrive de manière abrupte. La résolution est un bel exemple d'ellipses !
Quelques petites fautes de syntaxe parsèment l'ouvrage. Pas assez pour gêner la lecture, mais dérangeantes à force. 
Malgré tout cela, le livre se lit très bien, l'écriture est fluide. Mais je n'ai jamais réussi à sympathiser, autrement que par pitié pour ce qu'il vivait, au personnage, et c'est dommage...

jeudi 2 avril 2020

Les Incroyables Aventures des soeurs Shergill

J'ai lu Les Incroyables Aventures des soeurs Shergill de Balli kaur Jaswal



4ème de couverture

Après Le Club des veuves qui aimaient la littérature érotique, Balli Kaur Jaswal livre un roman cocasse et émouvant sur la complexité des relations familiales, la double culture. Un Darjeeling Limited féminin, et féministe, des plus savoureux.

Dans la famille Shergill, il y a :

Rajni, l'aînée, mère de famille au bord de l'implosion depuis que son fils ado lui a fait une révélation fracassante.

Jezmeen, la séductrice un brin égoïste, petite actrice londonienne dont le dernier
bad buzz tourne en boucle sur les réseaux sociaux.

Et enfin, Shirina, la docile cadette, dont le parfait mariage arrangé commence à sérieusement battre de l'aile.

Trois sœurs que tout oppose et qui vont devoir se supporter pour réaliser la dernière volonté de leur mère : accomplir un pèlerinage en son honneur en Inde, de Delhi au Temple d'or d'Amritsar.

Combien de temps avant que tout dérape ?

Les voies d'une mère sont impénétrables... Dans ce pays aux facettes multiples, et parfois violentes, les sœurs Shergill embarquent pour un incroyable voyage à la découverte de leurs racines et d'elles-mêmes.

Mon avis


J'aime bien les ouvrages qui me dépaysent. Je n'ai jamais mis les pieds en Inde autrement que dans des livres, et celui-ci m'a une fois de plus fait voyager. J'ai ainsi tenu compagnie à trois sœurs, qui se retrouvent sur place parce leur mère leur a fait jurer, sur son lit de mort, d'y faire un pèlerinage en son honneur. 
Elles ne sont pas franchement enchantées d'être sur place, elles font toutes les trois face à des événements perturbants dans leur quotidien, qu'elles tentent de se cacher mutuellement. Ce n'est donc pas les meilleures conditions pour voyager.
Certains secrets ne se révèlent qu'au fil de l'ouvrage, ce qui maintient la tension. Et les trois personnage sont aussi attachantes les unes que les autres (je serais incapable d'en nommer une préférée). 
Ce livre parle donc aussi fort des liens familiaux que de voyage, et le mélange des deux est très réussi. 

Femmes invisibles

J'ai lu Femmes invisibles de Caroline Criado Perez



4ème de couverture


Bienvenue dans un monde fait pour les hommes...
Imaginez un monde où votre téléphone portable vous glisse des mains parce qu'il est trop grand, où vous faites la queue des heures pour aller aux toilettes, où les médicaments que l'on vous prescrit peuvent être mauvais pour votre corps, et où un grand nombre de vos heures travaillées ne sont pas payées...
Si l'un de ces scénarios vous est familier, c'est sans doute que vous êtes une femme.
Cela semble incroyable, mais c'est pourtant une réalité : la plupart des infrastructures et équipements que l'on utilise quotidiennement ont été pensés sans égard aux différences entre les sexes. Pourquoi ? Parce que ce sont des hommes qui ont imaginé le monde dans lequel on vit, et qu'ils l'ont imaginé pour des hommes, à leur image.
Ainsi, si les femmes ont souvent froid sur leur lieu de travail, c'est parce que la température des bureaux est basée sur le métabolisme d'un homme. Si elles sont plus susceptibles d'être gravement blessées lors d'accident de la route, c'est parce que les tests de sécurité sont effectués sur des hommes d'1,77 m pesant 76 kilos. Enfin, si elles ont davantage de risques de mal réagir à certains médicaments, c'est, encore une fois, parce que les tests scientifiques sont effectués sur des hommes, sans prendre en compte les spécificités du corps féminin.
Tout au long de cette enquête stupéfiante, Caroline Criado Perez montre que les femmes sont tout simplement absentes de la majorité des études statistiques, au détriment de leur santé, de leur sécurité, et parfois même de leur vie.

Mon avis


Ce livre se base sur les chiffres pour expliquer à quel point les femmes sont laissées de côté dans la société. Et c'est édifiant. Les chapitres abordés m'ont fait réfléchir à de nombreux sujets auxquels je n'avais jamais pensé. Pour moi, les choses étaient ainsi, c'est tout, et je n'imaginais même pas qu'elles pourraient être autrement ni pourquoi ce devrait être le cas.

Il n'empêche que quand on apprend que les crash-test des voitures ne prévoient que des hommes comme conducteurs, ou que les médicaments ne sont pas testés et dosés pour des corps féminins, cela devient légèrement inquiétant.

Le livre est rempli de données qui mettent en avant de nombreuses inégalités. Il y a beaucoup de chiffres, d'études, et pourtant ce n'est pas trop aride, et loin d'être trop scientifique. Ce sont des faits, simplement, exposés avec un peu de parti pris, certes, mais comment ne pas réagir face à toutes ces données cumulées ? 

Bref, c'est un ouvrage édifiant, qu'il faudrait mettre entre toutes les mains, des hommes comme des femmes (et qui donnerait presque envie de s'engager en politique !)

deux fleurs en hiver

J'ai lu Deux fleurs en hiver de Delphine Pessin



4ème de couverture

L'une, Capucine, a décidé d'effectuer son stage dans un Ehpad. Elle change de couleur de perruque en fonction de son humeur et au fil des découvertes du métier d'aide-soignante.
Violette, quant à elle, est une nouvelle résidente déboussolée qui vient d'arriver à l'Ehpad. Émue par le désarroi de Violette, Capucine fait des pieds et des mains pour lui redonner le sourire.

Leur rencontre va dynamiter la vie plan-plan de la maison de retraite et bousculer leurs coeurs en hibernation !

Mon avis


Le titre et la rencontre entre les deux personnages principaux m'ont attiré vers ce livre. Et j'ai eu bien raison de me laisser tenter.
On y suit Capucine, qui entame son stage en Ehpad. On comprend très vite qu'elle a subi un événement traumatique, qu'elle cache plus ou moins sous ses multiples perruques colorées.
L'autre personnage principal est Violette, qui vient d'intégrer cet Ehpad, pas vraiment de son plein gré, mais plus pour rassurer son fils, et qui est triste de se retrouver dans cet "établissement pour vieux".
Les chapitres alternent les points de vue de l'une et de l'autre, alors qu'elles se rapprochent, et que leur passé se dévoile peu à peu.
C'est une très jolie histoire, et je me suis prise au jeu de ce récit. C'est peut-être aussi lié à la période qu'on traverse, mais de lire cette histoire d'Ehpad, entre personnel surchargé et personnes qui tentent de s'y acclimater, m'a particulièrement touchée. Au point que, non seulement, j'admire encore plus ceux qui y travaillent, mais j'envisagerais presque de les rejoindre !
Le roman se lit très rapidement, il est très doux, malgré des épisodes difficiles. On y sent surtout une grande tendresse de l'autrice pour ses personnages. Il peut d'ailleurs se lire quel que soit l'âge, de 15 ans à l'âge adulte, et tout le monde s'y retrouvera. Il peut aussi se transmettre pour l'entrée en établissement d'une personne de la famille. Bref, c'est un livre à lire et à partager !

mercredi 25 mars 2020

Illusions

J'ai lu Illusions de Charly Farrow



4ème de couverture


Ils sont là, tout autour de moi.


À dix-huit ans, Selena est déjà diagnostiquée schizophrène. Elle se bat depuis longtemps contre les voix qu’elle entend dans sa tête. 
Quand un matin, elle se lève et constate que les gens ont disparu, le doute s’insinue. Est-ce la réalité ou bien une illusion ? 
Propulsée dans un combat opposant le Bien et le Mal, son rôle est décisif. Mais comment sauver l’humanité quand on ne voit pas sa propre lumière ?

Mon avis


J'étais très intriguée par ce titre qui allait me faire plonger dans l'esprit d'une schizophrène au sein d'une ambiance de fin du monde. J'avais en tête ce fameux épisode de Buffy contre les vampires où elle ne sait plus si ce qu'elle vit est la réalité ou une illusion, et dans lequel elle se voit internée dans un hôpital psychiatrique.
J'ai apprécié le personnage de cette jeune femme perdue, mais qui ne se laisse pas abattre. Confrontée à des choses horribles, elle continue à tenter de faire face.
J'ai juste un peu regretté de ne pas être confrontée tout le récit à des doutes, des interrogations. J'aurais voulu plus de mystère, de double-lecture. Mais ça, c'est vraiment personnel.
Sinon, les événements s'enchaînent bien. Les justifications données à certaines choses sont logiquement expliquées (même si, parfois, ça m'a semblé un peu trop facile. Oui, je suis une lectrice difficile).
Il y a une bonne tension, de l'action, des rebondissements aussi. Et, dans tout ça, un personnage que l'on a envie d'accompagner, tellement elle est profondément humaine et attentive aux autres.
Bref, une découverte intéressante, malgré une impression de trop peu face à certains retournements d situation un peu trop tirés par les cheveux.

lundi 9 mars 2020

La terre du sorcier


J'ai lu La Terre du Sorcier de AurElisa Mathilde

4ème de couverture


Fuir.
Il devait fuir.
Toujours plus loin.
Traverser des villes. Laisser la campagne derrière lui. S’enfoncer dans cette forêt.
Depuis des semaines, il ne faisait que courir, essayant de mettre le plus de distance entre lui et ceux qui en voulaient à sa vie. Car il le savait ; le jour où il ne pourrait plus avancer signerait son arrêt de mort.
Il n’avait aucune échappatoire à part cette fuite désespérée. 
Du moins, c’était ce qu’il pensait jusqu’à ce que son chemin croise celui d’un jeune puma en train de se noyer. 
Le sauver aurait dû être un ultime acte de repentance pour toutes ses fautes passées. 
Mais au lieu de la mort, c’est un refuge que lui offre le clan Flaherty, un foyer où il se sent enfin en sécurité, et une Terre à laquelle il peut s’ancrer.
Et malgré la menace qui le poursuit toujours, sa magie comme son cœur pourraient bien finir par s’épanouir au sein du clan de pumas.

Mon avis


J'ai parfois du mal avec les histoires de sorciers. Mais ici, il y a des métamorphes en plus. Et je ne peux pas leur résister. Vous rencontrerez donc dans ce livre des loups-garous, des pumas garous, un renard garou et un sorcier. Un bestiaire étonnant qui fonctionne très bien. 
J'avais découvert AurElisa Mathilde dans Un homme pour Samhain, chez le même éditeur, et j'avais bien accroché à sa plume. C'est ce qui m'a convaincu de tenter l'aventure de ce titre, et j'ai bien fait. 
L'univers fantastique est bien construit, il y a du mystère, de la magie, des tensions... La romance entre les deux personnages se met en place très (trop ?) rapidement, mais elle reste intéressante. La douleur du personnage principal, ses secrets, ses combats, maintiennent l'intérêt. Son crush est parfois un peu plus niais et innocent, leurs disputes évoquent plus des adolescents que des hommes adultes mais, comme ils ont tous les deux vécus hors du monde, cela se tient.
Mais, surtout, je me suis laissée très facilement emporter par l'histoire, je me suis demandée comment ils allaient avancer, s'en sortir. Ce titre est un tome 1 et je sais déjà que j'aurai envie de lire la suite, pour découvrir un peu plus les personnages secondaires qui les entourent (et qui ont aussi bien des secrets, je pense). 

A moi le jour, à toi la nuit

J'ai lu A moi le jour, à toi la nuit de Beth O'Leary


4ème de couverture


Tiffany et Leon partagent un appartement.
Tiffany et Leon partagent un lit.
Tiffany et Leon ne se sont jamais rencontrés.

Tiffany Moore a désespérément besoin d’un logement pas cher. Leon Twomey travaille de nuit et a absolument besoin d’argent. Leurs amis respectifs pensent qu’ils sont complètement fous, mais aux grands maux les grands remèdes :  pourquoi ne pas tout simplement partager un appartement, même s’ils ne se connaissent pas ? Leon habite le studio le jour de 9 heures à 18 heures, Tiffany le reste du temps. Mais entre les ex un peu fous, les clients exigeants, un frère emprisonné à tort et, bien sûr, le fait qu’ils ne se sont jamais rencontrés, ils vont découvrir que pour avoir un foyer harmonieux, il vaut mieux ne pas s’en tenir aux règles et suivre son coeur … 

Mon avis


Parfois, lire une comédie romantique, c'est juste ce qu'il faut pour faire du bien au moral. Celle-ci remplit parfaitement son rôle. Dès le début, dès que l'on sait que les deux personnages vont partager le même lit, sans jamais se croiser, on sait très exactement comment cela va finir. La question, c'est comment vont-ils y arriver ? 
Pas facile en effet de tomber amoureux quand on ne se rencontre jamais. Mais avec des personnages aussi attachants, c'est le contraire qui aurait été impossible. 
D'un côté, Léon, infirmier au grand cœur. Il est réservé, attaché à ses patients, il met toute sa vie entre parenthèses pour trouver comment défendre son frère, en prison pour un crime qu'il n'a pas commis. 
De l'autre, Tiffany, qui travaille dans une maison d'édition et qui se remet d'une rupture difficile. Son ex est le prototype même du manipulateur (un être abominable qu'il ne faut jamais fréquenter) mais elle ne s'en rend pas compte. Elle est haute en couleurs, redécore l'appartement qu'elle partage avec Léon de ses multiples trouvailles chinées partout... sans lui demander son avis.
Heureusement, pour communiquer, ils ont des post-its. Et ils commencent un véritable dialogue avec ces petits bouts de papier qu'ils disséminent partout. 
Je ne vous en dirai pas plus, sinon que ce roman était très agréable à lire. Que j'ai généreusement détesté l'ex de Tiffany (ce livre est à mettre entre les mains de toutes les filles victimes d'un manipulateur), que j'ai craqué pour Léon, que j'ai adoré le look de Tiffany... Bref, que j'ai passé un très bon moment en leur compagnie. Et que je vous invite à faire de même. 

Clit revolution, Manuel d'activisme féministe

Grâce à Babelio et Editions des Femmes, j'ai reçu Clit Revolution, manuel d'activisme féministe de Sarah Constantin et Elvire Duchelle Charles, illustré par Alice Dès


4ème de couverture

« Je suis féministe, je voudrais faire quelque chose de concret mais je ne sais pas par où commencer. Vous avez des conseils ? » En voyant ce genre de message s'accumuler sur leurs réseaux sociaux, les activistes féministes Sarah Constantin et Elvire Duvelle-Charles ont compris qu'il manquait un livre. Un manuel pratique pour guider la nouvelle génération de féministes dans l'activisme. Leur expliquer comment, chacune à leur niveau, seules ou en groupe, elles avaient les moyens de faire évoluer la société. Ce livre se présente comme une boîte à outils inspirée des techniques d'activisme féministe du monde entier. À mettre entre toutes les mains, de 12 à 121 ans.


Mon avis


J'ai reçu ce livre entre le moment où les Césars ont récompensé Roman Polanski et le 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Autant dire qu'il arrivait juste au bon moment.
Il y a quelques années encore, quand j'étais jeune et naïve, j'étais persuadée qu'il n'y avait plus besoin du féminisme. Que c'était bon, on était arrivé à l'égalité et qu'il fallait arrêter de se prendre la tête. Les discours autour de moi allaient dans ce sens, c'était l'époque des Chiennes de Garde, qui étaient présentées comme inutilement agressives...
Et puis j'ai mûri. J'ai ouvert les yeux. Et j'ai déchanté.
Maintenant, j'affirme sans en avoir peur que je suis féministe. Et je rappelle à tous ceux qui en ont besoin la définition du féminisme Mouvement social qui a pour objet l'émancipation de la femme, l'extension de ses droits en vue d'égaliser son statut avec celui de l'homme, en particulier dans le domaine juridique, politique, économique; doctrine, idéologie correspondante.
Car non, on n'est pas tout à fait encore à l'égalité. Et cela dans plein de domaines. 
Cela dit, ce livre n'est pas un exposé de pourquoi on doit être féministe à notre époque. Il présente juste plusieurs techniques, moyens, pour faire entendre sa voix là où il y a des inégalités. 
J'ai apprécié que le texte ne soit pas moralisateur. Tout le monde n'est pas prêt pour être Femen, et, si ce mouvement est présenté, ce n'est pas comme la seule solution possible. 
J'ai également apprécié qu'il n'y ait pas d'incitation à la désobéissance civile, ni à l'agression. Le texte explique par exemple qu'il ne sert à rien d'insulter les policiers qui vous arrêtent lors d'une manifestation. Et il expose aussi les risques légaux et pénaux encourus face à certaines actions. 
Le ton est à la fois engagé et posé, ce qui est un équilibre délicat à maintenir. Il donne envie d'agir à son tour ou, en tout cas, de soutenir d'une manière ou d'une autre celles qui le font. En rappelant qu'il n'y a pas qu'un seul féminisme, et que chacun doit aussi faire l'effort de comprendre les autres. 
Les textes sont courts, faciles à lire. Ils montrent que des femmes se battent pour défendre leurs droits. Partout dans le monde. Et, rien que pour ça, je pense que je vais le laisser traîner sous les yeux de mes filles. 

mercredi 12 février 2020

Forestelle

J'ai lu Forestelle de Aline Maurice



4ème de couverture


Forestelle... Un monde mystérieux où les habitants vivent dans des arbres immenses et où rôdent de dangereuses créatures. La jeune Coline s’y retrouve brutalement projetée, seule en pleine nuit au cœur de la forêt, après avoir enfilé un étrange vêtement découvert dans le double-fond d’une malle.
Alors que Coline essaie de comprendre son rôle de « Liante », sa mère, Karenn, remue ciel et terre pour la retrouver. Déterminée à rechercher sa fille perdue, elle n’hésitera pas à mettre sa vie en danger lors d’un passage périlleux vers ces contrées inconnues.

Découvrez ce roman de fantasy et suivez les aventures de Coline et de sa mère Karenn dans le monde mystérieux et périlleux de Forestelle !

Mon avis


C'est d'abord la couverture qui m'a accrochée dans ce livre. Puis le résumé m'a convaincu : suivre en parallèle une mère et sa fille, venues de notre monde et égarées dans un autre ? J'étais tout de suite partante.
Et j'ai adoré mon voyage. Le monde imaginé par l'autrice est riche en détails plus vrais que nature. Elle parvient à nous le faire découvrir par petites touches, sans nous submerger de détails, et on a très vite l'impression d'y être. Moi aussi, je veux visiter ces maisons dans les arbres vivants et rencontrer ces animaux étranges !
Il y a de la tension dans le texte, on se demande comment cette mère et sa fille vont parvenir à se retrouver ou si ceux qui basculent du côté obscur ne leur causeront pas trop de mal... Car, oui, comme dans tout les pays, il y a des méchants et des gentils. Il y a aussi de la magie, du mystère, des secrets... Bref, tout ce qu'il faut pour créer une histoire passionnante.
Les chapitres se suivent très vite, on a envie d'aider les personnages... j'ai particulièrement apprécié que ce livre puisse aussi bien se lire par un adulte que par un adolescent, chacun devrait s'y retrouver et c'est assez rare de parler aux deux en même temps. Le style n'est ni trop léger ni trop ardu, et c'est un équilibre rare à maintenir : bravo à l'autrice.
J'ai passé un très bon moment en compagnie des deux héroïnes. Et, comme la plus jeune d'entre elles, j'aimerais bien retourner dans ce monde caché... Ce qui sera possible car, même si l'histoire a une vraie fin, un tome 2 est déjà écrit et le trois ne devrait pas tarder !

vendredi 7 février 2020

Vivre ses vies


J''ai lu Vivre ses vies de Véronique Petit


4ème de couverture


Gabriel vient d’avoir 13 ans et de passer le test sanguin qui permet de déterminer le nombre de vies dont il dispose. Comme tous ses camarades, il a rêvé d’être un multi-vies, mais jamais il n’aurait imaginé avoir… six vies  !
Dans une société obsédée par les risques et le danger, il organise à l’insu de ses parents son premier vol en parachute, bien décidé à vivre sa vie à fond.

Mon avis :


Le thème du livre est très intéressant. Comment vivrait-on si on disposait de plusieurs vies bonus ? Prendrait-on des risques insensés, chercherions-nous à les protéger à tout prix au cas où, nous dirions-nous que nous devons en faire profiter les autres en les aidant ou en oeuvrant au mieux-être de l'humanité ?
J'ai beaucoup aimé toutes les réflexions induites par le livre, qui sont distillées au compte-goutte par l'autrice au fil des interventions des personnages. 
Le héros, lui, est très humain, très adolescent dans ses réflexions. Très égoïste aussi, ce qui le rend agaçant, mais aussi plus humain, justement. Il veut vivre. Il veut vivre des choses intenses. Et il est parfois totalement imprudent dans sa manière de gérer ce don de vies. 
Mais il évolue au fil de l'histoire et c'est justement ce qui est intéressant. 
Le livre est court, il se lit très rapidement. Il parvient à aborder de nombreux sujets liés au choix de vie sans pour autant les creuser. Il laisse ce soin aux lecteurs, et c'est plutôt intelligent. L'autrice n'est pas là pour leur faire la leçon mais pour leur raconter une histoire qui peut les faire réfléchir. 
L'histoire en elle-même est, du coup, assez courte. Elle laisse parfois un goût de trop peu. Mais pour un lectorat de 11-12 ans, elle sera parfaitement adaptée. 

Petit scarabée agit pour la planète

J'ai lu Petit Scarabée agit pour la planète de Céline Santini




4ème de couverture

Cultiver la beauté - Embellir la vie 
Organiser le quotidien - Éviter le gaspillage 
Manger différemment - Se connecter à la nature... 

24 histoires et activités pour prendre le temps 

Petit Scarabée est un petit enfant qui découvre le monde 
qui l'entoure. Petit Scarabée a une famille comme tous les enfants. 
Suivons-le dans son quotidien pour évoluer avec lui. 

Un livre-ressources pour tous les parents qui 
souhaitent partager un joli moment avec leur enfant.

Mon avis

J'ai beaucoup aimé ce petit livre facile à lire en famille. Il donne de nombreuses astuces et recettes pour une vie plus engagée dans l'environnement et la protection de la planète. Au fil des pages, on y suit Petit Scarabée, un enfant qui se pose des questions et qui réfléchit à comment agir au mieux. L'alternance entre la partie histoire et la partie pratique, très rapide, est particulièrement bien pensée. On passe très vite au concret, ce qui plaît aux enfants, tout en leur expliquant pourquoi c'est important par le biais d'un conte.
Les illustrations sont toutes douces et assez épurées, elles m'ont beaucoup plus aussi.
L'histoire en elle-même n'est pas un roman pour enfant à suspense, et grosses décisions à prendre. Tout semble assez évident pour Petit Scarabée et sa famille. Et, pourtant, ils réfléchissent, sont parfois confrontés à des interdits, ils évoluent...
Bref, c'est particulièrement bien pensé, et c'est un livre à mettre entre toutes les mains (les grands aussi y trouveront des astuces utiles)

mercredi 5 février 2020

Demain le jour se lèvera


J'ai lu Demain le jour se lèvera de Georgina Tuna Sorin





4ème de couverture

Décembre 2018.  Anna, Nico et Mathis, trois jeunes pleins de vie, préparent ensemble les fêtes du Nouvel An. Inséparables, ils partagent leur quotidien entre les amis, les amours, et les études.
Pourtant, l’année suivante débute au rythme des machines de l’hôpital où Anna s’accroche à la vie. Au fil des pages, l’auteure nous transporte dans un futur proche et inquiétant, et laisse deviner qu’une menace pèse sur la petite bande : pour eux, tout semble devoir changer.
Quel drame va donc les frapper ?
Demain le jour se lèvera met en scène des personnages touchants dont le courage et l’envie de vivre surpassent toutes les épreuves qu’ils ont à affronter. Un récit intense et émouvant !


Mon avis


C'est toujours un plaisir de découvrir un nouvel auteur. Parce qu'on ne s'attend à rien de précis et qu'on ne peut qu'être surpris. Et, dans le cas du livre de Georgina Tuna Sorin, la surprise fut très bonne !
Très vite, on se retrouve embarqué dans les pensées d'une jeune femme dans le coma. Un bip bip (plus ou moins) régulier rythme ses errances mentales. Car cette jeune femme, Anna, est perdue. Elle ne sait plus comment elle s'est retrouvée dans ces circonstances...
Et les événements défilent. On fait connaissance avec elle et sa bande d'amis. On les suit pendant qu'ils préparent une fête. Jusqu'au moment fatidique.
Ce qui n'aurait pu être qu'une tranche de vie banale est métamorphosé par le talent de l'autrice. Les chapitres se suivent, la tension monte, on s'attache petit à petit à ses personnages. Je me suis demandée qui survivrait en-dehors de l'héroïne, le suspense lié à la découverte de ce qui l'a menée dans le coma montait au fil des pages.
Le livre compte principalement deux parties, avant et après l'accident. Sans vouloir vous gâcher la surprise, sachez juste que j'ai pleuré durant ma lecture. Tellement la plume sonnait juste, et les sentiments comme les actes étaient terriblement réels, terriblement humains. 
Même des détails triviaux (comme le fait de se laver ou non les mains en sortant des toilettes, dans certaines circonstances) donnent de la consistance aux héros. 
Bref, c'est un ouvrage que je recommande. Pour ma part, j'ai maintenant hâte de lire la suite des aventures de ces héros, dans À la lueur de nos pas accordés. 

Et vous pourrez aussi retrouver l'autrice sur son blog, ou sur Facebook
Photo de l'auteure Georgina Tuna Sorin

La 25e heure

J'ai lu la nouvelle version de la 25e heure




quatrième de couverture

Comment passer plus de temps à faire les choses qui nous intéressent vraiment ? Comment arrêter de nous laisser dicter notre agenda par les sollicitations permanentes (e-mails, réunions…) ? Comment nous libérer du nuage noir de pensées qui empêchent de rester concentré ?
Ce livre rassemble toutes les méthodes d’organisation pour être plus efficace et se focaliser sur ce qui compte vraiment.
Découvrez par exemple :
· La règle des 3 tâches
· Comment dire non à 9 sollicitations sur 10
· Comment diviser par 2 le temps à traiter ses emails
· La technique des 2 pizzas par réunion
L’objectif ? Dégager au moins une heure de temps libre chaque jour pour faire ce qui nous rend vraiment heureux.


Mon avis


De temps en temps, j'aime bien lire des ouvrages de développement personnel. Et un livre qui me promet que je vais gagner du temps pour faire les choses que j'aime, forcément, ça me parle.
J'ai donc plongé avec plaisir dans cet ouvrage. J'ai particulièrement aimé qu'il soit bien organisé et axé sur les conseils pratiques. On n'est pas ici dans les redites ennuyeuses qui font, justement, perdre du temps.
Là, au contraire, les auteurs disent : voici ce que vous pouvez faire, et voici comment le faire.
Les pages défilent très vite, avec des chiffres, des données, des pistes à étudier. Certes, tous les conseils ne sont peut-être pas applicables pour tout le monde, et ce n'est pas le but de l'ouvrage, mais plutôt de fournir des outils pratiques. À noter que le livre est plus destiné aux professionnels (donc, non, vous ne trouverez pas comment gagner du temps si vous êtes un parent débordé), même si son ton le rend très abordable. Il n'y a pas de grandes phrases grandiloquentes, juste des faits, et c'est l'une des grandes forces de l'ouvrage.

lundi 3 février 2020

L'équation du miracle

J'ai lu L'équation du miracle de Hal Elrod



4ème de couverture

Hal Elrod est le créateur de Miracle Morning. Cette méthode a permis à des millions de lecteurs dans le monde de transformer leur vie en se levant plus tôt ! Il propose aujourd'hui de révéler " l'équation du miracle " : la formule qui permet d'atteindre tous les objectifs que l'on se fixe. C'est ainsi qu'il est parvenu, entre autres, à booster sa carrière de façon fulgurante et à faire face à un cancer auquel il n'avait que 30 % de chances de survivre. 

Cette équation repose sur deux décisions : 
Conserver une foi inébranlable
Fournir un effort extra-ordinaire
Et ce pour réaliser ses objectifs, les plus imposants, intimidants et improbables... soit, des miracles.

Apprenez à remplacer la peur par la foi, à abandonner vos émotions négatives, à prendre conscience de votre potentiel illimité et à canaliser votre énergie.

Vous pourrez ensuite relever le " défi des 30 jours " en mettant en pratique cette équation, et réaliser ainsi votre premier miracle.

Mon avis


J'avais déjà lu Miracle Morning et j'avais beaucoup apprécié l'énergie qui s'en dégageait. Son auteur avait même réussi à me convaincre de me lever plus tôt le matin pour faire du sport (pendant presque deux semaines, un record pour moi).
J'étais donc curieuse de savoir ce que L'équation du miracle me réservait. Et mon avis est un peu mitigé. D'un côté, cet ouvrage de développement personnel donne l'énergie et l'envie de soulever des montagnes. Et ça, c'est plutôt agréable. En le lisant, on se sent capable de tout faire, du moment qu'on suit les préceptes présenté : croire en soi et faire suffisamment d'efforts.
De l'autre, il faut bien le dire, le concept est assez basique. Le livre comporte beaucoup de répétitions et, en dehors de l'effet booster qu'il procure, pourrait se résumer en deux phrases. Tout le reste n'est qu'un ensemble de déclinaisons de ses principes.
C'est un livre très bien pour retrouver de la motivation, pour répondre aux baisses de régime, pour rappeler qu'il ne faut pas baisser les bras... mais qui semblera peut-être un peu limité aux habitués des livres de développement personnel.
Par ailleurs, et c'est juste personnel, j'ai tiqué à plusieurs reprises quand l'auteur dit qu'il a inscrit dans son agenda d'aider sa femme régulièrement, par exemple en faisant une vaisselle. Or, pour rappel : un mari n'aide pas sa femme, il participe aux tâches de la maison, tout comme elle.