vendredi 20 avril 2018

Royales

Je viens de lire Royales de Camille Versi



4ème de couverture

Margaret est la princesse parfaite, adorée de tous les Anglais. Généreuse, intelligente, polyglotte, cavalière émérite, menant de front des études de littérature, de politique et d’histoire par correspondance…
Son secret  ?
Margaret n’existe pas vraiment. Elles sont seize. Seize sœurs.
Seize clones, éduquées à la perfection, créées pour faire rêver un royaume.
Mais les temps ont changé… Sur seize clones, il ne devra rester qu’une princesse.  

Mon avis

J'avoue, quand j'ai commencé à lire ce livre, j'ai immédiatement pensé à 7 sœurs.

Le principal point commun, c'est bien sûr l'histoire de ces sœurs qui doivent rester cachées pour que personne, à l'extérieur, ne puisse deviner qu'elles sont plusieurs à jouer le même rôle.
Mais l'histoire est différente : elles jouent un peu moins leur vie. Juste l'avenir de la couronne britannique, du pays et... ah si, peut-être leur vie quand même puisque la reine n'a pas l'intention de les garder toutes en vie.
Il y a aussi presque une réflexion éthique sur les clones : doit-on les considérer comme des êtres humains ou juste comme des objets utiles ? En lisant l'histoire de Margaret, il est impossible de ne pas opter pour la première définition. Parce que chacun de ces clones est différent : dans son caractère, dans ses aspirations, dans sa volonté... Et pourtant, elles ont toutes été élevées de la même manière, et issues du même modèle originel. L'inné, et même l'acquis, finalement, ce ne sont que peu de choses par rapport à la personnalité. 
J'avoue que, face au grand nombre de ces clones, j'avais parfois du mal à retenir quelle était la particularité de chacune. Certaines se démarquaient plus que d'autres, mais pas toutes. Ce qui n'est pas du tout gênant pour la lecture, puisqu'on suit principalement une narratrice, May, une des clones.
Pendant tout le roman, elle se battra pour trouver comment prouver leur individualité, comment convaincre qu'elles ne méritent pas de mourir, comment trouver sa propre voie. Et comment s'opposer sans tout perdre à leur grand-mère, la reine, tellement figée dans ses certitudes qu'elle en devient grotesque.
Il y a un peu d'amour, beaucoup de réflexions sur ce qui constitue une personne, sur la solidarité aussi. Ces jeunes filles auront un certain nombre de combats à mener et elles ne choisiront pas toujours les meilleures armes ni même les ennemis qu'elles doivent affronter. A chaque page, on craint que tout ne s'effondre pour elles et qu'elles ne puissent pas survivre. Parce qu'il semble n'y avoir aucune issue...
Est-ce qu'elles en trouveront une ou est-ce que ce sera un carnage ? Ce sera à vous de le découvrir en le lisant. Le livre souffre par moments d'un léger manque de rythme mais il reste très agréable à lire. 
Et, surtout, il a été écrit par une autrice française, et rien que pour cela, vous devez lui donner une chance. Camille Versi s'est fait remarquer sur Wattpad où elle continue à soumettre ses textes en cours. 

mardi 17 avril 2018

La fille sans passé

J'ai lu La fille sans passé de Sarah Everett




4 ème de couverture

Depuis qu’Addison a subi un accident, elle a des trous de mémoire et elle parle à un garçon qu’elle est la seule à voir. Est-elle en train de devenir folle  ? Addison décide de s’inscrire à un programme médical qui est censé lui permettre de récupérer la mémoire. Mais rapidement, elle découvre que ce n’est pas sa première visite à la clinique  : elle y est déjà venue pour effacer certains de ses souvenirs… Dont le souvenir d’un garçon. Qui est ce garçon  ? Pourquoi l’a-t-elle effacé  ? L’a-t-elle aimé  ? Addison est prête à tout pour le retrouver et retrouver celle qu’elle a été…

Mon avis

Le résumé de ce roman m'a tenté... Mais en réalité, ce résumé en dit déjà beaucoup trop sur l'histoire. Le roman suit donc Addison qui tente de comprendre pourquoi son cerveau lui joue des tours. Très vite, le livre en vient à alterner entre son passé (qu'elle a oublié) et son présent. Et on découvre une histoire d'amour, avec un garçon au sourire à "100 000 watts". Cette histoire se déroule devant nous sans qu'Addison n'y ait accès (c'est d'ailleurs très intime de rentrer dans les souvenirs perdus d'une personne)... Et je me suis retrouvée à attendre le drame, qui devait l'avoir conduite à vouloir effacer cette histoire.
Le livre se lit facilement, la thématique est intéressante, le message final n'est pas trop mal non plus. Mais je ressors assez mitigée de ma lecture. Il y a bien quelques surprises, mais, dans l'ensemble, les événements se devinent assez vite. Et, personnellement, j'ai toujours eu beaucoup de mal avec les histoires qui commencent par une scène prenante puis qui reprennent "trois mois avant". Et c'est un peu la construction de ce récit. J'ai attendu tout du long la révélation du moment dramatique, puis de la manière dont elle allait vivre avec... et j'ai été un peu déçue sur cet aspect-là. 
Ce ne sera donc pas un coup de coeur pour moi, même si le personnage est intéressant ainsi que le message du livre : vaut-il mieux vivre avec sa douleur ou l'effacer ?

lundi 16 avril 2018

Comment se comporter comme une personne normale

Ce week-end, j'ai lu Comment se comporter comme une personne normale de TJ Klune



4ème de couverture : 
Gustavo Tiberius n’est pas normal. Il en est conscient, tout comme le reste des habitants d’Abby, petite ville de l’Oregon. Il lit des encyclopédies chaque soir avant de dormir, a un furet de compagnie qu’il a baptisé Harry S. Truman, possède un vidéoclub où personne ne met les pieds, et ses plus proches amis sont Lottie, une dame dont les cheveux ressemblent à ceux d’une drag-queen, et un trio de vieilles motardes chevauchant de Vespa répondant au nom des "Nous, les trois Reines".
Gus n’est pas normal. Et ça lui va très bien. Tout ce qu’il demande, c’est qu’on le laisse tranquille
Jusqu’au jour où entre dans sa vie Casey, un hipster asexuel défoncé et accessoirement le nouvel employé de chez Lottie’s Lattes. Pour une raison qu’il ne comprend pas, ce dernier pense que Gus est l’être le plus fabuleux sur Terre. Et il se pourrait bien que Gus commence à penser la même chose de Casey, même si celui-ci passe sa vie à poster des photos de sa nourriture sur Instagram.
Mais Gus n’est pas normal et Casey mérite quelqu’un qui l’est. Voulant soudain être ce quelqu’un, Gus sort de sa zone de confort et formule un plan pour devenir la personne la plus normale au monde.
Après tout, qu’est-ce qui pourrait bien clocher ?

Mon avis : 

En ce moment, pour une raison qui m'échappe encore, je rencontre souvent dans mes lectures des personnages homosexuels, bisexuels, ou autres.
Je me suis donc presque naturellement tournée vers cet ouvrage dont la description semblait assez amusante.
Pourtant, quand j'ai commencé à lire les premiers chapitres, je me suis demandé dans quelle genre d'aventure je m'étais fourrée. La présentation du personnage de Gus, figé dans ses habitudes et aux sourcils très expressifs, était certes amusante, mais de là à avoir envie de la suivre plus longtemps...
Et puis Casey est arrivé. Et il a tout changé. Autant pour moi en tant que lectrice que pour Gus. Et ce livre est devenu attachant. Ou, plutôt, Gus l'est devenu. Je n'avais qu'une envie, moi aussi, en lisant, c'était de serrer ce bisounours grognon dans mes bras ! Ainsi que ses amies, très impliquées mais complètement surréalistes. 
Autant vous le dire : il y a beaucoup de cannabis dans l'histoire et certains passages sont tellement ahurissants que c'est à se demander sous l'emprise de quel produit ils ont été écrits. Notamment les sites internet WTF que Gus parcourt pour comprendre comment se comporter comme une personne normale (je crois pouvoir dire que la réponse N'EST PAS sur internet !)
Mais c'est une jolie histoire de tendresse, avec des gens pas très sûrs d'eux et pas mal d'humour. 
Et rien que pour ça, ça vaut la peine d'être lu.

Sinon, vous pourrez déjà apprécier le prologue : 
« Ne laissez jamais personne vous dire que ce que vous êtes n’est pas bien.
Il n’y a rien de mal à être homosexuel. Ou hétérosexuel. Ou bisexuel.
Il n’y a rien de mal non plus à être asexuel, demisexuel, pansexuel ou aromantique.
Vous êtes vous-mêmes et si quelqu’un vous le reproche, souvenez-vous d’une chose :
Vous êtes exactement comme vous êtes censés être. »


vendredi 13 avril 2018

Trois de tes secrets de Julie Buxbaum

Je viens de lire (de dévorer en réalité) Trois de tes secrets de Julie Buxbaum


4ème de couverture : 
Jessie trouvera-t-elle qui est son mystérieux bienfaiteur ? 

Nouvelle dans un lycée huppé de Los Angeles, Jessie ne se sent pas à sa place. Alors qu'elle songe à rentrer à Chicago, elle reçoit un mail providentiel et... anonyme : un expéditeur inconnu lui prodigue de précieux conseils pour s'intégrer et éviter les pièges de Wood Valley. Jessie ignore tout de son ange gardien mais décide de lui faire confiance. Pour faire tomber le masque, elle l'incite toutefois à lui révéler trois de ses secrets...

Mon avis
Étrangement, le résumé ne m'attirait pas plus que cela. J'aime bien le mystère, mais sans excès non plus. Mais ce livre avait plutôt de bonnes critiques alors je m'y suis penchée aussi. Et j'ai eu raison !
J'ai vite été happée par le ton du personnage principal, Jessie. Peut-être parce qu'elle me ressemble un peu : jeune, maladroite, timide, toujours plongée dans ses livres, du style à s'excuser quand quelqu'un la heurte dans un couloir et à trouver ses répliques qui tuent deux heures après... En réalité, je pense qu'elle pourrait ressembler à de nombreuses amatrices de lecture (corrigez-moi si je me trompe).
Jessie ne se sent pas à sa place dans cet univers, elle s'y fera pourtant des amis, elle tombera amoureuse... Oui, la trame est un peu classique, la révélation n'en est pas vraiment une (même si je me suis amusée à tenter plein d'hypothèses) et pourtant je n'avais pas envie de quitter cet univers. Et je me suis même surprise à relire le début une fois la dernière page tournée, pour voir quels indices l'autrice avait semés ! 
Ce qui veut dire que le style est plutôt bon, que le décor est bien planté, que les personnages sont attachants (et que certains sont vraiment craquants, mais chut, je ne dirai rien). 
Un bon moment de lecture, que je suis ravie d'avoir découvert !


jeudi 12 avril 2018

Moana de Silène Edgar

J'ai lu le premier tome de Moana de Silène Edgar

4ème de couverture : 
Moana refuse de mener la vie que voudrait lui imposer son peuple.
Dans un futur post-apocalyptique, le monde est en proie à un grand refroidissement et l’humanité est menacée de disparaître. La Polynésie où vit Moana n’échappe pas à cette règle  : elle est recouverte de neige. Selon les règles édictées par son peuple, la jeune fille doit se marier et avoir des enfants au plus vite. Mais il est hors de question pour Moana de suivre ces règles qui ne lui conviennent pas. Une seule solution  : fuir, pour vivre sa vie selon ses propres choix.

Mon avis
Un beau voyage dans les mers (gelées) du Sud. J'ai bien aimé rencontrer Moana et sa grand-mère facétieuse. La présentation de leur monde coule aisément, sans de longs passages qui nuiraient à l'histoire. Les personnages secondaires sont attachants (j'ai adoré Pierre !) et la tension est bien présente. 
J'ai senti beaucoup de tendresse pour ces personnages, une véritable critique des gouvernements qui veulent un peu trop contrôler le monde, une déclaration d'amour à la fiction, sous toutes ces formes. Et un attachement aux liens familiaux qui ne se dément pas, du début à la fin. 
À lire pour se dépayser, pour réfléchir, et pour réapprendre à écouter les souvenirs de nos anciens !

Ce livre est une réédition du roman paru il y a 10 ans aux Editions du Jasmin. La nouvelle couverture est absolument splendide ! Et son petit prix (6,90 €) devrait finir de vous convaincre de l'acheter ! 
Attention : il y a plusieurs tomes, les suivants devraient paraître prochainement (le tome 2 est annoncé pour mai sur Amazon) et Silène Edgar a annoncé la parution du troisième en juillet ! 




lundi 15 mai 2017

Mariée, oui, mais avec qui ?

Vous vous souvenez des livres dont vous êtes le héros ? J'ai passé des étés entiers avec un dé à la main, et un crayon dans l'autre, à compter mes points et à tenter de faire survivre mes personnages tout en lisant des livres. On les croyait passés de mode, mais, depuis quelques années, ils font un revival (tendance nostalgie oblige?)
Le tout dernier d'entre eux est pour les filles  : Mariée, oui, mais avec qui de Valery K. Baran et Hope Tiefenbrunner.


4ème de couverture :
Rose et Marc ont eu le coup de foudre à Venise et ils vont se marier. Classique ? Disons que de la part d’une collectionneuse de sex-toys et de rencontres furtives dans les clubs libertins de Lyon, l’annonce a de quoi surprendre  !
Et si vous décidiez vous-même de la suite de cette histoire  ? Rose va-t-elle vraiment épouser le beau Marc  ? Succombera-t-elle au charme de Geoffroy, son ex ténébreux  ? Ou bien se laissera-t-elle séduire par Jérémy, son futur beau-frère particulièrement craquant  ? À vous de choisir. 



Rassurez-vous : vous n'aurez pas besoin de ressortir vos cahier de notes pour vérifier si votre personnage peut ou non survivre à une nouvelle rencontre. Dans cette histoire, il vous suffit de cliquer sur les liens à mesure que les choix s'affichent. Oui, on est dans du livre numérique (pour le moment uniquement ?) et c'est un support plutôt bien adapté à ce type d'aventure.
On suit donc les pas de Rose, une jeune femme plutôt... libérée. Quand le roman commence, elle annonce à ses meilleures amies qu'elle va se marier... avec un homme qu'elle vient à peine de rencontrer. Allez voir la bande-annonce, si vous avez envie d'avoir un aperçu de ce qui risque de lui arriver pendant les deux semaines qui la séparent de la cérémonie...



Ce que j'ai apprécié dans ce livre, c'est que les personnages ont vraiment de la profondeur. On choisit ce que Rose va faire, mais Rose n'est pas nous. Elle a une véritable personnalité, de même que tous ceux qui l'entourent. Ce qui fait que l'on s'attache à elle et à ses péripéties (et qu'on a même envie d'en savoir un peu plus sur ses amis ou ses années de jeunesse.) Il y a de l'humour, quelques scènes un peu chaudes (mais uniquement si on le veut), un choix à faire entre le bad boy, le garçon trop parfait pour être honnête, ou...
Je ne vais pas tout vous dire non plus. Mais on a affaire à une véritable histoire, tendance chick-litt assumée, et pas juste à un procédé pour le fun. Les chapitres font plus que quelques paragraphes, ils sont écrits "pour de vrai" et il y a un fil conducteur qui se tient. Bref, j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire.

Si je n'ai qu'un conseil à vous donner, c'est de faire comme moi : une fois le roman terminé, revenez quelques chapitres en arrière et faites le "choix déjanté". Il y a une surprise qui mérite vraiment d'être lue pour l'un des derniers chapitres. Vous pouvez aussi recommencer l'histoire au début et tenter les autres options (oui, ça aussi, je l'ai fait... Mais je confirme mon choix principal. Je suis gourmande et je l'assume (celles qui liront me comprendront).
L’image contient peut-être : texte
Vous pourrez retrouver ces deux auteurs sur leur site ou sur leur page Facebook

mercredi 14 décembre 2016

M pour Mabel

Il y a des livres qui parlent d'envol et qui pourtant nous rattachent à la terre. C'est le cas de M comme Mabel de Helen Macdonald.


4ème de couverture : Enfant, Helen rêvait d'être fauconnier. Elle nourrit des années durant son rêve par la lecture.
Devenue adulte, elle va avoir l'occasion de le réaliser.
De manière brutale et inattendue, son père, journaliste qui a marqué profondément sa vision du monde, s'effondre un matin dans la rue.
Terrassée par le chagrin, passant par toutes les phases du deuil, le déni, la colère, la tristesse, Helen va entreprendre un long voyage physique et métaphysique. Elle va se procurer un rapace de huit semaines, le plus sauvage de son espèce, Mabel. Réputé impossible à apprivoiser. Elle va s'isoler du monde, de la ville, des hommes. Et emprunter un chemin étonnant.


J'ai emprunté ce livre un peu par hasard à la bibliothèque. La couverture m'a attiré, j'ai feuilleté quelques pages, j'ai aimé les phrases que j'ai glanées au vol... et je suis repartie avec.
Puis j'ai un peu retardé le moment de me mettre à le lire. Pas envie de rentrer dans cette histoire qui ne semblait pas forcément très gaie, vu que l'auteur y raconte quand même en grande partie sa réaction à la mort de son père.
Mais ce petit autour prêt à s'envoler et la relation qu'elle avait avec lui ont fini par me convaincre.
C'est un roman autobiographique, qui raconte donc comment une jeune femme se reconstruit après le décès de son père en cherchant à dresser un autour.
Ce livre parle de fauconnerie, évidemment. J'y ai appris plein d'éléments que je ne connaissais pas sur cet art. Il dévoile aussi de nombreux détails sur la vie de TH White, auteur surtout connu pour ses récits du cycle arthurien. Il y a donc de nombreux points de documentation au fil des pages.
Il y a surtout une écriture qui parle de la nature, des plumes qui caressent le vent, de la glaise qui s'accroche aux serres, des lapins qui laissent leur empreinte dans le givre cassé... Il y a plus de descriptions que d'action dans l'ouvrage et pourtant je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. D'abord parce que c'est très bien écrit. Ensuite parce que j'ai vécu ses interrogations sur ses capacités à dresser cet oiseau en même temps que l'auteur. Elle a presque réussi à me donner envie de tenter de me mettre à la fauconnerie moi-aussi (je dis presque, car me promener avec des cadavres de poussin dans les poches pour rappeler mon oiseau, ça ne me tente pas tant que ça, en fait !).
C'est un récit parfait pour l'automne, ou l'hiver, quand le soir tombe tôt, que les flammes de la cheminée viennent lécher les vitres, que les branches craquent dehors et que chaque instant de lumière prend de la valeur.