mercredi 17 juillet 2019

Underlondon


J'ai lu Underlondon de Simon Lelic




4ème de couverture


Personne ne sait qu’elle existe.
Mais, si tu es paumé,
si tu n’as nulle part où aller,
la Tanière saura te trouver.
 
Cachette. Quartier général. Société secrète.
Appelle-la comme tu voudras.
Pour nous, les ados d’Underlondon,
c’est un peu tout à la fois.
 
C’est notre foyer. Notre secret. Nos règles.


Tu nous rejoins  ? 

------- 
 
En une nuit, la vie d’Oliver bascule.
Il doit fuir son foyer, traqué par les assassins de sa tutrice.
Heureusement, un certain Dodge le sauve  in extremis
 
Guidé par le jeune homme à travers les sous-sols de Londres,
Oliver découvre la Tanière, un abri où des ados ont créé leur propre univers.
Malheureusement, ce n’est pas la paix qui l’attend là-bas, mais la guerre.
 
Danny, le leader d’une bande rivale,
accuse les membres de la Tanière d’avoir enlevé son fils.
24 heures. Et pas une seconde de plus.
C’est le temps qu’ils ont pour le retrouver. Sinon, l’un des leurs mourra…

Mon avis :


Un monde souterrain, des enfants livrés à eux-mêmes... Voilà déjà de bons ingrédients pour commencer une histoire. Dans celle-ci, nous suivons Oliver. Oliver a 13 ans, ses parents sont morts dans un attentat, il est élevé par une policière qui est kidnappée, puis assassinée à deux pas de lui. 
Sauvé in extremis par un gamin des rues, il découvre un univers parallèle, sous Londres, avec des gangs qui s'entredéchirent et une bande de gamins qui tente de survivre et de s'éduquer, abandonnés par les adultes.
Le mode de vie décrit dans la Tanière est un peu utopique, et le personnage d'Oliver sonne parfois bien enfantin pour ses 13 ans, mais la tension est présente au fil des pages. Il y a de l'action, un peu d'enquête, des traitres à découvrir, un attentat à empêcher... 
Ce livre est une bonne approche des romans d'aventure et d'espionnage, pour des jeunes lecteurs. La méchante est certes un peu caricaturale, mais l'ensemble se lit très bien, sans temps mort. Il est impossible de s'ennuyer en le parcourant, et on s'amusera à chercher, comme Oliver, qui est le traitre et comment sauver Londres. 

Il faut noter que c'est un tome 1, ce que j'ai complètement occulté en lisant le livre. Ce qui laisse prévoir d'autres aventures d'Oliver, et une reconstruction de son monde, même si cet ouvrage se suffit déjà presque à lui-même. 

Si seulement Lucie

J'ai lu Si seulement Lucie de Vincent Egel



4ème de couverture

Depuis l'enfance, Lucie porte un secret. Sa tête est pleine de "si" qui l'empêchent parfois de faire des choix. Lorsqu'elle rencontre Jim, elle voit en lui une sorte d'extraterrestre. Elle le déteste tout de suite car elle sait qu'elle pourrait tomber amoureuse de lui.
Jim vit dans ses rêveries. Il s'intéresse à des sujets qui n'intéressent personne et vice-versa. Lorsqu'il croise le regard de Lucie, il sait qu'elle est différente des autres filles. Il sait aussi, à ce moment-là, que sa vie va changer.

Mon avis :


Ce livre m'a accroché dès les premières lignes. Par la qualité de son écriture, d'abord, qui m'a plongée droit dans le cœur des deux personnages principaux. Par les thématiques abordées, ensuite.
Au fil des pages et des chapitres qui alternent, on suit Jim, un garçon attentif et un peu distant, et Lucie, qui vient d'emmenager dans son immeuble.
Lucie est prise au piège d'un lourd secret qu'elle porte en elle, qui l'empêche de profiter de la vie. Elle se sent responsable des disputes incessantes de ses parents, incapables de s'aimer comme de l'aimer, et elle est persuadée qu'elle porte malheur. Elle cherche sans cesse autour d'elle les signes qui lui confirment.
Jim aura fort à faire pour l'apprivoiser, pour percer les barricades qu'elle élève autour d'elle.
Une grande partie de l'intérêt du livre repose dans les non-dits, dans ce secret qui pèse sur Lucie. Mais l'écriture, à fleur de peau et d'émotions, porte véritablement ce récit.
J'ai été triste de devoir laisser les personnages à la fin de ce court roman, après une fin qui m'a semblé abrupte, trop courte. Mais j'ai été heureuse de faire ce petit bout de chemin avec eux.

the perfect date

J'ai lu The Perfect date de Steve Bloom



4ème de couverture

BROOKS RATTIGAN NE LE FAISAIT PAS POUR L’ARGENT.
DU MOINS, PAS DANS UN PREMIER TEMPS.
 
Lorsque Brooks s’était porté volontaire pour escorter la cousine de Burdette à la fête des anciens, c’était avec les plus nobles intentions – venir en aide à un ami, sans compensation. Mais lorsqu’il reçoit un pourboire de 300 $, la rumeur se répand rapidement parmi les familles fortunées des alentours. Brooks y voit l’opportunité de gagner de l’argent. Il propose ses services impeccables d’escorte à des parents poules reconnaissants et très riches qui souhaitent que leurs filles vivent cette expérience «  une fois dans leur vie  » pour leur dernière année.
 
En plus, Brooks peut utiliser cet argent. Il a besoin d’un tuteur pour améliorer ses notes en vue du baccalauréat. Ainsi, il espère intégrer l’université de Columbia, sa seule chance de quitter sa ville ouvrière et de gravir l’échelle du succès comme il le désire si ardemment. Alors, même si le chemin qu’il emprunte le mène à rencontrer quelques petites déceptions et à enfreindre quelques principes moraux, où est le mal  ?
 
Malheureusement, Brooks n’avait pas prévu la démente Célia Lieberman…
 
Ou la charmante Shelby Pace.


Mon avis


Je m'attendais à une histoire plaisante et facile à lire en optant pour cet ouvrage. Avec un peu de romantisme dedans, pour tout dire.
J'ai été rapidement surprise par le ton du narrateur : la langue est très orale, très légère, cela ne fait pas du tout littéraire. Ce qui pourrait être un argument positif mais je dois dire que la personnalité du narrateur, profondément égoïste, ressortait encore plus fort par ce choix, et que j'ai donc eu beaucoup de mal à m'attacher à lui.
Il est totalement aveugle à tout ce qui n'est pas lui, néglige ses amis, voit le monde changer tout en restant focalisé sur ses propres problématiques... Bref, il était agaçant, et le type de narration choisi ne faisait rien pour arranger cette impression.
Les scènes se succèdent, sans surprises majeures. On voit très vite où toute l'histoire va nous mener et, malgré tout, certaines scènes ou changements dans les relations semblent un peu trop rapides. Il n'y avait en fait pas d'évolution dans les ressentis du personnage principal, il passait d'un état à l'autre très rapidement, y perdant en crédibilité.
Bref, ce livre est une déception pour moi, alors que l'histoire, pourtant, reste relativement intéressante. D'ailleurs, il a été adapté en film sur Netflix et la bande-annonce est déjà plus dynamique (avec plein de changements par rapport au livre, évidemment...)



lundi 8 juillet 2019

Fanny Cloutier, tome 1 : L'année où j'ai failli rater ma vie

J'ai lu Fanny Cloutier, tome 1 : L'année où j'ai failli rater ma vie de Stéphanie Lapointe




4ème de couverture


J'ai souvent entendu dire que la chose la plus difficile dans la vie c'est de commencer quelque chose. Alors 3-2-1: GO! Je m'appelle Fanny Cloutier, j'ai quatorze ans, presque quinze. Les deux choses que je sais faire le mieux dans la vie, c'est dessiner dans mon journal intime ou bien subir les décisions excentriques de mon père. D'ailleurs, il doit bientôt se rendre à l'étranger pour tenter de développer une invention personnelle. Et moi, je vais devoir aller chez ma tante, Lorette. Comment je vais faire pour m'intégrer à cette famille et à une nouvelle école ? Aucune idée !

Mon avis


J'avoue que j'ai un coup de cœur pour le Canada, alors dès que je peux lire un livre qui se passe dans ce coin du monde, je pars toujours avec un a priori positif. Et je n'ai pas été déçue par cette histoire farfelue et tendre à la fois.
Fanny a du caractère, c'est une adolescente qui n'a pas envie de s'en laisser conter. Elle vit seule avec son père depuis le décès de sa mère, alors qu'elle était encore toute petite. Ils sont proches l'un de l'autre, même s'il est très distrait. Alors quand il lui annonce qu'il va partir au Japon mais que, elle, elle va rester au Canada et aller passer l'année scolaire chez une tante dont elle n'a jamais entendu parler, elle n'est pas du tout ravie.
Je n'ai pas eu trop de pitié pour ce père qui envoie sa fille, en bus, dans un endroit où elle n'a jamais mis les pieds, avant de s'envoler pour plusieurs mois. Mais par contre, j'ai savouré les aventures de cette ado qui va en profiter pour déterrer quelques secrets de famille. Et aussi pour se rendre compte que les jugements que les ados portent les uns sur les autres sont souvent bien à côté de la plaque !

Le livre se lit très vite, aidé en cela par une mise en page très colorée et dynamique. Il y a des dessins, des gribouillis, des feuilles à déplier... Chapeau bas aux personnes qui ont conçu la maquette, et à l'éditeur qui a suivi. Ca fait du bien de voir des livres qui sortent de la présentation ordinaire.

Le roman est riche en aventures et en rebondissements, il y a un vrai mystère dans le passé de Fanny et j'ai mené l'enquête avec elle, sans jamais deviner où elle allait nous emmener.
C'est une lecture plaisante (d'autant que d'autres tomes et d'autres dépaysements, peut-être, sont encore à découvrir !)

jeudi 20 juin 2019

L'arrache-mots


J'ai lu L'arrache-mots de Judith Bouilloc


4ème de couverture


«  La phrase s’écoula de ses lèvres lentement, intelligiblement. Les enfants retinrent leur souffle. Au cœur de la bibliothèque de Pergame, la magie opéra encore une fois. Les caractères se décollèrent de la page en tremblotant, ils virevoltèrent sous le nez de la jeune femme avant de dessiner quatre silhouettes distinctes. Les gamins pouvaient reconnaître le marchand d’habits accoutré d’un magnifique pourpoint, et ses trois filles, dont l’une était vêtue avec moins de fanfreluches que les autres... c’était la Belle.  »

La jeune Iliade a un don merveilleux  : le pouvoir de donner vie aux mots et aux histoires. Ce don fait d’elle la bibliothécaire la plus célèbre de tout le royaume d’Esmérie.
Le matin où elle reçoit une demande en mariage presque anonyme, elle n’est sûre que d’une chose : son prétendant est un membre de la famille royale  !
Bien décidée à comprendre qui s’intéresse à elle et surtout, pourquoi cette personne lui propose un contrat de mariage si avantageux, Iliade se rend dans la capitale. Là-bas, elle découvre les fastes de la cour… et la froideur de son fiancé. Pourtant, elle finit par s’attacher et à lui et se retrouve, bien malgré elle, propulsée au cœur d’intrigues et de complots auxquels rien ne la préparait.



Mon avis


La première chose qui m'a très rapidement frappée quand j'ai lu ce roman, c'est quand est typiquement dans l'esprit de la Passe-Miroir de Christelle Dabos (mais avec un positionnement un peu plus jeunesse). Si vous avez lu ce dernier, vous retrouverez le même type d'environnement et d'interactions. 
La deuxième chose, ce sont tous les auteurs français (et leurs œuvres) cités au fil des pages. Ce qu'on ne voit pas si souvent en fantasy. 
La troisième, c'est que ce roman est une pure déclaration d'amour aux livres et à la lecture. Le principal rêve de l'héroïne, c'est de rentrer dans la plus grande bibliothèque du royaume. 

Ensuite, même si le parallèle avec La Passe-Miroir m'a parfois un peu gâché ma lecture, le scénario reste bien construit, avec des rebondissements auxquels je me suis laissée prendre. J'ai pris du plaisir en le parcourant. 
Mais...
Mais je l'ai parfois un peu trouvé faible dans la construction de l'univers ou dans certaines réactions des personnages. J'aurais aimé, je crois, que ce soit un peu plus creusé, un peu plus fouillé. Il m'a juste manqué cela pour être véritablement emportée par ma lecture...

Un petit grain de sable

J'ai lu Un petit grain de sable de Petra Hülsmann.



4ème de couverture :


Sans être maniaque, Isa, 27 ans, a une vie bien réglée. Voilà onze ans qu’elle travaille chez la même fleuriste, déjeune chaque midi dans le même restaurant vietnamien et regarde chaque soir un épisode de son feuilleton préféré.
Mais un petit grain de sable vient enrayer la belle mécanique... M. Lee a fermé boutique et le resto bobo branchouille qui a ouvert à la place ne sert pas de soupes de nouilles !
Le premier réflexe d’Isa est de prendre en grippe son nouveau voisin. Quel type prétentieux, ce Jens, et arrogant ! Mais n’est-il pas aussi terriblement séduisant ? Et célibataire...

Mon avis :


Je ne suis pas une grande experte de la littérature allemande, mais je commence de plus en plus à apprécier les auteurs et autrices de nos voisins.
Il y a beaucoup d'humour dans le personnage de cette fleuriste psycho-rigide qui veut que rien ne change dans sa vie. Elle a un planning bien établi (tel jour, c'est la lessive, tel jour la visite au cimetière... et surtout sa soupe de nouilles chinoises tous les midis). Quand son restaurateur préféré ferme et qu'un nouveau chef qui aime les expérimentations culinaires prend sa place, Isabelle est désespérée.
Mais quand elle est désespérée, elle n'est pas du genre à se laisser faire. Ça non : Isabelle va dire ses quatre vérités à ce cuistot qui refuse de lui préparer une soupe toute simple ! Quitte à se heurter de front à un homme un peu bourru qui n'a pas non plus pour habitude de céder facilement.
Dans ce maelstrom, il y a aussi son conseiller financier auquel elle voudrait bien faire les yeux doux, ses meilleurs amis qui ont décidé de quitter la ville et de l'abandonner pour aller vivre à la campagne et son feuilleton préféré qui est annulé.
J'ai beaucoup aimé Isabelle, sa naïveté, sa candeur, sa détermination aussi. De même que les personnages qui gravitent autour d'elle. Les événements s'enchaînent, on s'attache de plus en plus aux personnages, on a parfois envie de les pousser dans une certaine direction (bon, c'est une romance, c'est le jeu, non, de former ses paires de couples ?)... toujours avec cette touche de légèreté et de fraîcheur qui fait du bien.
Une lecture que je vous conseille pour l'été (oui, le dépaysement, c'est aussi juste de l'autre côté du Rhin).

mardi 4 juin 2019

La vie rêvée de Chloé Chevalier

J'ai lu La vie rêvée de Chloé Chevalier de Céline De Rosa



4ème de couverture :

Chloé a dix ans et vit à Paris avec ses parents et son jeune frère Ethan, de deux ans son cadet. C'est une préadolescente bien en avance sur son âge, une solitaire férue de civilisations anciennes et de lecture qui, dès que l'occasion se présente, s'isole dans sa chambre.
Des amis, elle n'en a pas. Des amis, elle n'en veut pas vraiment. 
À son âge, elle est déjà consciente que le monde n'est pas si beau... 
Ses parents décident de quitter le douillet seizième arrondissement de la capitale et leurs professions plus qu'enviables pour vivre une belle expérience en Australie. Leur façon de voir la vie va changer. Du tout au tout. Mais ce n'est que le début d'une longue série d'histoires extraordinaires. 
Un livre pour se distraire, voyager et apprendre... des tas de choses !!! 
Pour les curieux... petits et moins petits !

Mon avis :


J'avais beaucoup d'attente pour ce roman. Des voyages, de la découverte, du dépaysement, les difficultés d'adaptation à l'idée de partir ailleurs... Il y a certes un peu de tout cela, mais j'ai pourtant été globalement déçue.
Le ton est vraiment celui d'un roman jeunesse, mais avec des lourdeurs et des répétitions qui prennent un peu, à mon sens, les jeunes lecteurs pour beaucoup plus distraits qu'ils ne le sont. Le roman est présenté comme un journal intime, mais adressé aux lecteurs, et la narratrice, régulièrement, rappelle ce qu'elle a déjà dit plus tôt, au cas où, elle le précise, on aurait oublié. Ce que j'ai trouvé un peu maladroit, pour ma part, et ampoulé.
Ce personnage était pourtant intéressant, cette jeune demoiselle de 10 ans, en avance pour son âge, curieuse, monomaniaque, qui a du mal avec les interactions sociales (limite Asperger, je pense). Son regard sur ce voyage pourrait être passionnant. Sa candeur, par moments, est véritablement touchante. Mais l'autrice ne parvient pas à maintenir ce ton, et oscille entre un faux ton d'adulte qui veut se faire passer pour un enfant et celui qui est la vraie voix de son héroïne.
En ce qui concerne l'aspect voyage, il reste survolé. On découvre un peu la culture de l'Australie, mais c'est donné par moments d'une façon un peu encyclopédique, comme si tout d'un coup l'autrice se rappelait que ce livre était là pour nous apprendre des choses. Et comme il ne se passe pas de nombreux événements à part ce voyage, le roman est un peu plat.
C'est dommage, parce qu'il y avait de vraies bonnes idées, et que le thème est génial. Mais ces maladresses font que j'ai décroché très vite du récit, et que je ne lirai sans doute pas la suite, alors même que j'adore l'idée de ces voyages en famille...