jeudi 29 novembre 2012

Instinct

Un bon livre fantastique français, des métamorphoses dans les Alpes et autant d'action que dans un film américain, cela vous tente ? Ouvrez donc Instinct de Vincent Villeminot et vous trouverez tous ces éléments.

Couverture Instinct, tome 1
4ème de couverture : Il y a une métamorphose en chacun de nous.
Tim ne garde qu'un souvenir troublant de l'accident. Quand il a repris conscience, il était une bête féroce, avide de chasse et de sang.

A-t-il rêvé ?

Ce n'est pas l'avis du professeur Mclntyre, psychiatre singulier, qui l'emmène dans son institut de recherche où vivent d'autres initiés, tous sujets à des métamorphoses animales. C'est là que Tim rencontre Shariff et surtout Flora, une jeune fille séduisante et insaisissable...


Voilà un livre que je voulais lire depuis longtemps. Pour une fois, j'ai attendu d'avoir la trilogie complète sous la main avant de commencer, et je ne le regrette pas.
Les premières pages nous font faire la connaissance de Tim, un adolescent américain en route avec ses parents, quelques minutes avant un terrible accident de voiture.
Le traumatisme lui a fait croire qu'il était un ours, pendant quelques heures. Ce qui est bien sûr impossible. Seul un médecin semble prêter corps à son récit et l'emmène dans son institut, caché dans les alpes françaises. Le nom de cet endroit ? Institut de lycanthropie...

Malgré ce que l'on pourrait croire, il n'y a pas de loup dans ce récit. Sauf à croire que l'homme est un loup pour l'homme. C'est alors une véritable meute enragée qui entoure Tim et ses amis. Il y a des gens qui vendent de la drogue, des chasseurs assoiffés de sang, des milliardaires qui ne savent comment dépenser leur argent, des scientifiques qui aiment un peu trop les recherches... et trois jeunes adolescents aux prises avec ce maelström.
Ces trois jeunes gens sont attachants. Tim est un coureur des bois solitaire et taiseux, Flora une jeune fille secrète qui a du mal à faire confiance et Shariff est un jeune garçon plein d'élan et de volonté (il est difficile de ne pas l'apprécier, que ce soit pour ses grandes convictions ou pour sa maturité maladroite).
On apprend à les connaître dans ce premier tome, à découvrir, par les yeux de Tim, le monde où leur différence les pousse à vivre. Ce sont des adolescents, avec leurs défauts et leur propre conscience. À chaque fois qu'ils veulent bien faire, en pensant raisonner mieux que les autres, ils commettent encore plus d'erreurs. C'est justement parce qu'ils ne sont pas infaillibles qu'ils sont aussi crédibles. Et la violence qui les entoure ne les aidera pas vraiment à grandir dans les meilleures conditions.

Car il y a beaucoup de violence dans ce roman. Des agressions, des êtres qui n'ont d'humain que le nom, du sang et des morceaux de corps qui volent... Il vaut mieux avoir l'estomac bien accroché au moment de commencer sa lecture. Après, c'est elle qui nous accroche.

Ce livre est très visuel, très rythmé aussi. J'ai juste regretté que les quelques "révélations" (que ce soit dans le tome ou les suivants) soient tellement prévisibles. Elles sont amenées avec tant de détails qu'il est impossible de ne pas les voir arriver. Cela ne gâche cependant rien à l'histoire, car il ne s'agit pas d'un roman policier où l'on guette les indices, mais bien d'un roman d'action pur sang.
L'impact fantastique n'est pas à négliger non plus, c'est lui qui justifie le livre, et il est présent sans alourdir l'histoire. Il est facile d'y croire, et c'est d'autant plus intéressant.
L'auteur puise librement dans des références littéraires, antiques ou cinématographiques pour agrémenter son récit, et il le fait très bien.

Bref, une très bonne trilogie. Si nous étions aux États-Unis, elle ferait sans doute l'objet d'une série télévisée. Peut-être quelqu'un en aura-t-il l'idée un jour...

En plus :
- sur facebook, une fin alternative inédite pour le dernier tome
- une vidéo où l'auteur parle de son livre

mardi 27 novembre 2012

Pas ce soir

Parfois, il est agréable de sortir de sa zone de confort. C'est aussi pour cette raison que j'ai eu envie de participer au prix Coup de cœur 2013. Et c'est de cette manière que j'ai découvert Pas ce soir de Charline Quarré  , que je n'aurais sans doute pas lu dans d'autres circonstances.
Couverture Pas ce soir

4ème de couverture : C'est une soirée mondaine parisienne.
Un petit monde où mensonges, manipulations et ragots provoquent parfois des dérapages incontrôlés.
Où les faiblesses des uns font la gloire des autres.
C'est une soirée qui réveille les souvenirs endormis d'Eugénie, jeune femme odieuse et misanthrope.
C'est l'histoire de ce que l'on découvre derrière le plus efficace des cache-misère, l'arrogance.




Le livre commence très rapidement, pas le discours d'une jeune femme qui n'a pas très envie de sortir de chez elle. On comprend qu'elle est déprimée, qu'elle a perdu un être cher... Elle finit pourtant par se rendre à cette soirée mondaine en plein Paris. Et là, les événements se bousculent. Ce n'est pas l'action qui les caractérise, puisque le huis-clos d'un appartement enferme la narration. Il s'agit plus d'un jeu d'apparences et de faux-semblant, de personnages qui se téléscopent et n'arrivent pas toujours à éviter d'avoir mal.
La narratrice est une personne particulière, solitaire, renfermée, en colère... Elle se sent différente, en joue, en surjoue même parfois et n'arrive plus à savoir ce qui la rend heureuse.
Le style est très incisif, traversé de phrases courtes, agressives. Il guide la lecture (ce livre se lit très vite, presque d'une traite) et traduit parfaitement les sentiments de l'héroïne. Au fil de l'histoire, quelques révélations surprennent et permettent de se rendre compte à quel point le choix des mots compte dans un roman.
J'avoue ne pas avoir trop aimé la fin, qui me semble peu facile d'une part, et que rien, dans les pages précédentes, ne permet de prévoir. Elle viendrait presque gâcher une histoire qui, à part ça, est très bien menée.
J'en ressors donc assez dubitative, principalement à cause de ces toutes dernières pages.
coup de cœur 2013

jeudi 22 novembre 2012

World War Z

Un peu de zombies pour terminer la semaine, ça vous tente ?
Les vampires sont dépassés, depuis quelques années, les zombies sont à la mode (même si le gouvernement américain affirme qu'ils ne peuvent pas exister). Comme toute personne qui cherche à se documenter, je continue donc à lire quelques ouvrages sur le sujet (bon, j'avoue : je préfère largement lire des romans qui parlent de zombies que de voir des films sur ces personnages. Je reste traumatisée à vie par l'époque où mon père jouait à Resident Evil).
J'ai donc lu World War Z de  Max Brooks.


4ème de couverture : La guerre des Zombies a eu lieu, et elle a failli éradiquer l'ensemble de l'humanité. L'auteur, en mission pour l'ONU - ou ce qu'il en reste - et poussé par l'urgence de préserver les témoignages directs des survivants de ces années apocalyptiques, a voyagé dans le monde entier pour les rencontrer, des cités en ruine qui jadis abritaient des millions d'âmes jusqu'aux coins les plus inhospitaliers de la planète. Il a recueilli les paroles d'hommes, de femmes, parfois d'enfants, ayant dû faire face à l'horreur ultime. Jamais auparavant nous n'avions eu accès à un document de première main aussi saisissant sur la réalité de l'existence - de la survivance - humaine au cours de ces années maudites. Depuis le désormais tristement célèbre village de Nouveau-Dachang, en Chine, là où l'épidémie a débuté avec un patient zéro de douze ans, jusqu'aux forêts du Nord dans lesquelles - à quel prix ! - nombre d'entre nous ont trouvé refuge, en passant par les Etats-Unis d'Afrique du Sud où a été élaboré l'odieux plan Redecker qui finirait pourtant par sauver l'humanité, cette chronique des années de guerre reflète sans faux-semblants la réalité de l'épidémie. Prendre connaissance de ces comptes-rendus parfois à la limite du supportable demandera un certain courage au lecteur. Mais l'effort en vaut la peine, car rien ne dit que la 2ème Guerre mondiale sera la dernière.

Ce qu'il y a de bien, avec les histoires de zombies, c'est qu'elles donnent l'occasion aux auteurs de tester de nombreux effets littéraires. Par exemple, dans ce roman, il n'y a pas de personnage principal... Chaque chapitre donne la voix à une personne qui a combattu contre les zombies, lors d'une guerre terrible. Le seul lien entre eux est la personne qui les interroge et qui retranscrit leurs récits. On sait donc dès le début que cette "guerre" est finie... et le livre, présenté comme un rapport, nous offre une vision sur ce qui s'est passé pendant ce conflit.
Il n'y a donc pas d'explication : personne ne sait d'où viennent réellement ces zombies, même si certains avancent des théories. Les récits sont organisés selon un ordre chronologique, de manière à nous faire comprendre l'horreur des premières personnes confrontées au fléau des zombies, jusqu'à la manière dont les gouvernements et les militaires de chaque pays ont cherché à combattre ces montres.
Grâce à cet aspect, ce qui n'aurait pu être qu'un ensemble décousu prend tout son sens, à mesure que l'histoire du conflit prend forme. Tout le monde peut se sentir concerné, vu que les intervenants viennent de tous les pays du monde (et sont chacun intimement convaincus que leur manière de faire et de penser est la meilleure).
L'ouvrage est intéressant, donc, pour cet aspect très froid et rigoureux, qui  nous montre les réactions humaines, dans leur ensemble, face à une horreur qui pourrait être insurmontable. Mais ce qui est sa force est également sa faiblesse : il n'y a pas de héros auquel s'identifier, pas de personnage auquel on s'attache. On finit par le lire comme on regarderait un journal télévisé, en quête d'informations mais sans le prendre de manière personnelle.
Ce livre est donc bien fait, mais il ne figurera pas parmi mes préférés du genre.

Cela dit, il a inspiré les cinéastes, vu qu'un film va bientôt sortir et que son trailer circule déjà. Comme vous le verrez, les scénaristes ont habilement compensé ce manque dont je parlais plus haut (et hop, un brave homme - Brad Pitt en l'occurrence - , avec une femme et des enfants, est confronté aux zombies et on suit ses traces dans le monde. Il y a tout de suite beaucoup plus d'affectif de cette manière.


Sinon, pour la petite histoire, Max Brooks est le fils de Mel Brooks. Mais ses histoires sont nettement moins amusantes (enfin si on excepte le Guide de survie en territoire zombie, que toute personne devrait avoir lu au moins une fois... on ne sait jamais)

Faire diminuer sa Pal

Il faut lire, ma chère enfant, il faut lire... Accumuler les livres est loin d'être suffisant.

En accord avec ce principe, je me suis à nouveau inscrite au challenge Livra'deux pour Pal'addict (la troisième édition, quand même). Le but du jeu : faire diminuer ma Pal en laissant quelqu'un d'autre choisir à ma place ce que j'allais lire.
Cette fois-ci, j'ai laissé faire le hasard, qui m'a associée à Zina.
Elle m'a laissé le choix entre
Couverture Les Radley
Couverture La Mort s'invite à PemberleyCouverture L'odyssée du temps, tome 1 : L'Oeil du temps

Et j'ai choisi Les Radley   
(après beaucoup d'hésitation, le livre de PD James me tentait aussi énormément)
Je devrais donc vous en parler très prochainement







mercredi 21 novembre 2012

Sur les aiguilles... ou pas

Il ne faut pas croire que je ne tricote plus parce que je ne le montre pas...
Dernièrement, j'ai surtout tricoté pour des cadeaux (ce qu'on ne peut dévoiler en ligne que lorsqu'ils ont été reçus) et certains m'ont pris beaucoup de temps.



Il en est ainsi de cette couverture pour mon tout premier neveu ! Je l'ai commencé début août et terminée fin septembre ! Ce fut un travail de longue haleine mais dont je suis contente. Ma sœur, sa mère, aimant l'art, j'aimais la référence artistique du modèle (Op Art) et même le clin d'œil de sa créatrice à Alice au Pays des merveilles). Elle est suffisamment grande, mais pas trop, pour pouvoir être emmenée dans une poussette facilement, par exemple...

En ce moment, je me tricote (youhou, un tricot pour moi !!!) un gilet pour l'hiver. Il se tricote en rond, en partant du bas, et j'ai déjà fait une manche et toute la partie inférieure... Je pense que je devrais l'avoir terminé avant la fin de l'hiver. Il est en jersey envers, par contre, et en fait, j'ai toujours beaucoup de mal avec le rendu de ce point. Par contre, pour une fois, je n'ai pas hésité à allonger les longueurs, pour qu'il corresponde vraiment à mes envies et je ne respecte pas les dimensions du modèle (question cruciale : aurais-je assez de laine ? )



samedi 17 novembre 2012

Carte scrappée

Je n’ai pas encore osé faire trop de cartes en scrap, les quelques fois où j’ai tenté l’expérience, je n’ai pas franchement été enchantée du résultat.
Je suis pourtant assez contente de cette petite carte, envoyée dans le cadre d’un swap. Elle est toute simple, pourtant, mais j’aime assez ce que j’ai fait

P1020688 P1020687P1020689 

Un tag sur la première face, l’intérieur tamponné à la Distress et une petite fleur au dos…

jeudi 15 novembre 2012

La famille Frank

J'ai un léger côté monomaniaque. Il se traduit notamment par mes lectures et par le fait que je suis incapable de résister à certaines d'entre elles (les gens coupés du monde pour une raison ou une autre, la littérature austenienne,...) et qui peut même légèrement virer à la collectionnite (les livres de Schultz, ceux de Terry Pratchett (où je suis très très en retard)... J'ai même tous les livres de Belle et Sébastien, oui, tous, même ceux où il n'y a plus Belle). Les livres sur Anne Frank font partie de cette obsession. C'est pourquoi je n'ai pu m'empêcher de lire La famille Frank de Mirjam Pressler.
Couverture La famille Frank

4ème de couverture : L'histoire d'Anne Frank, auteur d'un des textes les plus poignants du XXe siècle, est connue de tous. Celle de son extraordinaire famille l'est beaucoup moins. La voici enfin révélée, de la " ruelle aux juifs " de Francfort où naquit son arrière-grand-père au salon mondain de sa grand-mère Alice, épouse d'un banquier, avant que la famille n'essaime à Londres, Bâle et Amsterdam. Son père, homme à la vie brisée par la perte de sa femme et de ses enfants, parviendra à se reconstruire, tandis que ses neveux s'accompliront dans le monde du cinéma et de la danse... Dans ce livre événement qui a déjà bouleversé le public allemand, nous suivons pas à pas la vie, les amours, les joies et les drames d'une famille cosmopolite et cultivée, emblématique de ce "monde d'hier" célébré par Stefan Zweig, fondé sur l'esprit et la culture. Les Frank incarnaient l'Europe de l'intelligence qui fut balayée par le nazisme en un peu plus d'une décennie. A partir des archives familiales miraculeusement découvertes, l'écrivain Mirjam Pressier nous raconte aussi la destinée de ceux qui s'aiment à distance dans un monde secoué par la guerre.


La lecture des premières pages est assez déroutante. Parce que l'on se dit très vite que les arrière-grands-parents d'Anne Frank n'auraient sans doute jamais été cités dans un livre si son journal n'était pas devenu aussi célèbre.
Et puis, l'aspect historique prend le pouvoir. Imaginer un temps où les ghettos étaient considérés comme des mesures de protection par ceux qui y vivaient, par exemple, est assez déroutant. La vie, telle qu'elle était avant, reste toujours un peu intrigante...
À mesure que les années découlent, on retrouve des membres de la famille Frank contemporains de la jeune Anne. On voit comment ils vivaient pendant qu'elle se cachait dans l'annexe, comment ils ont guetté les nouvelles après la guerre, la manière dont ils ont fait leur deuil ensuite. Leur appréhension quand le Journal est paru est aussi contée.
Des extraits de lettre, des photos de famille, ponctuent ces biographies de gens marqués par les séparations. On pénètre dans leur intimité sans vraiment savoir ce qu'ils ont pensé, puisque la rédactrice de l'ouvrage ne peut nous donner que son avis a posteriori. Mais la douleur et la perte, la nécessité aussi que la vie continue, transparaissent dans chaque page.
Ce livre n'en dit pas plus sur Anne Frank que ce qui a déjà été dit avant. Il donne un aperçu sur sa famille mais qui reste décemment distant. L'ouvrage est plus à lire comme le récit d'une famille sur plusieurs décennies, presque comme une saga rapide, que comme un aperçu de la vie d'une jeune juive en temps de guerre, même s'il éclaire un peu plus les zones d'ombre du personnage. Il ne faut pas le lire pour faire de grandes découvertes, mais pour se plonger dans le passé.

mercredi 14 novembre 2012

Le puits des mémoires

Je n'aime plus la Fantasy. J'en ai trop lu et c'est toujours la même chose...

Voilà ce que je disais avant de commencer la lecture du Puits des mémoires de Gabriel Katz
Couverture Le Puits des Mémoires, tome 1 : La Traque

4ème de couverture : Trois hommes se réveillent dans les débris d'un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d'eux n'a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l'autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.


L'histoire commence très vite, par des personnages qui sortent de caisses de bois. Ils n'ont aucun souvenir de leur passé, ne savent pas qui ils sont ni d'où ils viennent. Par contre, leurs connaissances du monde qui les entoure ne cesse de les intriguer. Ils n'ont cependant pas le temps de s'interroger plus avant : à peine ont-ils décidé de s'inventer des noms que des guerriers surgissent de toute part pour les attraper. La fuite commence...
Ce livre a été une très bonne surprise pour moi. Certes, on retrouve certains clichés de la Fantasy : mettez ensemble un magicien, un lanceur de couteaux aguerris et un voleur (de cœurs), lancez-les sur la route dans un monde où un personnage très méchant fait régner la terreur et voyez s'ils apprennent de nouvelles choses utiles. Mais l'auteur n'hésite pas à jouer avec ses clichés, et le tout avec un certain humour. De grands moments de suspense se soldent par une bosse, des amours éperdus s'oublient en quelques pages et les héroïques guerriers rêvent surtout de tranquillité. Il y a assez peu de temps morts dans l'histoire et, quand ils sont présents, c'est pour mieux faire sentir l'ennui des personnages principaux.
Ces personnages sont d'ailleurs particulièrement prometteurs. Nous avons un homme qui se découvre un pouvoir de mage puissant (mais qui ne sait pas comment l'utiliser), un bourreau des cœurs qui ne cesse de tomber amoureux (au point que cela en devient une manie), et un taciturne "ami des chevaux" qui a de nombreux talents cachés. Chacun est mis en avant à tour de rôle et il est facile d'apprendre à les apprécier. Leurs failles sont évidentes et leur quête maladroite est touchante. On a envie de savoir, comme eux, quelle est leur origine et pourquoi tant de personnes sont à leur recherche.
Certains personnages, très sombres, deviennent le contrepoint parfait de l'apparente légèreté des trois héros. Dans ce premier tome, on ne fournit aucune excuse à leur comportement (ont-ils été battus par leur mère, reniés par leur père, mordus par un chien errant ? Personne ne le sait). Si vous êtes attentif, vous aurez noté les mots "premier tome"... Et oui, comme toute saga de Fantasy qui se respecte, celle-ci ne saurait être contenue dans un seul ouvrage. Heureusement pour nous, le deuxième est déjà disponible (mais certains affirment déjà qu'il rend les lecteurs encore plus impatients de lire le tome 3).

Bref, je ne regrette absolument pas d'avoir pu découvrir cet ouvrage grâce aux Coups de cœur littéraire pour auteurs peu médiatisés. Celui-ci mérite vraiment que l'on parle de lui.
coup de cœur 2013

En plus : la page facebook de l'auteur
Une interview de celui-ci
la page sur le site de l'éditeur

jeudi 8 novembre 2012

Sam et Julia dans la maison des souris

Utiliser ses dix doigts pour fabriquer des objets, c'est le quotidien de toute créatrice, non ? Il y aux Pays-Bas un auteur qui a poussé le vice encore plus loin, et a construit une maison de souris... de 3 m de haut ! Elle en a ensuite fait un livre : Sam et Julia dans la maison des souris de Karina Schaapman
 Couverture Sam et Julia dans la maison des souris
4ème de couverture Sam est le meilleur ami de Julia. Julia est la meilleure amie de Sam. Ensemble, ils passent des heures à jouer dans leur cachette, à courir dans l'escalier, ou ils rendent visite à leurs drôles de voisins. Il y a le marin dont ils admirent les tatouages, le chiffonnier qui vit au milieu des vieux journaux, le musicien au violon, l'oncle qui sait tout faire ou encore la maman dont les triplés ne sentent pas très bon. Et quand ils ne sont pas en promenade, ils font des crêpes, la lessive, des bêtises, ou passent une journée au lit car même une souris peut avoir la varicelle.

 Ce qui rend ce livre extraordinaire, ce n'est pas le texte ou l'histoire, qui reste très simple et donc abordable par les plus jeunes, mais bien le travail minutieux de l'artiste.
Chaque pièce a été fabriquée à la main, elles foisonnent de détails miniatures qui en font une maison de poupées de rêve. On imagine aisément le nombre d'heures qu'il a fallu pour la construire et pourtant, l'auteur invite les jeunes lecteurs à construire leur propre maison de souris ! Dans cet ouvrage, on peut voir qu'elles lisent Le Journal d'Anne Frank ou qu'elles connaissent Ikéa, par exemple. De nombreuses pièces apparaissent sur les pages de garde, qui ne sont pas encore évoquées dans l'ouvrage : deux autres tomes sont déjà prévus. Et je peux vous dire que La Môme Caoutchouc a scruté ces pages avec attention pour repérer les lieux évoqués dans les histoires du livre.
À l'intérieur, on suit les pas de deux jeunes souris malicieuses, qui vivent en marge du monde des adultes. Celui-ci a un petit côté rétro (les enfants sont envoyés chez le marchand pour acheter du savon pour la lessive, le chiffonnier n'est pas oublié...) ce qui crée un charme désuet à l'histoire. Je trouve pourtant que le texte aurait pu être plus travaillé, avec un peu plus de travail sur les sons et le choix des mots, par exemple. La typographie met en valeur certains termes qui reviennent régulièrement dans le museau de ces petits animaux (super, trop...) et ma fille a aimé les repérer dans le texte. Ces petites différences mettent un peu de dynamisme dans une mise en page sinon un peu trop sage.
Les deux héros de l'histoire sont donc Sam à la grande famille (sa mère accouche de triplés à un moment) et Julia, qui vit seulement avec sa mère et n'a ni grands-parents, ni oncles, ni tantes... Je n'ai pu m'empêcher de me demander tout du long quelles étaient les raisons de cette semi-solitude... Elles ne sont pas expliquées dans l'histoire, peut-être parce que des enfants, surtout jeunes, ne se poseraient pas la question (quoique...). Cela ne l'empêche pas d'être téméraire, au contraire du gentil Sam qui la suit partout. Ils vont manger des crêpes, célébrer le Shabbat, acheter des biscuits... Des aventures quotidiennes pour de jeunes souris !
Le principal intérêt de cet ouvrage réside réellement dans les clichés des pièces : il est presque impossible de ne pas prendre du temps à les examiner soigneusement... Mais vous avez sûrement envie d'en voir plus ? 
Je vous invite donc à visiter ces liens : 
> un extrait à feuilleter : http://www.edenlivres.fr/p/22076
> un dossier de présentation de l'auteur et du livre : http://fr.calameo.com/read/0004793889551f6c77703
 
Par ailleurs, le prix néerlandais « Pinceau d’argent 2012 » vient de lui être décerné.
Le Zilveren Penseel ( Pinceau d’argent ) est un prix littéraire qui couronne, chaque année depuis 1981, les deux meilleurs livres illustrés pour la jeunesse parus dans le courant de l’année précédente.

mercredi 7 novembre 2012

Ca faisait longtemps

Il y a longtemps que je n’avais pas fait de scrapbooking, vous ne trouvez pas ? Moi si. Ces petites séances de patouillage me manquaient. Ce soir, j’ai profité d’un moment de tranquillité entre le coucher des filles et le début de Desperate Housewives (je suis la scrappeuse la plus rapide à l’ouest d’Angers !)

scrap papa

Toujours pour le fameux album de mariage (et dire que je dois me lancer sur les albums des filles après… si possible avant leur majorité. Par contre, je passerai peut-être sur du format 30/30 à ce moment-là, le 20/20 limite quand même les possibilités. Il faudra que je m’achète d’abord un album adéquat !).
Quelques clichés de mon père et moi ce jour-là. Et pour l’option bricolage… Mon papier était trop court, donc je l’ai allongé avec une bordure contrastée et un bout de papier journal pour mettre quelques mots sur la page. Par hasard, je suis tombée sur un bout de papier avec des mots qui font sens pour mon père (j’ai assisté à mon premier concert avec lui, c’était une prestation de Johnny Halliday). J’ai ajouté quelques points de couture à la main, des taches d’encre pour rappeler mon enfance… La page était encore trop propre alors j’ai été jusqu’à me griffonner les doigts pour les essuyer sur la page et l’ombrer un peu… Quand je pense qu’enfant on nous apprend à ne pas faire toutes ces choses ! Le scrapbooking est décidément très jouissif, parfois.

mardi 6 novembre 2012

samedi 3 novembre 2012

La saveur de l'amitié

Je suis une faible femme... Après avoir échappé pendant des années aux vendeurs de France Loisirs, j'ai fini par tomber dans leurs pattes et par m'engager avec eux : je suis maintenant obligée d'acheter des livres chaque trimestre (ce qui, vous vous en doutez, est une torture pour moi).
Mon premier achat s'est porté sur ce titre : La Saveur de l'amitié de Darien Gee
Couverture La saveur de l'amitié

4ème de couverture : Un mystérieux colis laissé sur le pas d'une porte, et la vie de Julia puis de toute une ville va être bouleversée ... pour le meilleur. Un roman nourri d'espoir sur l'amitié, l'amour et la solidarité. Quand Julia trouve devant chez elle la recette du pain de l'amitié et un sachet de levain, elle n'a qu'une envie, s'en débarrasser. Brisée par un terrible drame, elle n'a plus goût à rien. Mais c'est sans compter sur sa petite fille de cinq ans ... Et lorsque Julia rencontre Madeline et Hannah, deux femmes à un tournant de leur vie, elle leur offre tout naturellement son pain. Ce n'est qu'un début : bientôt, gâteaux et recettes s'échangent frénétiquement à Avalon. Jusqu'où cette incroyable fièvre pâtissière mènera-t-elle cette ville, autrefois sans histoires ? Quelles conséquences sur la vie de Julia et de ses deux amies ?

Vous vous doutez bien qu'un roman qui parle de cuisine ne pouvait que m'intéresser (et oui, je vous le dis tout de suite, les recettes citées dans l'ouvrage sont toutes reprises à la fin de celui-ci).
L'histoire en elle-même est gentillette et clairement destinée aux femmes : les personnages sont féminins, on parle nouvelle vie, séparation... et certains thèmes plus douloureux sont également abordés (comme la manière de faire le deuil de son enfant). Il y a une solution à tous les maux : la cuisine... surtout si elle est faite de partage, comme c'est le cas pour le pain de l'amitié.

Revenons d'abord sur ce pain de l'amitié, qualifié d'amish dans le roman, prénommé Hermann ou Joe dans nos contrées. Il s'agit d'un levain que l'on partage en plusieurs portions à la fin de sa période de fermentation, et dont on garde une certaine quantité pour qu'il poursuive sa vie. J'ai testé la recette du livre et je me fais des gâteaux très régulièrement tous les 10 jours depuis. Ce n'est pas une grande expérience culinaire, mais c'est toutefois agréable. Par contre, je n'ose pas les redistribuer autour de moi, ce qui serait pourtant une manière surprenante de lier de nouvelles connaissances dans ma nouvelle ville (et une manière très rapide d'être cataloguée aussi, peut-être ?)

Ici, le pain de l'amitié sert de prétexte à la rencontre de plusieurs femmes totalement différentes : une ne sort plus de chez elle depuis la mort de son fils, l'autre vient d'arriver dans la ville et est une violoniste renommée, la troisième est une femme âgée qui décide d'ouvrir un salon de thé... autant de portraits rapides de femmes intéressantes, que l'on voit peu à peu évoluer. Les personnages qui gravitent autour d'elles sont tout aussi agréables.
Certes, ce pain adoucit leurs vies un peu trop facilement, on se croirait dans un conte pour adultes, mais ce roman se lit très facilement. C'est un peu comme de la chick-lit, mais sans histoire d'amour, ni personnage qui dépense des millions dans des fringues de marque... De la chick-lit culinaire, en quelque sorte (et ce style de livre se dévore sans faim).


en plus :
- le site en anglais du livre, avec une communauté qui teste plein de nouvelles recettes

vendredi 2 novembre 2012

Le dôme - Stephen King

Ceux qui me connaissent savent qu'entre Stephen King et moi, il y a déjà une longue histoire littéraire. J'ai dû lire tous ses livres (ou presque). Je ne pouvais donc pas manquer Le Dôme, même si, au vu du pavé (en deux tomes !), je ne l'ai pas acheté immédiatement.
Couverture Dôme, tome 1 Couverture Dôme, tome 2
4ème de couverture : Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…

Ceux qui lisent Stephen King depuis longtemps répètent souvent que ses derniers ouvrages sont moins pertinents que ses premiers romans (et c'est sans parler de la fin de la Tour sombre... que je relis maintenant en omettant volontairement le dernier chapitre).
Dans le Dôme, il renoue pourtant avec l'une des choses qu'il sait le mieux faire : parler d'une petite ville tranquille américaine... et de l'horreur qui se cache chez ses habitants.
Quoi de mieux pour susciter les rancœurs que de couper totalement une bourgade du reste de l'humanité ? Les citoyens coincés dans le dôme ne peuvent pas en sortir, personne ne peut y entrer... Cela veut dire aussi que les ressources sont limitées... tout comme l'oxygène (les ondes, par contre, passent très bien : ni les téléphones ni les connexions internet ne sont mises en péril par cette coupole posée sur la ville). Certains en profitent alors pour se montrer sous leur véritable jour... qui est rarement très joli.
Il y a des défauts dans cet ouvrage, il est exagérément long, l'explication de l'existence du dôme est totalement risible, Stephen King utilise des ficelles qu'il a déjà exploitées maintes fois ailleurs... Et pourtant, cette histoire est passionnante. On est enfermé avec les résidents, on souffre pour eux (pour certains d'entre eux, cela dit, pas pour tous) et on se demande comment ils vont bien pouvoir s'en sortir... Le fantastique, ici, c'est qu'un prétexte à une étude sociologique, plutôt très efficace. C'est du Stephen King comme on les aime, peut-être pas très original, mais qui reste bien construit. Un bon souvenir de lecture.