dimanche 27 septembre 2020

Ce sera moi !

 J'ai lu Ce sera moi de Lyla Lee (traduit par Axelle Demoulin et Nicolas Ancion)


4ème de couverture

Skye Shin a tout entendu. Les filles grosses ne devraient pas danser. Elles ne devraient pas porter des couleurs vives. Elles ne devraient pas attirer l’attention sur elles. Mais Skye rêve de rejoindre le monde pailleté de la K-Pop, et pour cela elle est prête à briser toutes les règles que la société, les médias et même sa propre mère ont établies pour les filles comme elle.

Skye se présente à un concours télévisé, avec à la clé un poste d’apprentie star de la K-Pop. Elle est prête à tout pour gagner, prête à affronter la fatigue des répétitions, les difficultés de la compétition, les drames de la télé-réalité. Mais rien ne l’avait préparée à la grossophobie des membres du jury, aux haters sur les réseaux sociaux… et encore moins à un rapprochement avec un de ses concurrents, Henry Cho. Pour autant, Skye n’oublie pas son objectif  : devenir la première star grande taille de la K-Pop au monde. Ce qui signifie remporter la compétition… sans se perdre elle-même.

Mon avis

Autant le dire tout de suite : je ne suis pas une fan de K-pop et je connais très peu de chose à cet univers. Pourtant, cela ne m'a pas empêché de prendre énormément de plaisir à la lecture de ce livre. Bien au contraire. 

J'ai beaucoup aimé le personnage de Skye, qui s'accroche, malgré les obstacles. Personne n'a envie de lui faire de cadeau, elle ne peut compter que sur son talent et sa détermination. Et sa force, son courage, sont très inspirants. Elle est une leader, un modèle que l'on peut mettre entre les mains de toutes les filles. 

Les aspects culturels de l'histoire la ponctuent de manière agréable, sans jamais nous perdre.

Quant au rapprochement avec le concurrent... C'est une romance très tendre, une histoire de prince charmant qui devient réalité même là où on ne l'attendait pas. Mais ce n'est pas le sujet principal du livre, et c'est aussi pour cela que je l'ai autant apprécié. 

Car le sujet principal, c'est le combat de Skye pour s'imposer, pour ne laisser personne la mépriser parce qu'elle ne rentre pas dans les normes attendues par la société. Alors, oui, il y a un peu de paillettes par dessus, mais pourquoi n'y aurait-elle pas droit ? 

C'est un roman qui redonne le sourire, emporté par un élan de bonne humeur qui fait vraiment du bien au moral. Je le conseille pour retrouver la pêche en cette période un peu grise, et pour le relire quand on trouve le monde injuste.


Et sur le site de l'autrice, vous trouverez même une play list pour vous initier à la K-pop en compagnie de Skye

lundi 31 août 2020

Community

 J'ai lu Community de Luna Joyce



4ème de couverture

3006. La Terre a été pacifiée grâce à Community, une technologie révolutionnaire qui permet à l'homme de communiquer par télépathie. L'égoïsme mis de côté au profit de la collectivité, conflits et inégalités appartiennent désormais au passé.
Passionnée par les étoiles, Lyah est une jeune femme dotée d'une profonde soif de connaissances, qui la pousse à se poser beaucoup de questions sur le monde qui l'entoure. Bien plus que tous ceux qu'elle connaît... Pourquoi les humains ont-ils désormais interdiction de se toucher ? Pourquoi ne peut-elle pas choisir elle-même sa future Assignation ? Et pourquoi certaines bases de données lui sont-elles inaccessibles ?
Tandis qu'elle exhume secret après secret sur la société aseptisée dans laquelle elle vit, une interrogation grandit dans son esprit.
Pour Community, à quoi l'humanité a-t-elle renoncé ?

Mon avis

Le thème de départ de cette histoire était intéressant. Pas forcément des plus novateurs, mais je voyais bien la dystopie arriver. Le souci, c'est que je voyais un peu trop de choses arriver. Malgré quelques surprises, le récit est assez convenu. 

Ce qui n'aurait pas encore été trop dérangeant si l'action n'avait pas été aussi longue à se mettre en place. Le roman commence sur l'inquiétude face à un événement dont on sent qu'il va tout faire basculer pour le personnage (un peu comme dans Divergente)... Mais cet événement met de nombreux chapitres à arriver car l'autrice insiste avant pour bien nous décrire son univers. Résultat : on s'ennuie un peu à attendre qu'il se passe quelque chose. Un peu de bouleversement aurait été bienvenu !

L'histoire, sinon, se lit assez facilement, mais elle n'a rien de vraiment passionnant. Oh, ceux qui devraient être gentils ne le sont pas tant que ça. Oh, l'héroïne n'est pas d'accord avec tout ce qu'il se passe alors que personne n'a jamais rien dit avant. Vous voyez le genre...

Par ailleurs, le personnage principal est censé avoir 21 ans et se comporte comme si elle en avait 16, ce qui est parfois dérangeant. 

Bref, ce n'est pas un coup de coeur pour moi. J'y ai trop senti l'influence d'autres livres du même genre que j'ai aimés. Néanmoins, pour quelqu'un qui aborderait cet univers, il reste intéressant.

mercredi 26 août 2020

Juste une fois pour essayer

 J'ai lu Juste une fois pour essayer de Elodie Garnier



4ème de couverture

Rien ne prédestinait Élodie et Sara à se rencontrer.
À Paris, Élodie mène une vie à cent à l’heure jusqu’au jour où elle plaque tout pour trouver refuge chez sa grandmère, dans le centre de la France. Là, elle prend ses marques, se reconnecte à elle-même et fait la rencontre de Sara, une trentenaire à la vie bien rangée sur le point de se marier.
Un soir, alors que Sara n’avait jamais ressenti le moindre désir pour une femme, elle lui confie avoir envie d’elle.
Une fois, comme ça.
Juste une fois pour essayer.


Mon avis

Une personne déprimée, qui décide de quitter Paris pour mieux se retrouver. Et qui commence, sans l'avoir décidé, une histoire d'amour impossible. Voilà le thème de départ de cette histoire. On comprend donc très vite qu'il risque d'y avoir beaucoup de souffrance ressentie dans ce roman. Et c'est le cas. 

Il y a aussi quelques beaux moments, des éclaircies de la vie. Mais cet amour obsédant, envahissant, efface trop souvent tout le reste. 

La langue est belle, malgré quelques erreurs qui m'ont fait tiquer. Il y a de l'érotisme, un peu, pas trop. Des moments chauds, des moments intenses, des moments douloureux. D'autres où vous comprenez très bien ce que ressent l'héroïne tout en ayant envie de la baffer pour lui remettre les idées en place. 

Il en reste une histoire doucereuse, parfois un peu répétitive, mais pleine de sentiments. À découvrir, assurément.

lundi 24 août 2020

Tu me rends fou

 J'ai lu Tu me rends fou de Isabel Keats



4ème de couverture

Ali est une vraie Miss Maniaque ! Elle ne jure que par les petits-déjeuners hyper-protéinés, les joggings aux aurores et la propreté. Mais derrière ses obsessions et son anatomie de rêve, se cache une jeune femme qui cherche désespérément à mettre de l'ordre dans ses sentiments. Ali n’est pas heureuse, du moins pas encore.

Konrad, c'est plutôt Monsieur Cata, avec son quotidien sans horaires ni règles, et ses impulsions jamais refrénées, en amour comme ailleurs. Par chance, il est doté d'une prodigieuse créativité qui lui permet de bien vivre sans se priver. Konrad croit être un homme heureux, mais c’était sans compter Ali…

Si les contraires s’attirent, la rencontre entre ces deux personnalités que tout oppose se révèle explosive !

Un roman qui nous rappelle combien il est merveilleux de tomber amoureux, et qui nous encourage à oser prendre le chemin du bonheur !


Mon avis

Une petite déception pour moi sur ce titre. Les personnages sont très caricaturaux, surtout au début. Il y a énormément de dialogues, ce qui rend le texte vivant, mais ne permet pas vraiment de bien visualiser ce qui se passe. 

Les réactions ne sont pas toujours cohérentes, le ton se veut ironique et est un peu trop décalé. 

Bref, pas une réussite, mais ce n'est qu'un avis personnel, et ce n'était peut-être pas juste le bon moment pour moi pour cette lecture.

Les soeurs Van Apfel ont disparu

 J'ai lu Les soeurs Van Apfel ont disparu de Felicity McLean

 

 

4ème de couverture

 " Nous perdîmes les trois sœurs cet été-là. Nous les laissâmes se volatiliser telles les paroles d'une chanson que l'on a presque oubliée et, lorsque l'une d'elles nous revint, ce ne fut pas celle que nous tentions de retrouver. " Été 1992, dans une lointaine banlieue de Sydney, en lisière du bush. Un été caniculaire durant lequel une puanteur infecte se dégage du lit de la rivière. Un été que Tikka, onze ans et deux mois, n'a jamais oublié : celui où les soeurs Van Apfel ont disparu.
Les trois filles du pasteur –; Hannah, l'aînée, Cordelia, la fantasque, somnambule à ses heures, et la petite Ruth avec son bec-de-lièvre –; profitent de l'entracte du spectacle de l'école pour se faire la belle et s'évanouir dans la nature. Le corps de la plus jeune sera retrouvé coincé entre deux rochers...
Vingt ans plus tard, Tikka retourne chez ses parents pour prendre soin de sa grande soeur, malade. Un séjour qui sera l'occasion d'affronter avec elle les fantômes qui les hantent. Leurs amies se sont-elles enfuies pour échapper au joug de leur père ou ont-elles été victimes d'un prédateur ? Y a-t-il la moindre chance pour qu'Hannah et Cordelia soient aujourd'hui toujours en vie ?

Entre désir de liberté et rêves étouffés, un texte qui capture avec justesse, humour et intensité l'essence même de l'adolescence. Et s'il y est question du spleen des soeurs Van Apfel, ce roman résonne aussi des rires de ses héroïnes et se dévore comme un page-turner.

Mon avis

Une petite ville australienne. Une famille un peu trop religieuse et fermée. Trois filles qui disparaissent mystérieusement. Et toute une communauté qui s'en trouve chamboulée. Surtout Tikka, la narratrice de l'histoire. Près de 20 ans plus tard, elle ne s'est toujours pas remise de la disparition des trois fillettes. En partie parce que c'étaient ses amies. En partie parce qu'elle s'en veut, se demande si elle n'aurait pas pu faire plus, agir autrement, pour éviter ce drame. 

L'histoire oscille entre présent et passé, mais c'est surtout ce dernier qui est présenté dans le roman. C'est une gamine de 11 ans qui raconte, avec des allers-retours, ce qui a précédé et suivi cette disparition. Les soeurs n'ont jamais été retrouvées. Fugues, morts... Personne ne le sait. 

L'ambiance est à la fois pesante, par ces secrets qui engluent dans la saison chaude australienne, et légère, par la grâce de l'enfance. Ce qui est un pari difficile à mener. Le mystère tient en haleine jusqu'à la dernière page, vous aurez envie de savoir, de comprendre. Vous trouverez que certaines personne ont l'air coupable. Vous frémirez pour ces jeunes filles. 

C'est très bien construit. Et tout ce qui se cache sous la surface vernie des apparences, la culpabilité aussi de chacun, de ne pas agir quand quelque chose est visiblement anormal, est très bien rendu. 

C'est un livre qui peut déranger, car il donne envie d'agir, justement, pour éviter le drame qui se dessine. Et c'est surtout un livre qui retiendra votre attention.  Le style est très travaillé, avec de nombreuses métaphores (peut-être parfois un peu trop poussées, d'ailleurs, mais toujours calées à l'atmosphère).

mardi 14 juillet 2020

À la recherche de Jack

J'ai lu À la recherche de Jack de Mel Darbon



4ème de couverture


Rosie, seize ans et trisomique, choyée par ses parents, vit intensément sa première histoire d'amour. Mais suite à un sérieux incident qui n'a rien à voir avec elle, Rosie et Jack n'ont plus le droit de se voir. L'adolescente décide pourtant de partir à sa recherche... Un roman initiatique bouleversant à la voix juste et unique : celle d'une adolescente atteinte du syndrome de Down, bien décidée à vivre comme les autres et selon ses sentiments.

Mon avis


Quelle fraîcheur ! Quelle douceur et quelle tendresse dans ce livre. On y suit Rose, une adolescente atteinte de trisomie 21. Tout le livre est narré par sa voix, avec ce décalage et cette naïveté tellement bienvenue. Rose ne comprend pas le second degré, elle est persuadée que tout le monde est bienveillant. Et elle comprend d'autant moins pourquoi son père cherche à la séparer de son Jack. Certes, son Jack s'emporte parfois, il ne se contrôle pas toujours depuis que son cerveau a été blessé. Mais il ne lui ferait jamais de mal, elle le sait.
Alors, quand elle apprend que Jack est enfermé dans un institut spécialisé et qu'il croit qu'elle l'a abandonné, Rose fugue pour le rejoindre. Mais en pleine tempête de neige, son expédition s'avère un peu plus périlleuse que prévu.
Rose va se mettre en danger. Plutôt deux fois qu'une. Elle va aussi rencontrer ces personnes qui sont souvent laissées de côté, marginalisées par la société. Mais comme elle n'est que douceur, elle ne les rejettera pas. Cela ne lui viendrait même pas à l'esprit.
J'ai vraiment adoré ce livre, qui sort tellement des sentiers battus. Rose est touchante. J'ai eu peur pour elle, plus d'une fois. J'ai admiré sa force et sa ténacité.
Il n'y a pas de doute, vous changerez de regard sur le handicap mental après avoir lu cet ouvrage. Et cela fait tellement de bien !

Mille Petits riens

J'ai lu Mille Petits riens de Jodi Picoult



4ème de couverture

Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. C’est une employée modèle, appréciée de tous. Une mère dévouée. Au matin d’une belle journée d’octobre, Ruth est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer.
Pour Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, ce devait être le plus beau moment de leur vie : celui de la naissance de leur premier enfant. Pourtant, dans quelques jours, ils repartiront de la maternité en deuil.
Kennedy est avocate de la défense publique. Le jour où elle rencontre une sage-femme noire accusée d’avoir tué le bébé d’un couple raciste, elle se dit qu’elle tient là sa première grande affaire. Mais ce n’est pas un combat gagné d’avance.
Émouvant et captivant, Mille petits riens aborde de front les questions du racisme et du vivre-ensemble dans une Amérique rongée par son histoire. Mais il montre aussi que c’est à travers les petites choses et les mains tendues qu’il est possible de trouver l’apaisement en vue d’une rédemption.

Mon avis


Ce livre est indubitablement à lire pour comprendre le #BlackLivesMatter. On y suit en parallèle une avocate, blanche, qui est persuadée de ne pas être raciste. Tellement qu'elle attend pour faire demi-tour quand elle croise un noir et qu'elle s'est trompée de chemin, histoire qu'il ne se sente pas rejeté... Et une sage-femme noire, qui a toujours tout encaissé, parce qu'il ne faut pas faire de vagues, parce que ce n'est pas si grave, parce que... Et qui se retrouve licenciée le jour où un suprémaciste blanc perd son bébé en sa présence, et que son hôpital préfère que ce soit elle qui prenne le blâme plutôt qu'eux.
Ce roman est édifiant. Sur tous ces petits riens du racisme ordinaire, sur ce que vivent les personnes noires au quotidien, sur la manière dont on peut se voiler la face sur notre propre vision de la différence.
Alors, oui, il est écrit par une femme blanche. Qui a hésité avant de prendre la plume, parce qu'elle n'est pas une own voice. Mais qui s'est documentée, qui a rencontré de nombreuses personnes. Et qui traduit tout cela très bien. Sa voix, à travers l'avocate, est plus que pertinente.
C'est un livre qui parle de racisme. Mais aussi d'ouvrir les yeux, de savoir avancer. De rédemption également.
Bref, c'est un très bel ouvrage, qui est indéniablement à partager et à faire lire autour de soi !