jeudi 29 décembre 2022

La malédiction du manoir Cunningham

 J'ai lu La malédiction du manoir Cunningham de Sébastien Péguin

 

4ème de couverture

 Le manoir des Cunningham n’attendait plus qu’eux… pour se réveiller.

Lorsque Tim et ses quatre sœurs apprennent que leur père a hérité d’un manoir, ils sont enchantés ! La bâtisse est située près de la mer et entourée d’un parc immense. Mais, quelques semaines avant d’y déposer leurs valises, leur père décède dans un terrible accident de voiture.

Alors que la fratrie s’installe, elle fait face à d’étranges phénomènes… Les gargouilles s’animent ; les portraits accrochés aux murs prennent des allures démoniaques ; et la nuit, d’effrayantes créatures fantomatiques apparaissent. Cauchemar ou réalité ? Si les enfants, en deuil et sous le choc, ont du mal à partager leurs frayeurs, ils sont déterminés à fouiller la maison. Quitte à explorer, avec, les secrets de leur propre famille ! Plus ils cherchent, plus les dangers se multiplient. C’est le manoir lui-même qui, longtemps inhabité, s’extirpe d’un long sommeil…

Le piège se referme. Bientôt, les Cunningham n’auront plus d’autre choix que de se défendre.

 

Mon avis

J'ai mis un certain temps à rédiger cette chronique, parce que je n'étais pas sûre de savoir quoi dire dessus. D'un côté, le livre est bien écrit, il n'y a aucun souci là-dessus. Mais, de l'autre, j'ai passé mon temps à me dire "aaargh, une histoire d'horreur. Et pour des jeunes lecteurs et lectrices en plus, mais ça ne va pas". Ce qui serait totalement oublier que mes jeunes sœurs lisaient du Chair de Poule autant qu'elles le pouvaient et qu'elles adoraient ça. Pas moi.

Donc, comme vous le comprenez, je ne suis sans doute pas le meilleur public pour ce type de roman. Et pourtant, j'ai eu envie de le lire. Une maison hantée et des jeunes enfants qui doivent réussir à vivre dedans ? C'était prometteur. 

Mais je suis trop sensible : j'ai eu trop peur en le lisant. Il y a des poupées en porcelaine vivantes et meurtrières, bon sang ! Je ne parlerai pas des autres monstres du livre pour ne pas vous gâcher votre lecture, mais sachez juste que les héros vont y vivre de nombreuses aventures, toutes plus horribles les unes que les autres.

Pour le coup, l'idée qui fait le lien entre tout cela est très bien trouvée. Il y a une logique, ce ne sont pas juste des scènes qui s'enchaînent.

Par contre, j'ai trouvé que le langage du jeune narrateur n'était pas tout à fait à la hauteur de notre époque. En fait, il a un vocabulaire beaucoup trop châtié. Je ne connais aucun jeune qui parle comme ça et j'avais un peu l'impression que cela manquait de crédibilité par moments. 

Bref, comme vous le voyez, un avis assez mitigé (raison pour lequel je ne le partagerai qu'ici et pas sur les autres sites de lecture). Mais si vous aimiez les Chair de Poule, vous devriez y retrouver le même esprit.

vendredi 7 octobre 2022

Slay

 J'ai lu Slay de Brittney Morris

 

4ème de couverture

 Kiera Johnson est une élève exemplaire, une tutrice en maths et l’une des seules lycéennes noires de l’académie Jefferson. En sécurité dans sa chambre, elle rejoint des milliers de joueuses et joueurs noirs sur SLAY, un RPG de cartes multijoueur. Mais personne ne sait que c'est elle, Kiera, qui a créé ce jeu, pas même ses amis ou sa famille et encore moins son petit ami, Malcom, qui pense que les jeux vidéo ne sont qu’une distraction pour les hommes noirs. Mais quand un adolescent de Kansas City est assassiné à cause d’une dispute qui a eu lieu en ligne, SLAY est immédiatement catalogué comme un jeu raciste, violent et où se réunissent des criminels. Et comme si ça ne suffisait pas, un troll anonyme infiltre la plateforme et menace de poursuivre Kiera en justice pour « discrimination anti-blancs ». Est-il possible pour la jeune fille de garder son identité secrète alors qu’elle doit protéger le jeu qu’elle a créé ?

Mon avis

Waw ! Quelle claque ! Si on m'avait dit qu'un livre sur une jeune créatrice de jeux vidéo allait autant me plaire, je n'y aurais pas cru. Et pourtant, il est vraiment très bon. 

Ce livre parle certes de jeux vidéo, mais il parle surtout de féminisme et du regard que les gens portent sur les noirs. Y compris les noirs entre eux. Kiera doit être parfaite. Elle a intégré une école où elle fait partie des rares élèves de couleur. Sa meilleure amie est blanche et lui pose des questions parfois complètement décalée comme si elle était la porte-parole de tous les noirs existant. Son petit ami est noir, et lui demande d'être une  "déesse noire" qui ne se laisse pas entraîner vers le bas. 

Et Kiera, elle, a imaginé tout un jeu vidéo. Toute seule. En secret. Un jeu auquel seuls les personnes noires ont le droit de s'inscrire. Ce qui commence à poser des questions sur un supposé racisme antiblanc quand l'un des joueurs est assassiné par un autre. Tout son univers est remis en question, elle a peur d'être accusée, que son anonymat soit dévoilé, elle reçoit des menaces anonymes... Et elle doit faire face à tout cela. Avec toute sa force d'adolescente, une adolescente qui ne se trouve à sa place que dans le jeu qu'elle a créé...

Le livre est donc très puissant, dans la lignée de The Hate You give. Le fond est peut-être un peu moins dramatique, mais la tension reste bien présente. Et le style nous envoie autant de coup de poing, d'uppercuts, avec un vocabulaire qui fait aussi exploser les lignes. 

Bref, que vous soyez noir, ou blanc, que vous connaissiez l'univers des jeux vidéo ou non, je vous le conseille vraiment pour réfléchir sur la perception que l'on peut avoir des autres, sur les biais qui faussent parfois nos jugements, sur les difficultés de certaines personnes, les maladresses qui sont autant de blessures... Un futur classique !

 

La gardienne des portes

 J'ai lu La Gardienne des portes de Ilona Andrews


4ème de couverture

Je suis une Aubergiste. En ce lieu, je suis le chef suprême, et en tant qu’hôte, vous tombez sous ma protection.

En apparence, Dina Demille est une jeune femme tout à fait normale. Elle dirige un charmant bed-and-breakfast de style victorien dans une petite ville du Texas, est l’heureuse propriétaire d’un Shih Tzu nommé Beast, et s’avère être la voisine parfaite.

Mais Dina est... différente.

Son balai est une arme létale ; son auberge est magique et pense par elle-même, conçue pour être un havre de paix transitoire pour des voyageurs d’autres mondes. Dans ces circonstances, normale n’est peut-être pas le terme adéquat pour qualifier Dina. Surtout maintenant qu’une créature terrifiante s’est mise à chasser dans le quartier une fois la nuit tombée...

Très vite, Dina se retrouve à devoir jongler entre la sécurité de son établissement et de ses hôtes, l’agaçant mais séduisant Sean Evans, un ancien militaire et loup-garou de souche alpha à ses heures, et Arland, un fascinant maréchal vampire venu du cosmos.

Intelligent, vicieux et mortellement dangereux, l’ennemi qu’elle affronte est différent de tout ce qu’elle a croisé auparavant. S’interposer entre ses voisins et lui pourrait bien tout lui coûter.

Mon avis

Oh, du fantastique. Oh des loups-garous. Oh une femme forte qui ne s'en laisse pas compter. 

Il y avait dans ce titre tous les ingrédients de base pour passer un bon moment. Et le début m'a plutôt encouragé dans ce sens. Sérieusement, un mâle alpha, une maison qui a l'air vivante, des mystères sous chaque pas... Qui pourrait résister à cela ?

Mais j'avoue que ça s'est un peu gâté après. Parce que... sans vouloir gâcher le suspense, disons que les vampires n'y ressemblent pas tout à fait à ce que l'on connaît. Que les origines des loups-garous sont discutables. Et qu'il y a un peu trop d'extraterrestres à mon goût dans toute cette histoire.

Alors les personnages restent vraiment plaisants. Et cette auberge (et toute la guide des aubergistes) vaut le détour. Mais je ne suis pas sûre de vraiment accrocher à l'univers présenté. À tel point que j'ai peut-être même un peu décroché vers la fin. Pourtant, c'est imaginatif, et il fallait l'oser. Mais c'est peut-être un peu trop pour moi. Néanmoins, je ne peux que vous encourager à vous faire votre propre opinion, car le style est entraînant et que les héros méritent d'être connus.

Les tartines sont meilleures quand on les partage à deux

 J'ai lu Les tartines sont meilleures quand on les partage à deux d'Emily Blaine


4ème de couverture 

«  Je veux tous les petits déjeuners de ta vie, Emma. Je veux te voir chaque matin, avec tes cheveux emmêlés et tes yeux pétillants. Je préfère commencer par la fin de l’histoire, car je ne veux pas perdre une seule minute passée avec toi en prenant le temps d’y aller doucement.  »

Tristan est photographe, Emma est médecin. Depuis leur rencontre lors d’un mariage, Tristan est convaincu qu’elle est la femme de sa vie. D’ailleurs, le destin semble d’accord avec lui  : il ne cesse de mettre Emma sur sa route. Mais toujours le timing et les aléas de la vie les empêchent d’être ensemble. Alors, Tristan attend. Et Tristan y croit, pour eux deux. Mais après huit ans de relation en pointillés, de fuites d’Emma et de rupture sans explication, ne serait-ce pas le moment d’avancer  pour de bon  ? Oui, il va tenter sa chance une dernière fois  : soit il tournera définitivement la page de cette histoire… soit il retrouvera enfin celle qu’il aime.

Mon avis

Pour une fois, une romance est surtout racontée du point de vue du personnage masculin. Tristan a été un amoureux optimiste, passionné, s'accrochant à celle qu'il considère comme la femme de sa vie même quand elle n'y croyait pas, ne voulait pas y croire, parce que l'amour toujours, pour elle, ce n'était pas possible. 

Et le livre raconte leur histoire, leurs rendez-vous manqués, les échappatoires d'Emma, tout au long des années qui ont passé depuis leur première rencontre. 

C'est une romance. On se doute que cela doit bien finir. Et pourtant... Pourtant on se demande comment ils vont y arriver, tant la vie et la mauvaise volonté d'Emma se mettent en travers de leur chemin. Et c'est bien cela la force du livre, c'est de parvenir à nous entraîner à travers leur histoire, à nous interroger, à craindre pour eux même si on sait que cela finira bien. 

Il y a des rebondissements, des "et si", des "allez, cette fois c'est la bonne", des "oh non"... Bref, tout ce qui fait vivre un titre et lui donne de l'énergie. 

Sa construction n'est pas tout à fait celle habituelle pour les romances, et c'est aussi cela qui lui apporte de la force. Il est entraînant, les pages se tournent facilement tant on veut savoir ce qui va se passer ensuite... Bref, vous pouvez tenter cette histoire qui parle d'un amoureux qui croit à l'amour !


mardi 21 juin 2022

Allô sorcières, tome 3 : Un peu plus près des étoiles

 J'ai lu Allô sorcières, tome 3 : Un peu plus près des étoiles de Anne-Fleur Multon (illustré par Diglee)


4ème de couverture

Les Sorcières se mobilisent pour la planète ! Ali, Itaï, Azza et Maria habitent chacune aux quatre coins du monde, mais elles partagent une amitié en béton et une chaîne YouTube créative et drôle : Allô Sorcières. Pour Itaï, qui se sent malgré tout un peu seule dans son petit village de Nouvelle-Calédonie, cette rentrée scolaire apporte un nouveau challenge : elle se retrouve à devoir collaborer sur le plus gros projet du semestre avec une totale inconnue, l'angoisse ! Heureusement, elle se rapproche rapidement de sa nouvelle amie Gaïa, qui pourrait même l'aider à se réconcilier avec son île. En effet, les parents de Gaïa font partie d'une association de protection de l'environnement, et Itaï ne va pas tarder à s'engager à leurs côtés contre la construction dévastatrice d'une usine... avec l'aide de ses Sorcières préférées bien sûr !


Mon avis : 

J'avais lu le premier tome de Allô Sorcières il y a longtemps, mais j'avoue qu'il m'était un peu sorti de la tête. j'ai donc découvert ce tome comme si je le lisais indépendamment. Et ça passe très bien. 

Le personnage narrateur est ici Itaï, en Nouvelle-Calédonie, ce qui nous donne l'occasion de savourer des petites spécialités locales, en termes de langage, de tradition, et aussi de cuisine, bien sûr. J'aime bien quand un livre me fait voyager, surtout de manière aussi naturelle qu'ici, sans nous faire un exposé. les éléments sont savamment distillés, et c'est très agréable.

J'ai été touchée par le personnage d'Itaï, qui souffre de se sentir différente et rejetée par les autres à cause de son homosexualité. Il y a à la fois tellement de fragilité et de force en elle, elle mérite amplement d'être lue et rencontrée par plein de collégiens !

J'ai aussi apprécié son évolution, et sa prise de conscience vis-à-vis de la nature. Même si ses motivations premières sont un peu égoïstes, elles évoluent avec elles, et c'est aussi la force de ce livre.

Le roman raconte aussi tout ce qu'on peut faire quand on se mobilise, même si on est seul, même si on est jeune, même si personne ne croit en nous ou nous soutient. Et ça, c'est vraiment un message à passer.

En plus de ça, il est très fluide à lire. La fin est arrivée peut-être un peu trop rapidement, mais le style est entraînant et plein de douceur et de poésie à la fois (j'aime beaucoup l'écriture d'Anne-Fleur Multon).

Bref, c'est vraiment un ouvrage très sympa, à mettre dans pleins de mains (et il m'a donné envie de relire le un, de dénicher le tome 2... et d'attendre le 4, tout en me demandant s'il y en aura d'autres après, parce que j'aime bien ces drôles de nanas !). 



mardi 31 mai 2022

Les enfants du Préventorium

 J'ai lu Les enfants du Préventorium de Fabien Clavel


4ème de couverture

Article 2048 : Tout enfant présentant un caractère potentiellement déviant devra, dès l’âge de 3 ans, être retiré à ses parents pour être interné au Préventorium. Il y sera mis à l’isolement et recevra un traitement approprié.

Ce que la loi n’avait pas prévu, c’est que les traitements administrés doteraient les enfants de pouvoirs psychiques inattendus… Anaël, Miklós, Untu, Nour, Léana et Jão ont grandi ensemble dans le Préventorium. Mais, quand ils découvrent que le plus jeune d’entre eux, Jão, est atteint d’un cancer incurable, ils commencent à remettre en question le discours des adultes qui les encadrent. Et si les médicaments qu’on leur donnait étaient responsables de la maladie de leur ami¬? Ou responsables de ces étranges aptitudes qu’ils ont développées ?

Les adolescents sont désormais prêts à tout pour percer les mystères de l’institut et tenter de s’évader.

Mon avis

Fabien Clavel sait écrire, il n'y a aucun doute là-dessus. Et ce nouveau titre est particulièrement prenant. Et sombre aussi : j'ai adoré, mais je ne le mettrais pas entre les mains de lecteurs trop jeunes ou trop sensibles. 

On y suit un groupe d'enfants enfermé dans un laboratoire. Ils n'ont jamais connu l'extérieur, ils suivent des cours et des traitements quotidiens. Et ils l'acceptent. C'est leur vie, après tout. Sauf que les enfants grandissent, se posent des questions, veulent se protéger les uns les autres. Et cela amène à une rébellion. Une rébellion d'autant plus dangereuse que ces jeunes possèdent des pouvoirs pour le moins particuliers. 

Le scénario pourrait avoir écrit par Stephen King (ce qui est un vrai compliment dans ma bouche). Et même s'il faut un peu de temps au début du livre pour bien identifier les différents personnages, on finit par s'attacher à eux. Particulièrement au narrateur, Anaël. Ce qui est normal, puisqu'il parle pour tous les autres. 

Certaines scènes sont particulièrement touchantes. Il y a une vraie émotion dans les rapports que les personnages ont entre eux.

C'est difficile de parler plus du livre sans trop le spoiler, mais il mérite d'être lu. Et puis, il pose aussi des questions : comment peut-on dire qu'un enfant de trois ans est trop difficile et qu'il faut l'enfermer parce qu'il va devenir un délinquant ? Et la manière dont ils sont traités me fait un peu penser à La Nuit des enfants-rois (que j'ai lu il y a bien trop longtemps pour me souvenir de tous les détails...). Pour moi, c'est plus un livre pour ados ou adultes que pour enfants. Certains moments peuvent être effrayants. Car il n'y a pas que des enfants, il y a aussi des monstres dans cette histoire. Et tous ne se remarquent pas au premier coup d'oeil... 

Le livre est vraiment bon, en tout cas. Mais prenez peut-être le temps de le lire avant de l'offrir autour de vous...


 


Evidemment Martha

 J'ai lu Evidemment Martha de Meg Mason

4ème de couverture

Quelque chose ne tourne pas rond chez Martha, et depuis longtemps. Lorsqu’elle avait dix-sept ans, une petite bombe a explosé dans son cerveau et elle n’a plus jamais été la même. Et malgré toutes les consultations, thérapies sans fin et traitements hasardeux, elle ne sait toujours pas ce qui ne va pas… Pourquoi passe-t-elle des journées entières au fond de son lit ? Et pourquoi continue-t-elle à se mettre à dos des inconnus, et des proches, avec ses remarques cruelles et désinvoltes ?

Aujourd’hui, son mari l’a quittée et elle n’a plus nulle part où aller, si ce n’est dans la maison de son enfance, une maison bohème (délabrée) dans un quartier romantique (délabré) de Londres. Et rien d’autre à faire que retrouver sa mère, une sculptrice au talent confidentiel – et très alcoolique – et son père, un poète célèbre – bien que jamais publié… Mais comment survivre là-bas sans sa sœur dévouée, grande gueule, qui rendait tout ce chaos supportable pendant leur enfance, et qui est maintenant trop occupée ou trop fatiguée pour prendre soin d’elle ?

Peut-être qu’en repartant de zéro, Martha pourra écrire un meilleur dénouement pour son histoire ratée – ou découvrir que cette histoire n’est pas encore tout à fait terminée.

Mon avis 

Ce livre est assez déroutant. Il aborde le sujet des maladies mentales, mais avec un peu de distance qui se veut humoristique. Sauf qu'il s'agit de l'humour anglais pince-sans-rire. Bref, il est difficile de savoir si l'on doit rire ou pleurer en lisant les errements de Martha.

Elle souffre, évidemment. Elle alterne les épisodes de dépression depuis son adolescence, a ce sentiment tenace de ne pas avoir tout à fait réussi sa vie. Un sentiment d'autant plus fort qu'elle éprouve de l'agacement envers son mari (qu'elle connaît depuis toujours), que son travail n'est pas vraiment reconnu, que sa famille est relativement dysfonctionnelle... Bref, tout ce qu'il faut pour se sentir bien dans le meilleur des mondes, non ?

Le roman nous livre ainsi la vie de Martha, et nous fait ressentir la souffrance de se sentir "différente" sans vraiment savoir pourquoi. De s'empêcher parfois de vivre des choses parce qu'on ne s'en sent pas le droit.Le tout sans être misérabiliste non plus, le personnage ne se plaint pas, elle vit avec tout cela, c'est tout. 

Mon avis reste assez mitigé sur ce roman, parce qu'il laisse une impression un peu triste au final (même si je pense que ce n'est pas la volonté de l'autrice).